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 the night we met - demetrio

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in town since : 19/12/2018
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MessageSujet: Re: the night we met - demetrio   Sam 5 Jan - 18:17

the night we met Demetrio agita ce corps de junkie fatigué sous la houlette de son professeur. Il retrouva sa marche assurée tout en enfonçant ses mains au plus profond de ses poches. Il griffa les coutures pour tenter d'y perdre ce besoin qui serpentait dans ces viscères. Ce besoin qui lui donnait l'impression que ses organes se liquéfiaient pour n'être plus que ce lagon sordide  rattaché à son bassin. Il était cette amphore à moitié vide, à moitié vivante. Il n'avait plus qu'à rouler jusqu'à chez lui. Il perdit cette avance et laissa Simon prendre la tête de leurs convoies. Il planta son regard dans cette nuque couverte par cette chevelure qui l'obsédait. La pilosité de Norcross nourrissait toutes ces obsessions.  
Il aurait voulu passer sa main tremblante dans ces cheveux. Tout simplement pour remercier le quarantenaire de sa présence, d'avoir prit la parole pour lui, de l'avoir éloigné de ces addictions. Depuis, quand quelqu'un ne lui avait offert ce genre de gestes désintéressés ?  Demetrio rattrapa finalement son retard et marcha à côté de Simon, épaule contre épaule. Il laissa ses silences disparaître dans ces légers coups d’œils lancés à la dérobée. Un sourire là, un coup d'épaule ici pour continuer d'attirer toute l'attention de son professeur. Qu'est ce qu'il aimait dérober cette attention. Ce monde, qui n'était que souffrance à ses yeux, pouvait brûler. Il danserait sur ces cendres pour que Simon tourne sa tête juste quelques microsecondes en direction, car plus rien n'avait d'importance : ni les klaxons de la circulation qui grondaient, les couples qui se hurlent dessus à la terrasse d'un café, un cycliste qui percute une portière d'un taxi vindicatif ou encore ces gens qui crachent aux visages de l'autre.

Demetrio n'était point historien. Il avait lu comme tous étudiants en littérature qui se respecte quelques correspondances ici et là entre les deux amants maudits. Il était pourtant assuré de ce qu'il désirait au plus profond de lui. « Je veux tout. Pourquoi vouloir faire des concessions ? Les regrets sont pour les gisants. » Il brûlait de toutes ces forces sa flamme pour en ressentir les échos et les tressautements. Il voulait les peines, les bonheurs, la luxure même s'il devait en être maudit. La vie écrite par d'autres, il préférait la laisser à ceux qui se lèvent chaque jours pour s'enfermer derrière quatre murs avant de finir sous terre. Sa vie était loin d'être parfaite, mais elle était sienne. « C'est à travailler je dirais. Je pourrais vous tirer dessus et me suicider en retour. Nous laisserons les historiens dans le désespoir. Était-ce un crime passionnel ? Ou une rivalité mal placée ? » Le mot suicide écorcha ses lèvres. Il avait tant d'histoires qui se dressaient face à cet acte. Il en avait des cachets, acheter une arme et même pousser ses pieds à dépasser la ligne sur le quai des métros. Pourtant, il n'avait jamais pu finir ce qu'il avait commencé. Il cracha le mot : lâche dans les fonds de ses pensées masochistes.

Demetrio haussa les épaules. Il aimait effectivement jouer les souffres douleurs. Il avait l'impression de gagner quelques points dans cette opération étrange où il se sentait redevable face à son frère décédé. Est-ce qu'il avait un chiffre qui lui apporterait le pardon et la paix intérieur ? Au fond de lui, il savait que ce n'était pas possible, alors pourquoi il s'obstinait ? Il continua de se pencher et de jouer de son corps au-dessus de la rambarde. L'escalier en colimaçon était vieillissant et chaque mouvements du jeune écrivain faisait trembler l'édifice précaire. « Elle plaisante. » lança t-il vers son professeur. Il ramassa la craie et voulut se venger de sa colocataire. Il lança le projectile qui loupa de très loin sa cible. Maxime explosa de rire et retourna à son oeuvre en continuant son rire moqueur. « Le squat appartient à Robert. Il a ses bureaux au rez-de-chaussée. Il est dans la production de films pour adultes. C'est pour cela qu'elle dit cela. Si tu le croises, évite de parler avec lui, il est sincèrement perché. » Demetrio préférait mettre au parfum Norcross. Il ne voulait pas que le quarantenaire s’inquiète de voir une jeune fille en corset et les fesses à l'air déambuler dans les locaux. Heureusement, pour tout le monde, l’insonorisation avait été refaite et personne ne souffrait des hurlements de plaisir des belles de nuits qui se donnaient corps et cris.

Le nuage vaporeux prit le quarantenaire sous sa coupe. L'eau s'écoula entre les deux corps si proches et pourtant si loin. La main de Norcross pouvait sentir chaque déglutitions chez notre étudiant. Il ne quitta pas son regard. Il ne recula pas. Ses mains juvéniles gravirent cette montagne pour entourer les poignets de l'homme fou qui venait de le rejoindre complètement habillé sous sa douche.  « Quel jeu ? Vous savez pertinemment quel jeu...» Devait-il prononcer les mots pour donner du pouvoir à cet acte qui se jouait entre eux ? Il laissa l'eau rouler sur son nez et enfin sur ses lèvres entrouvertes. La morsure brûlante de l'eau avait redonnée de l'éclat à ses yeux qui ne quittaient pas ce bastion derrière le regard voisin et ces fortifications. « Le jeu où vous ne tomberez jamais amoureux de moi, et moi je ne tomberais jamais éperdument fou de vous, car nous sommes trop fuck-up pour ces facéties, mais rien nous empêche de nous rapprocher, d'essayer d'échanger un peu de chaleur, de nous faire du bien dans ce qui nous fait mal. Vous ne pouvez pas nier qu'il se passe quelque chose quand nous sommes tous les deux ?  » Il remonta ses mains le long des bras de Simon et s'accrocha au premier bouton de sa chemise. Il le fit sauter sous les éclats d'eau qui dansaient sur ses doigts. « Moi, j'ai pas peur de me dire que vous m'attirez. Que si vous voulez que je reprenne nos deux amants maudits et que je vous offre de l'obscène. Je dirais que j'ai aimé être en vous. J'ai aimé sentir votre corps tressaillir sous mes coups de reins. » Il fit sauter un deuxième, puis un troisième bouton. Demetrio arriva à la fin de son douzième travaux comme ce cher Hercule. Il laissa la chemise de son professeur ouverte et l'eau s'engouffra dans les sillons de ce torse offert.



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MessageSujet: Re: the night we met - demetrio   Dim 6 Jan - 17:20

the night we met
Spoiler:
 

Toute la contradiction de Norcross se révélait au contact de ce gamin drogué jusqu’à l’os. Il refusait de le revoir et pourtant il était venu. Il n’avait accordé que le temps d’un verre et maintenant il était encore là, cédant sa matinée voire sa journée à son démon. Il s’irritait d’un rien, mais loin d’être capable de feindre le parfait détachement il acceptait ce petit jeu innocent, offrant de multiples regards interrogateurs à chaque fois que son voisin le réclamait de façon plus ou moins discrète. Incapable de définir s’il était serein ou anxieux, il se contentait comme toujours de se laisser dévaler la pente au risque de tomber encore plus bas que ce qu’il n’avait jamais exploré jusque-là. Peut-être était-ce parce qu’une relation lui semblait maintenant impossible avec un étudiant qui aurait pu être son fils mais Demetrio était sa seule distraction du mois, et le secouer l’amusait un tant soit peu.

Cette jeunesse qui se voulait entière, sans demi-teinte, était un sujet d’étude à elle seule. Il eut ce petit grincement moqueur alors qu’il surveillait le meneur de danse du coin de l’œil. « Te suicider. C’est déjà ton quotidien, à petit feu, il faut faire plus original sinon ça n’étonnera personne. Si tu tiens à me tirer dessus fais-le en m’accusant de détournement de mineur ou de pédophilie, là ils auront du mal à définir qui dit vrai, mon ex-femme se fera un plaisir d’entrer dans la partie. »  Il imaginait facilement Demetrio dans le rôle de la victime éplorée face aux journalistes avides d’informations sordides. Il était bon acteur lorsqu’il s’agissait de faire une moue dépressive et de tenter de faire pleurer dans les chaumières. « Sinon tu peux aussi me lâcher les baskets et te faire une petite vie tranquille sans tenter de racheter quoi que ce soit car les morts ne peuvent pas venir te jeter des reproches à la figure. »

La vie du jeune homme semblait hautement plus palpitante que la sienne et cela parvenait à briser la glace qui reformait sans cesse entre eux. Il haussa les sourcils entre surprise et intérêt. Comment un tel endroit pouvait exister ? Il n’en avait qu’un maigre aperçu mais entre une artiste au look qui le laissait dubitatif, son drogué d’étudiant et un producteur de films pornographiques il n’était pas certain de vouloir connaître les autres habitants. « Attends, ne me dis pas que tu payes ton loyer en tournant pour lui ? »  Voulait-il vraiment connaître la réponse dans le cas où elle serait affirmative ? Il jeta un coup d’œil vers l’artiste même s’il n’attendait pas d’elle la moindre révélation et l’espace d’un instant il hésita à faire demi-tour pour couper court à ce cauchemar incohérent comme un rêve après avoir pris une cuite trop importante. « C’est moi qui me retrouve à mettre les pieds en enfer pour faire une bonne action alors que c’était censé être ton travail. » Il grognait plus pour lui-même que pour obtenir une réponse, parce que sans ça il se perdait ses tergiversations internes.

En entendant ces mots son sang ne fit qu’un tour. Se voir renvoyé de la sorte à des souvenirs aussi libidineux était une torture qui faisait vaciller ses positions qu’il tenait pourtant avec tant d’applications. Les doigts qui parcoururent les boutons de sa chemise étaient loin de le laisser froid. Rester distant était une punition qu’il s’infligeait à lui-même avant de l’imposer au jeune homme. « Non. »  C’était dur et cruel, ça lui coûtait de refuser une main tendue. Il détestait être celui qui brise un élan, une tentative plus humaine et suave que tout ce qu’ils avaient expérimenté depuis ce matin. « Pas deux fois Demetrio. »

 Sa main quitta cette gorge à sa merci pour remonter sur une joue qui lui rappelait leur écart d’âge. Il caressa du pouce les lèvres si charnues qui appelaient les siennes. Elles étaient son talon d’Achilles : lorsqu’il avait atteint ce stade suffisant d’alcoolisation pour commencer à perdre le fil des conversations il était resté fasciné par cette bouche qui l’attirait et dont il se fichait du babillage pourvu qu’elle finisse par être sienne. Sans qu’il comprenne quelle origine trouvait sa douleur ça lui retournait l’estomac d’opposer un refus à une pareille proposition. Il se rapprocha jusqu’à se coller à lui et posa sa joue contre la sienne, s’amusant du contraste entre la douceur d’une peau imberbe et l’accroche de cette barbe qui avait pris ses droits depuis plusieurs semaines. La respiration du garçon venait caresser son épiderme à chaque fois que son torse se soulevait alors que l’eau léchait sa nuque, appelant à l’abandon. Cela lui rappelait précisément pourquoi il fuyait les contacts et les relations, pourquoi il avait d’abord rejeté l’invitation avec colère, pourquoi il avait préféré se placer dans le fond de la salle, pourquoi il préférait être mordant plutôt que laisser à Demetrio la latitude de le séduire une nouvelle fois. « Je n’ai aucune chaleur et aucun plaisir à t’offrir. Tout ce qu’il y a entre nous c’est ton audace et des souvenirs d’orgasme. » Parfois dans un éclair de désespoir il abreuvait l’envie de se sortir de son marasme, de reprendre le contrôle de sa vie mais cette volonté se dissolvait facilement avec un peu d’éthanol. Il n’avait aucune envie d’ajouter Demetrio à la liste de ses problèmes et obligations. Il finit par pratiquer cet exercice dont il devenait expert : pousser le jeune homme loin de lui. Il leva le visage vers l’eau pour profiter un instant de cette chaleur volée avant de se détourner et de perdre tout intérêt autant pour la douche que pour son hôte.  Il repoussa en arrière ses cheveux qui gouttaient de façon désagréable. « Bien, maintenant tu es moins dégoûtant je peux accepter un verre, et une foutue serviette si tu ne veux pas que tout ton appartement devienne une salle de bain. »


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MessageSujet: Re: the night we met - demetrio   Lun 7 Jan - 10:49

the night we met Les paroles de Simon sonnèrent comme un écho lointain, perdu dans la brume somnolente de l'ivresse et des effets des opiacés. Il fixa longuement cet homme qui aurait pu être son père. Est-ce que tout cela n'était pas une promesse destructrice ? Il avait bien d'autre moyens de se détruire, Norcross lui avait bien souligné en rouge indélébile. Pourtant, il restait à ses côtés, car il voulait croire. C'est tout ce qu'il lui restait. Il voulait croire que la rédemption était possible. La lumière était vacillante, presque éteinte, mais chaque nouvelles respirations étaient l’avènement de quelques chose de nouveaux. Peut-être d'incertain, mais c'était bien quelque chose de tangible.
Comme le fait que malgré ces grognements persistants, le vieil animal au pelage grisonnant était toujours là. Personne ne le retenait. Déjà, ce n'était pas ces cinq-cinq kilos tout mouillés qui allaient faire la différence. Il n'avait ni la force de le retenir, ni les mots d'un chantage quelconque à mettre sur les terres désolées qu'il avait lui même brûlé.  « Pour l'instant, c'est vous qui me suivez. Je n'avais droit qu'à un verre et pourtant nous voilà. Je ne vous menace de rien. Vous êtes libre. Pourquoi vous êtes là alors si vous voulez que je vous lâche les baskets ? » Comment avouer à Simon qu'il était son dernier espoir ? Qu'il avait placé toutes ces billes sur le vieux cheval. Que s'il pouvait faire cela alors, alors tout était possible : arrêter la drogue, l'alcool et redevenir ces inconnus qui ne sont rien. Mais, vivre la vie d'un inconnu était peut-être tout ce qu'il souhaitait à présent.

Demetrio leva les yeux au ciel, malheureusement il était toujours aussi gris et triste. Cette vision commença à assombrir son cœur, mais les paroles de Simon apportèrent un peu de bonne humeur à son vague à l'âme qui tanguait comme son maigre corps  contre cette vieille rambarde. « Non, jamais la vie ! Vous êtes fou ! » L'étudiant fixa son professeur : Comment pouvait-il avoir une idée pareille ? « Il m'a souvent menacé de me faire tourner dans ses productions, mais il le fait à tout le monde. Robert est particulier...» Il préféra ne pas en dire plus. Robert était de ses toxicomanes accro à l'amphét qui lui avait rongé le tableau. Il pouvait être des plus doux un jour et éclater de milles colères le lendemain. Il était difficile à cerner. Demetrio le trouvait gentil, surtout car il en avait peur et la dernière chose qu'il voulait c'était lui montrer. « L'enfer c'est les autres...Ce n'était pas le thème de votre cours la semaine dernière ? » ironisa t-il tout en poussant Simon à l'intérieur de ses appartements. Il était hors de question que son oiseau s'envole maintenant.

Demetrio n'avait point l'habitude des étreintes. La punition fut double. Il accepta pourtant ce refus qui n'était que la conséquence de ses actes. On ne peut pas blesser une fois un animal et demander sa confiance en retour. Le sexe était facile, c'était comme vider un verre ou planter une seringue dans son bras. L'acte ne demandait aucun engagement. Les conséquences, elles, il avait toujours préféré les fuir. Le sexe aurait été la voie facile pour expliquer ce besoin d'être si proche de cet homme qui pouvait être son père. Ils se seraient épancher l'un sur l'autre, auraient fait couler leurs sueurs entre les hanches frémissantes.
Mais, ce fut une autre chaleur qui se mit à remplir ses poumons et son sang.  Sa première réaction fut de planter ses mains dans les avant-bras de Simon. D'abord, car il voulait le repousser, le jeter au plus loin de lui. La tendresse était son dernier interdit. Peut-être car il ne méritait pas un tel acte de bonté ? Il ne méritait rien. Le frottement de cette barbe fut le coup de poignard qui l’acheva, mais ce ne fut pas du sang qui coula, mais des larmes.

Pourquoi des larmes ? Demetrio ne le sut même pas. Il fut victime de lui-même. L'eau de cette douche ayant le bénéfice de dissimuler cet élan qu'il ne reconnaissait pas. Contre toute attente, le visage juvénile alla se nicher dans le cou offert. Il n'offrit plus aucune résistance et sa peau de lait commença à ne plus faire qu'un avec cette barbe mouillée. « Et, pourtant, vous me serrez dans vos bras. Si, c'est par pitié, c'est cruel. » Il serra Simon comme il n'avait jamais serré personne. Il n'aurait voulu jamais que ce moment se termine, mais la punition était toujours de mise et il fut pousser loin. Il baissa automatiquement la tête pour cacher cette peine si visible. Il passa son bras contre ses yeux qui avaient bien trop pleurés à son goût.

Il écouta les paroles de son professeur et marcha jusqu'à une serviette qui trônait non loin de là. Il fut arrêter dans son élan par une voix que l'étudiant connaissait pertinemment. « Non, ne bougez surtout pas vous deux. Le plan est juste parfait. Je changerais peut-être juste l'éclairage.» Robert se tenait dans l'angle d'un des longs couloirs. Torse nu avec un pantalon en cuir plus qu’indécent. Il avait joins cette main pour former un angle de caméra. Un angle qu'il pointait vers Demetrio et Simon. Demetrio gêné entoura sa serviette autour de ses hanches. Il avait bien des choses qu'il n'aimait pas partager avec le propriétaire du squat.  « Il faut pas être gêné mon lapin. Je l'ai déjà vu ton petit knacki. Par contre, ce monsieur là, je le connais pas. »

Robert s'approcha, essuya ses mains sur son torse et alla serrer la main de force de Norcross. Il fallait mieux pour le professeur ce qu'il avait fait de ses mains quelques minutes auparavant. « Enchanté, Robert. Et vous êtes ? » Le directeur de films pour adultes renifla bruyamment et alla chercher un petit sachet dans ses poches. Il saupoudra son poignet et s'enfila de la Jamaïque non coupée. Il jeta sa tête en arrière et ajouta avec une voix plein d'entrain. Il s'approcha de Demetrio et passa son bras autour de son cou. « Vous en voulez ? Mais, peut-être, je dérange ? Je peux remonter ma caméra et s'enregistre tout cela. Je suis le dernier à juger. Je ne fais pas dans le porno gay, mais je pourrais me lancer aujourd'hui. Vous en dites quoi ? »


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MessageSujet: Re: the night we met - demetrio   Lun 7 Jan - 13:37

the night we met Demetrio savait remettre les choses en perspective par quelques répliques juste assez pointues pour pincer Simon, mais pas au point de provoquer sa colère et le faire fuir. Il devait reconnaître qu’il était dans cette situation de son plein gré et que l’étudiant n’avait pas eu besoin de supplier à genoux et essuyer ses larmes sur le bas de son pantalon pour qu’il accepte sa compagnie. « Pour la même raison que j’ai accepté de me trainer à ta lecture : j’ai envie de savoir où tu veux en venir. » Il refusait de croire qu’il n’y avait aucun but, ou un simplement amendement. Et quand bien même tout ceci était vrai, il était curieux de voir où menaient les choses. Leur nuit si destructrice avait un goût d’inachevé. Pour quelqu’un qui aimait le contrôle Simon n’en n’avait eu aucun à ce moment, ni sur lui-même, ni sur Demetrio, ni sur la situation. Il avait été ballotté du début à la fin comme un idiot qui décide de s’acheter un bateau à voile sans jamais n’avoir mis un pied sur l’océan. Il cherchait à rattraper, à compenser, en gardant main mise sur le gamin aujourd’hui. « Au pire j’aurais perdu une journée et une partie de ma fierté. »

Sa réaction le fit sourire. Tout n’était peut-être pas si noir et mort dans la vie du jeune homme s’il avait encore la capacité de s’indigner à l’idée que Simon l’imagine acteur pornographique. Il n’était pas pressé de rencontrer ledit Robert. « Bien, c’était la bonne réponse. » Serait-il parti en courant pour autant ? Non. Il n’avait plus la foi de courir, mais aussi parce qu’il n’attendait rien du garçon et se contentait de prendre les informations comme elles venaient, se protégeant ainsi d’une éventuellement déception.

Etait-ce de la pitié ? De la cruauté ? Il voyait plutôt cela comme de l’égoïsme. Il avait profité de cet état de faiblesse pour tirer quelques instants à Demetrio, pour toucher sa peau mais aussi caresser du bout des doigts l’effet qu’il faisait au jeune homme. Une preuve valait milles mots aussi sincères soient-ils. Il ne chercha pas à confirmer ou infirmer s’il était vraiment motivé par la cruauté, laissant le jeune homme le serrer comme si sa vie en dépendait. Il était étrange de sentir cette connexion physique, cette communion, cette absence de barrière l’espace d’un instant, savoir qui sauvait l’autre pendant quelques courtes secondes. Une étreinte dénuée de sens et de but mais suffisante pour ramener un peu de vie dans ce vide qui l’habitait. Lui devait-il ce maigre échantillon de douceur pour compenser l’aigreur de ces mots alors même que Demetrio n’avait pas été désagréable une seule fois contrairement à lui ? Il était indifférent aux jérémiades, aux supplications, aux grands mots, mais la réaction de l’étudiant venait chatouiller quelque chose au plus profond de lui et il l’aurait sans doute coincé pour lui faire cracher pourquoi il avait perdu sa verve si une voix inconnue n’était pas venue rompre le cours de ses pensées.

Pris de court Simon ne connaissait plus aucune amabilité ou politesse. Les surprises de ce goût lui hérissaient le poil et enflammaient ses pupilles de colère annotée d’une pointe de méfiance. Il observa le nouveau venu puis tourna la tête vers Demetrio en soupirant, ne cachant rien du fond de sa pensée. « C’est qui ce connard ? » Il aurait pu y mettre un sourire, un ton amusé pour mieux faire passer la chose mais seule la réalité brute de sa mauvaise humeur était à sa portée, laissant les simagrées de la vie en société aux autres. Il était maintenant trop vieux pour être impressionné ou craindre le premier guignol qui se présentait sur le devant de la scène, et peu importait sa tenue ou son métier. Il se laissa malgré tout serrer la main, parce que les événements le dépassaient comme un mauvais téléfilm de l’après-midi. Robert. Quel doux plaisir. Enchantement pas tout à fait partagé. Lequel des trois avait l’air le plus saugrenu ? Le gamin à poil ? Le type en pantalon de cuir qui se poudrait le nez ? Ou celui aux quarante ans révolus, chemise ouverte mais trempé ?
« Je suis de passage. » C’était trop espérer que d’attendre des présentations comme s’ils étaient dans une situation normale et s’il y avait bien une chose qu’avait appris Simon c’était à distiller les informations. Mieux valait en dire pas assez que trop, il n’est jamais bon d’être connu d’un type sorti de nulle part sous coke. L’entrain du propriétaire n’avait d’égal que l’amertume qu’il déclenchait chez le professeur. Il refusa la proposition en secouant la tête. Ca aurait pu l’amuser en d’autres circonstances mais il préférait garder un maximum de ses capacités avec un personnage de ce genre dans les parages. « Déranger, non si peu, on était en pleine revisite d’Orgueils et Préjugés mais c’est pas votre came à mon avis. On vous attendait presque pour prendre le thé. » Il regarda l’ensemble qu’ils formaient avec Demetrio et ne sut pas s’il devait le tirer de là ou bien l’abandonner à ce déluré qui s’attendait à de la pornographie là où il n’y avait que du pathos. « Vous avez deux ans de retard pour le porno gay Robert, c’est dommage. » Il s’empara d’une serviette pour se sécher au moins les cheveux, peu enclin à se débarrasser de ce qu’il restait de sa chemise gorgée d’eau coincé entre Demetrio et son propriétaire dérangé. Il n’avait plus qu’une seule rengaine en tête sans parvenir à prendre une décision intelligente : qu’est-ce que je fais là ? Il ne pouvait pas chasser le Robert qui était partout chez lui mais il pouvait enfin se décider à laisser tomber cette aventure qui ne lui apportait que de nouvelles interrogations. « Vous voulez des cours de littérature ou tout le monde peut retourner à ses occupations ? »



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MessageSujet: Re: the night we met - demetrio   Lun 7 Jan - 17:47

the night we met  Demetrio se nargua de cette assurance qui couvrait ses épaules comme le long manteau gris pour calmer les morsures de l'hiver. Cependant, la vérité était bien plus insidieuse. Savait-il lui même où il voulait en venir ? Est-ce que c'était marqué sur son visage, entre les cernes et les rides de cette drogue qui rongeait sa peau ? Il n'avait aucune idée où ce voyage onirique allait les porter. Pourquoi choisir un chemin ? Demetrio préférait laisser le sort de sa destinée au hasard. « Tout n'est pas une question de fierté. J'ai bien ravalé la mienne pour vous aujourd'hui. » Attendait-il un sucre d'orge et une brique de lait chocolaté pour cet acte ? Il n'en était rien. Il n'attendait aucune médaille à accrocher à son manteau. Simon avait été très clair, ces excuses ne valaient plus rien à présent. Alors, que pouvait offrir un drogué dans son genre ? Il n'avait pas d'argent - ou tout ce qu'il possédait il le dépensait dans ses addictions. Mais, il possédait du temps. Le temps lui offrirait-il l'espoir d'acheter sa rédemption ? Toute la question était là.

Demetrio profita de cette visite impromptue pour s'enfermer avec ces pensées. Il fixa le sol carrelé et essaya de comprendre la vérité sur ces larmes qui coulaient encore sur ses joues. L'eau avait été un masque habille, mais qu'elle était ce tremblement dans le fond de sa gorge. Ce tressautement d'émotion qui lui était si étranger. Il n'avait pas pleurer ainsi depuis que le corps de son frère jumeau avait glissé sous terre. Il se souvenait encore de cette sensation qui lui donna l'envie de se jeter dans le trou fraîchement creusé. L'envie de hurler quand on le laisse là et qu'on vienne à le recouvrir pour qu'il disparaisse à son tour.
Le jeune étudiant fixa son reflet et caressa cette tristesse. Il  voulut absolument comprendre ce qui avait pu le toucher ainsi. Est-ce que c'était le refus de son professeur ou simplement sa pitié ? Voilà, ce qu'il inspirait à présent. Il était devenu si pitoyable que cela ? Ce fut le mot épicé qui sortit des lèvres de Simon qui le tira de ses torpeurs démoniaques. « Non, Simon, ne faites pas... » Robert l'arrêta avec un grand sourire. « T’inquiète. Tout va bien. Je peux être un sacré connard, c'est vrai. Je le reconnais. » Robert se mit à rire et à tourner sur lui-même comme pour occuper une scène invisible. Demetrio essaya d'offrir un rire faux en invitant Simon à l'accompagner dans sa démarche à calmer l'agité aux cheveux de feux.

Simon ne connaissait pas Robert et chaque nouvelles provocations ne fit que trembler d'avantage le jeune Gartzea qui pria de son regard son professeur d'enfin arrêter cette guerre futile et qui n'allait qu'engendrer des drames inutiles. Robert c'était l'être fantasque. Il pouvait avoir le cœur sur la main : donnant la soupe aux sans abris. Il était aussi le dément qui avait percé les genoux d'un mec qui avait molesté l'une de ses filles à coup de perceuses. La police d'Edimbourg le connaissait autant qu'il le redoutait, car c'est fou ce qu'on peu avoir comme pouvoir avec de l'argent et des moyens de pressions contre les grands pontes de ce monde. Robert toujours avec son plus grand sourire marcha sur les talons du professeur.

Demetrio se projeta vers Robert. Il s'interposa et chercha le regard du producteur qui partait en vrille. « Il plaisante. C'est un comique. Tout ce qu'il vient de dire il plaisante. » Robert au regard de personnage de cartoon poussa Demetrio sur le côté. Comment pouvait-il lutter ? Il ne pesait rien. Le gamin tenta quand même de revenir dans le ventre du cyclone et posa une main sur le torse de Robert. « Tu ne vas pas...» Mais, notre producteur ne laissa pas le jeune écrivain finir et le frappa au visage avec la crosse d'un revolver qu'il sortit de l'arrière de son jean. « Dégage ! Je veux juste parler avec mon nouveau pote. J'adore orgueils et préjugés. Tu as vu la version chasseur de vampires en dvd ? Elle déchire ? »

Demetrio heurta le parquet de plein fouet. Il resta sonné, le visage tourné vers le sol alors qu'une petite flaque de sang se mit à couler de ses lèvres entrouvertes. Robert arma le canon et libéra la sécurité. Il pointa ensuite  son arme vers le visage de Simon. « Toi, tu veux me donner des cours c'est cela ? Bah vas-y ! Assis-toi ! » Il déplaça le canon de son pistolet de quelques centimètres sur la gauche et tira. La balle alla se nicher dans une des étagères. La pauvre Iliade d'Homère décéda et des pages se mirent à voler au-dessus de leurs têtes. « J'ai dit ! Assis-toi ! Me force pas à me répéter. J'aime pas cela. On est deux personnes civilisés, non ? » Les pages planèrent et se mirent à descendre lentement. La pièce retrouva son calme alors que Demetrio commença à pousser quelques gémissement de douleur alors qu'il s'éveilla. Son corps frêle se mit à s'agiter alors qu'il tenta comme un bébé faon de se lever pour la première fois. Ce qui attira l'attention de Robert qui commença à tourner sa tête vers le jeune écrivain tout en s'accroupissant pour être à sa hauteur. Il caressa ses cheveux mouillés avec le canon de son arme encore brûlante.




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MessageSujet: Re: the night we met - demetrio   Mar 8 Jan - 8:07

the night we met Simon savait qu’il franchissait les lignes ennemies et il ignorait volontairement tous les signaux d’apaisement de Gartzea. Sa colère pouvait enfin prendre forme contre quelqu’un qui ne méritait que ça. Il était sa purge, et plus Demetrio tentait de calmer le jeu, plus cela agrandissait sa soif de sang. Un parfait jeu de roulette russe qui réveillait ses moins bons côtés. Cela confirmait aussi l’idée que fréquenter l’enfant des addictions ne faisait qu’appeler les ennuis. Il réveillait son sang mais pour de mauvaises raisons.
Il n’eut aucun rire pour accompagner le dégénéré qui lui faisait face. Il n’avait plus rien à perdre et ça le rendait tout aussi dangereux que l’abruti sous cocaïne. Il n’aimait ni sa présence, ni son agitation, mais encore moins cette façon brutale et gratuite qu’il eut de se débarrasser du garçon comme un vulgaire chien errant. Repousser le gamin était son privilège qu’il ne voulait pas partager, et encore moins avec autant de violence. Il aurait pu rire aux éclats de cette absence de culture s’il était en capacité de redescendre, de se calmer et revenir à des badinages absurdes. « Heureusement qu’on ne regarde pas le porno pour la qualité de ses scénarios. »

Aucun mouvement de recul n’anima le professeur, pas même un clignement de cils. Il se fichait de mourir à l’instant présent, il se moquait du museau de l’arme qui lui faisait face. Combien de fois s’était-il battu pour une raison obscure à la sortie d’un bar ? Combien de fois avait-il cru mourir à cause d’un type plus charpenté ou moins soul que lui ? Et pourtant il était toujours là et sans séquelles particulières. Le bruit assourdissant réveilla un éclair de douleur dans son crâne d’ivrogne, il se massa les tempes en entendant le bourdonnement résonner dans le fond de son oreille mais ne l’empêchait pas d’entendre l’autre aboyer sans relâche. Il hésita à obtempérer, par lassitude, ou simplement quitter cet appartement en ignorant Robert, son arme et sa folie. La seule chose qui le retenait étonnement dans cet appartement c’était Demetrio qui gisait toujours par terre. « Je ne suis pas tout à fait certain qu’on soit civilisé tous les deux. Ni toi ni moi. » Ce n’était pas une menace, mais un simple constat qui le faisait grincer des dents. A quel moment avait-il perdu sa civilité pour finir dans le même sac qu’un Robert complètement siphonné ?

Il ramassa quelques pages du livre qui avait fait les frais même si cela n’avait aucune cohérence, cela l’occupait et lui offrait la possibilité de ne pas s’asseoir selon le bon vouloir du propriétaire. Il le surveillait du coin de l’œil, détestant chaque gémissement qui sortait de la gorge du jeune homme rampant, lui rappelant qu’il était à l’origine de sa douleur.
Mais Robert lui offrit une opportunité. Il brassa son fond de rage en caressant le jeune écrivain, ajoutant la touche finale à cette colère sourde qui refusait de lâcher Simon. Il asséna un violent coup de pied à celui qui avait fait l’erreur de s’accroupir pour le faire basculer et se laissa tomber sur lui. Il rêvait de le frapper jusqu’à ce que la jointure de ses doigts lui fassent trop mal pour continuer mais pour Demetrio il ravala sa rage. Il se félicita de ne pas avoir bu plus et d’être encore suffisamment leste pour récupérer l’arme au camé surpris. Il s’assit sur son torse et mit de petites claques sur la joue de Robert, tout sourire. Il accepta de prendre une droite bien sentie dans la mâchoire en retour, juste assez pour le faire rager mais pas pour le déstabiliser.
« Ecoute moi bien mon pote. T’as l’air assez important comme mec alors je vais essayer de ne pas trop te prendre pour un con. Je suis fatigué des mecs comme toi, tu vas aller profiter de ta coke avec ta caméra plus loin. Et on ne joue pas avec ça quand on est défoncé comme toi. Parole d’alcoolique. » Il agita l’arme et ôta le chargeur ainsi que la balle dans la chambre avant de la laisser tomber sur le torse du logeur. Il se releva péniblement en prenant un certain plaisir à s’appuyer lourdement sur Robert. Son jean trempé était pénible à porter et refroidissait à mesure que le souvenir de l’eau brûlante s’étiolait mais lorsqu’il devait faire un choix, même pour un type qui n’avait rien à perdre, il préférait sa vie au confort d’un appartement tiède et obscur.

Il attrapa Demetrio par le bras pour le tirer et le forcer à se remettre sur ses pieds. « Debout Bambi. Tu trouves des fringues et on s’en va de là avant que ton allumé de colocataire nous agresse à coup d’encyclopédie. T’as cinq minutes et c’est pas une invitation que tu peux décliner. » Pourquoi est-ce qu’il tenait à embarquer le jeune homme alors qu’il aurait pu sortir simplement sa carcasse de cet appartement ? « Mon petit doigt me dit que ton proprio va être moins sympa dans les jours à venir. » La culpabilité. Dans cette soupe de sentiments quotidiens qu’il parvenait encore à éprouver, la culpabilité était la reine des chiennes. Elle pouvait avoir raison de lui en toutes circonstances, le mettre à genoux avec une facilité enfantine et museler son opiniâtreté.  Il se débarrassa de sa chemise qui lui collait à la peau pour la remplacer par sa veste. La mort par une pneumonie n’était pas la façon la plus douce de quitter cette terre et ne lui disait rien.

Simon tourna les talons, grisé par ces quelques centièmes de grammes d’adrénaline offerts par Robert, par cette cascade d’événements impromptus qui rompaient son quotidien monochrome.  Il dévala les marches, repassa dans l’artiste à qui il accorda un bonne journée au bord de la bonne humeur et se laissa faire prisonnier par le froid hivernal qui pinça son épiderme humide. Ce regard livide d’un gris terne retrouvait âme qui vive et maintenant qu’il avait un coup à se faire pardonner Gartzea allait pouvoir souffrir encore un peu de sa présence.




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MessageSujet: Re: the night we met - demetrio   Mar 8 Jan - 19:29

the night we met  Demetrio avait beau côtoyer les anges de l'inconscience. Il connaissait les états enfantins que traversaient le réalisateur. Le jeune écrivain n'avait jamais été dans des tels états. La drogue avait toujours eu un effet sombre et néfaste sur lui.  Elle était comme une plante carnivore qui aspirait tout ce qui restait de bon en lui. Quand l'aiguille se détachait de son bras, il n'était plus que dans cette pièce sombre et vide. Ce sentiment que plus aucune lumière ne vous traverse, que votre propre respiration s'éteint lentement dans un écho lointain. Demetrio n'aurait clairement pas sauter sur une table, danser le charleston ou reprendre les grands classiques des comédies musicales.

Robert, au contraire, semblait parcouru par le feux sacré. Il était comme une locomotive lancée à vive allure. La désinvolture et les piques choisis de Simon passaient complètement au-dessus de sa tête. « Ouais, j'ai aussi ce feeling qu'on va bien s'entendre, toi et moi. Tu veux qu'une de mes filles te ramène une bière ? Je te propose pas une pipe. Je suis sur. » Il sauta comme un lapin jusqu'au corps de Demetrio au sol et lui attrapa le visage. Il joua avec ses lèvres comme on l'aurait fait avec une poupée. Il alla introduire ses doigts dans sa bouche de façon obscène tout en piaffant comme un personnage de cartoon. « Qu'il t'a offert ce que tu désirais. Tu as vu cette bouche ? C'est ce que j'appelle une belle bouche à pipe. Regarde, ces belles lèvres roses ? On dirait un bouton de rose auquel on a juste envie de défoncer et enfoncer son gros chybre. » Il laissa retomber la tête de l'étudiant qui cogna à nouveau contre le parquet. « Je pense que quand il va se réveiller, je vais lui demander de me payer avec une bonne pipe. Si cela marche pour toi, cela devrait marcher pour moi, non ? »

La suite fut violente pour Robert qui avait paru si menaçant pendant une seconde, ressemblait à présent à un enfant apeuré. Avec Simon sur son torse et l'arme qui pointait en sa direction, le directeur semblait paniqué et aux bords des larmes. La drogue mélangeait tout et rendait aussi perméable qu'une éponge. Robert ne demanda aucun second round et préféra fuir en dévalant l'escalier. Il laissa même l'arme qui n'avait plus son chargeur à présent. Dans l'escalier on entendit ses cris qui ressemblaient fortement à des cris d'une femme apeurée.

Notre belle au bois dormant aurait voulu un autre réveil, un baiser par exemple, mais c'est dans un brouillard total qu'il reprit conscience. Il chercha Robert dans un moment de panique et compris qu'il n'était pas le moment de poser des questions, mais plutôt d'agir. Il sauta dans un pantalon et dans un tee-shirt. Son regard fixant le trou dans son étagère.  « Putain, vous avez fait quoi à mes enfants ? » Un merci aurait plus aimable, mais ce coup sur sa tête n'avait pas transformé notre junkie. C'est quand Simon quitta son appartement que tout remonta à son esprit : l'arme, le coup et ensuite sa sortie du tableau forcée. Il s'approcha du chargeur au sol et hésita à le ramasser. Il préféra laisser tout cela derrière lui. Il glissa le long de la rambarde et arriva comme une fleur devant Maxime. Il passa sa main dans les cheveux courts de Maxime qui l'insulta comme elle avait l'habitude de le faire : Suceur de queues ! « Je t'aime aussi. Quoi que j'ai fait, demande à Robert de pas revendre mes livres. Il y a connait rien. Il y a des putains de premières éditions. » cria t-il alors qu'il se mit à courir pour rattraper Simon déjà loin.

Il arriva essoufflé, car la drogue, la clope et l'alcool ne faisait pas de lui l'athlète de l'année. Il savait pertinemment comment était sorti son professeur et même s'il semblait s'en foutre royalement. Il tira violemment son professeur par le coude pour l'attirer dans la première friperie  (it's so 2018, I know girl) qui croisa leurs routes. Il le poussa à l'intérieur et bloqua la sortie en offrant sa meilleure imitation d'une étoile de mer au moment des grandes marées. « Vous allez attraper la mort comme cela et c'est pas bon pour mon karma. Laissez moi vous payer une chemise, d'accord ? »  Il sortit les quelques billets volés à Simon plutôt dans la matinée et lui agita sous le nez. « C'est le minimum que je puisse faire après votre rencontre avec Robert. Moi, je m'en rappellerais encore quelques jours. » Demetrio caressa du bout de ses doigts l'écorchure qui balafrait sa joue. Il se regarda dans un miroir et ajouta. « Pour tout ceux qui me trouvaient trop jeune et trop insipide. Je pense que je viens de leur clouer le bec, non ? » Puis, Gartzea se mit à tirer la langue et à la ranger dans sa bouche tout en offrant une moue de dégoût grâce à son reflet dans le miroir.  « J'ai un goût dégueulasse dans la bouche. Beurk !  » Il quitta un instant Simon et alla faire du gringe au vendeur de la boutique. Il roula des yeux et le vendeur sortit de sous son comptoir une bouteille d'eau. Demetrio minauda tout en roulant des yeux avant de revenir vers Simon. Il ouvrit la bouteille, but une gorgée et commença à se gargariser la gorge.

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MessageSujet: Re: the night we met - demetrio   Mer 9 Jan - 6:37

the night we met
Spoiler:
 

Simon frôlait l’horreur, et celle-ci recouvrait momentanément sa rage comme une couverture lourde et asphyxiante. Il n’était pas un grand sensible, il ne s’émouvait plus de grand-chose mais les doigts de Robert pénétrant la bouche du gamin accompagné d’une salade de mots crus manquèrent d’avoir raison de son estomac. S’il avait avalé quelque chose il l’aurait sans doute vomi sans retenu sur le parquet mais la bile, ça se ravale. Cela ne faisait qu’ajouter à son envie de tuer ce fou mais il n’était pas un meurtrier et surtout il s’était déjà bien trop impliqué dans des choses qui ne le regardaient pas. Il aurait pu balbutier qu’il n’y avait eu aucun rapport entre eux – du moins aujourd’hui – mais discuter avec un drogué ne menait pas sur le chemin du repenti. Si Demetrio avait été un chiot il l’aurait sans aucun doute adopté pour le soustraire aux griffes de ce malade, au risque que le cabot urine sur son tapis tous les matins mais il était un être humain et adulte de surcroît. Tout ce qu’il pouvait faire c’était le sortir momentanément de cet appartement anxiogène.  

Il voulut se débarrasser du gamin qui faisait locomotive en le traînant à l’intérieur d’une friperie mais pour un drogué il était suffisamment rapide pour que le vieux loup bougon se fasse piéger. Il jaugea avec mépris l’étoile de mer, le regard noir et les lèvres pincés. Pour ce qu’il croyait au karma, il était prêt à ressortir aussi sec mais il se devait de mettre un peu d’eau dans son vin sans quoi la culpabilité reviendrait le mordre dans sa faiblesse.  Il avait en horreur toutes les boutiques, qu’elles vendent des vieilles fripes ou le dernier chocolat en poudre en vogue à New York. Il n’aimait pas se sentir pris au piège dans un espace exiguë avec un vendeur qu’il méjugeait d’emblée.  Il se détourna de la porte à contre cœur, laissant les mots de Demetrio remplir le vide entre eux. « Je te trouve jeune, insipide, mais surtout mal logé et bizarrement entouré. » Il regarda le reflet du jeune homme avant de reporter son attention sur les vêtements sans grande conviction. « Je te retrouverai un exemplaire de l’Illiade. » C’était une forme d’excuses maladroites pour Norcross, mais qui avaient le mérite d’exister.

S’il avait su ravaler ses états d’âme, peut-être que la rencontre avec ce Robert aurait pu glisser sous de meilleurs hospices. Mais il était de ces animaux sauvages qu’il valait mieux ne mettre en contact avec personne sous peine que son cynisme et sa désinvolture n’engendrent des situations périlleuses comme celle qui venait de se jouer avec un camé. Il tut l’origine de ce goût qui dérangeait le jeune homme. Peu de choses l’écœuraient, il pensait en avoir déjà beaucoup vu. Lorsqu’on est au fond du trou on fréquente les fanges de la population, des individus si dégoûtants qu’on pouvait perdre foi en l’humanité mais ce Robert lui soulevait le cœur comme personne ne l’avait fait jusque-là. Un personnage abject et obscène comme il ne l’aurait jamais imaginé, qui était parvenu à salir cette image de cette bouche qu’il avait désiré. Peut-être devait-il le remercier ? Il lui avait rendu service après tout, en rendant cauchemardesques les souvenirs de la pulpe généreuse de ces lèvres qui venaient au contact des siennes puis de sa peau, courant le long de son corps qui appelait à la débauche. Par quelques mots Robert avait entaché cette image et peut-être alors pourrait-il dormir cette nuit sans être hanté par Demetrio.
Il le regarda s’affairer avec le vendeur, parfait tourbillon charmeur quand il le voulait bien, quand il sortait de son rôle de dépressif crasseux, et c’était une scène captivante à épier. Simon abandonna cette contemplation lorsque le garçon revenait. Il voulait bien lui prêter de l’attention pourvu qu’il soit loin et occupé mais pas lorsqu’il était proche de lui, pour ne pas l’appeler, pour ne pas donner d’illusions à l’étudiant et le faire nourrir l’idée que peut-être il y avait bel et bien quelque chose entre eux. « C’était quoi cette tête de chien battu dans la salle de bain ? » Cet air étrange qu’il avait à peine eu le temps de capter, occupé à faire connaissance avec le dernier vilain des Marvel. « J’ai pas de pitié pour toi si c’est ce qui te tracasse. Pour personne en fait. Je laisse ça aux bons chrétiens. » Si on cherchait bien on pouvait trouver de l’empathie, pour cela il fallait se lever de bonne heure et creuser longtemps. S’il l’avait serré contre lui c’était parce qu’il en avait eu besoin. Comme s’il avait loupé une marche, il avait vacillé et pour un court laps de temps il s’était laissé aller à trouver du confort, à chercher à ressentir précisément ce dont il avait besoin : quelqu’un à qui se raccrocher, éprouver quelque chose, avoir l’impression d’être vivant et de compter.

Puis le naturel était revenu. Aussi fort soit lancé le boomerang il finissait toujours par revenir à l’envoyeur : le loup solitaire n’était pas fait pour une meute, pas même une meute restreinte à deux individus. Il s’empara de la première chemise à sa taille, jeta sa veste à Demetrio pour l’enfiler. « Parfait. Tu me la dédicaceras. » Il récupéra un billet dans la main du jeune homme et alla payer au vendeur tout en finissant de boutonner sa nouvelle acquisition. A quand remontait la dernière fois qu’il avait eu une journée aussi palpitante. Il jeta un regard en direction de l’origine de toutes ces péripéties et un sourire lui échappa. Il fallait être un idiot pour accepter cette invitation mais c’était peut-être la meilleure façon d’exorciser ses démons.

Il récupéra sa veste des mains des gamins, la passa et poussa Demetrio dehors, trop heureux de se soustraire à l’étouffement que générait en lui ce genre de boutique déserte. « Allez viens Ulysse, on va te chercher ton bouquin avant que mon karma ne se jette d’un pont en désespoir de cause. » Il n’avait plus arpenté les bouquinistes depuis quelques années maintenant mais s’il y avait un seul point commun qui pouvaient les sauver tous les deux de leurs addictions et de leurs travers c’était les livres. C’était étrangement agréable de retrouver de la compagnie, même si le jeune homme l’exaspérait tout autant qu’il lui était bénéfique. « Tu sais que c’est malsain de vivre avec un connard pareil dans les parages ? Je ne suis pas sain, mais lui s’il prend trop de poudre blanche il est capable de venir te violer même s’il se défend d’être homo. »



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MessageSujet: Re: the night we met - demetrio   Jeu 10 Jan - 6:57

Spoiler:
 

the night we met Demetrio était-il vraiment insipide ? Il se trouvait en tout cas plutôt cliché même s'il se défendait de jouer un rôle. Il était cette image écaillée de l'âme tourmentée d'artiste qui se complaît à offrir sa couche au malin. Le diable lui tenait chaud en cet hiver piquant. Il aimait lui murmurer à l'oreille des sombres idées. La drogue occupait toutes ces pensées. La douleur et l'humiliation cuisante de Robert lui avait laissé un mauvais goût en bouche. Il fallait mieux pour notre jeune écrivain qu'il ne sache jamais où le producteur de films pour adultes avaient glissés ses doigts. Il aurait pu en vomir les quelques miettes de bagels d'un repas datant de la veille. Demetrio préférait largement les repas liquides et se brossait encore les dents au vieux malte.  
Mais, ce que le diable venait principalement persifler aux oreilles de son jeune infant c'est surtout torturer Simon. Il ne gagnerait clairement pas quelques points de karma, mais c'était si bon de voir les traits du vieux lion se crisper, de voir sa babine s'agiter et ses sourcils monter comme un pique d'adrénaline. « Je suis pas mal logé vu que je veux venir cracher dans votre canapé. Je pense que vous me devez bien cela. Je sais pas ce qui s'est passé avec Robert, mais je pense qu'il faut pas que je montre le bout de museau avant quelques jours pour ma propre sécurité. »

Il s'attendait à que son professeur en face à malaise vagale. Il était déjà prêt à lui tendre une chaîse ou à le mettre en position de sécurité s'il venait à tomber au sol. Il avait suivit un cours de premier secours à la faculté et aurait été heureux de mettre ses connaissances en application. « J'espère bien. J'y tenais. C'est le première livre que j'ai acheté à la place de la drogue. » Ce n'était pas le premier livre qu'il avait acheté dans sa vie. Mais, c'était le premier livre qui l'avait aidé à repousser ses démons. Ce jour là, il avait dit non à la drogue. Il pensait être plus fort. Ce jour là, il s'était senti le roi du monde, capable de tout pendant quelques heures avant de sombrer à nouveau pour son plus grand désespoir.

Demetrio préféra continuer de minauder que d'affronter les paroles de Simon. Il avait chassé les images de la salle de bain très loin. Il est hors de question de les affronter à nouveau. « Je vois pas de quoi vous parlez. » Mais, il se rendit compte qu'il commençait à bien connaître son professeur, car s'il voulait faire disparaître ce moment gênant, le quarantenaire était bien décidé à revenir dessus. Il soupira tout en quittant le vendeur des yeux. Il s'accouda au comptoir et fixa un long moment Simon. Elle était où cette drogue ? Cette poudre ? Tout cela serait bien plus facile, alors en attendant il préférait être honnête. C'est tout ce que le junkie qu'il était, avait à offrir. « Ecoutez. Faut pas vous prendre la tête. Cela m'a juste surpris que quelqu'un me prenne dans ses bras. Cela faisait longtemps. Je pensais que je n'étais plus capable de ce genre de choses. Il faut croire que j'avais tord. Cela m'a ému, c'est tout. Rien de bien grave. Je pisserais moins ce soir. » Il baissa la tête et se mit à jouer avec le bouchon de sa bouteille en la tapotant contre ses lèvres. Il donna quelques coups de dents, peut-être était-il entrain d’aiguiser ses crocs ? « Pour le reste, je me suis fait rembarré. C'est noté. Vous inquiétez-pas. Cela m'empêchera pas de retenter ma chance. Après tout, si j'ai pas de chance au grattage, je l'aurais peut-être au tirage ? »

Comment pouvait-il abandonner ? Surtout après ce strip-tease improvisé ? Le jeune homme dévora ce corps sans aucune gène. Il aimait montrer son intérêt à cette machinerie d'occasion. Elle avait été bien entretenue. Elle était belle et ne demandait qu'à être touché. Il ne fit que tapoter plus fort le bouchon de sa bouteille contre le haut de sa dentition. Mais, toute bonne chose ont une fin. Il fut attiré à l'extérieur du magasin et quand la porte fut franchi. Il sortit de sa manche une écharpe qu'il avait subtilisé sur un mannequin. Il l'entoura autour de sa gorge fragile et répondit à son voisin : « Je vous suis, mon cher Agamemnon. Tu ferras attention à ce Égisthe, j'aime pas comment il te regarde. » Il passa derrière son professeur et claqua son fessier avec entrain. Le manque rendait notre étudiant sur-existé. Le sachets de poudre blanche dansaient dans un coin de son cerveau. Ils portaient un petit chapeau haut de forme et une canne dans leurs petites mains toutes mignonnes. Il pouvait presque entendre les accords de musique jazz en arrière fond. « Si, tu savais pour Robert. Je devrais noter, cela pourrait faire un super personnage de roman. A Thanksgiving, il m'a dit qu'il m'invitait pour faire la dinde, car j'avais une bonne tête à me faire fourrer. J'ai trouvé une webcam une fois dans ma douche, je l'ai balancé aux chiottes. Tu sais qu'avec lui, j'ai déjà changé quatre fois mes serrures ? Je sais pas comment il fait pour toujours arriver à entrer. Et, pour le viol, c'est marrant que tu me dises cela, car il m'a sorti une fois texto. Que si je me faisais violer un jour, il faudrait pas que je m'inquiète, il y a des gueules qui appellent qu'à ça et moi je joue dans cette catégorie. Charmant, non ?  »

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MessageSujet: Re: the night we met - demetrio   Jeu 10 Jan - 17:42

the night we met
«  Pardon ? » L’étudiant se serait jeté sur Simon pour le mordre qu’il n’aurait pas pu avoir l’air plus effaré. Il attendait la chute comique, le sourire, le frémissement de cordes vocales indiquant que Demetrio ne briguait pas réellement une place sur son canapé, et pourtant, rien ne vint. Il était pris entre deux feux, entre l’envie de le rabrouer, de lui rappeler sa place, et ce besoin d’écoper sa culpabilité hors du bateau. Il porta son regard sur le ciel gris à travers la vitrine de la boutique en cherchant une réponse appropriée qui ne se présenta pas non plus. Il n’avait plus partagé son lieu de vie depuis deux ans, et ne s’imaginait pas un instant devoir réapprendre à faire avec quelqu’un, à ne pas se déshabiller péniblement dans l’entrée après une nuit bien arrosée pour s’effondrer nu dans le canapé, trop soul pour atteindre la chambre. Devoir affronter un être humain au réveil, retrouver le chemin de la politesse, partager le café qu’il faisait couler. « Tu manques pas d’air. Et j’ai juste froissé son égo de malade mental, il pensait pas tomber sur plus fou que lui.» Il avait gagné et ne faisait que repousser le moment où le garçon pourrait savourer sa victoire et l’afficher de toutes ses dents avec un petit air satisfait. « Je te laisse une semaine, et je ne suis pas ta nounou, si tu te défonces ou que tu es soul c’est pas mon problème. Et tu ne me ramènes personne ni aucun chien errant. » Il s’étonnait lui-même d’accepter pareil supplice, il devait aimer se torturer. La curiosité venait déjà chatouiller son esprit : comment allait-il occuper son temps ? comment dormait-il ? allait-il vraiment oser venir rôder dans l’antre du loup pendant une semaine ?

« Pleure pas on va t’en retrouver. Je vais écumer les librairies s’il faut. » Demetrio le poussait au-delà de ses retranchements. Il le précipitait vers ses vieilles passions, l’obligeant à renouer avec elles alors qu’il avait tout abandonner pour simplement attendre que le temps passe. Il prenait goût à cet étrange personnage qu’il n’avait pas pris la peine d’apprendre à connaître avant de lui offrir son corps.  Il y avait quelqu’un derrière ce banal cliché du jeune drogué, de l’écrivain arrogant.

Simon soupira, prêt à ruer dans les brancards face à ce mensonge éhonté mais il se plongea un instant dans le regard que lui accordait le jeune homme. Même les mauvaises bêtes sont capables de patience. Il se mordit la joue pour réprimer cette envie de sourire si furieuse. La sincérité était inattendue, surprenante de pureté. A ces mots il sentait encore ce corps si juvénile se serrer contre lui, et ce fragment de soulagement qu’il avait apporté avec lui, comme s’il avait réintégré sa place dans l’univers pendant ce laps de temps éphémère. Il redoutait que son âme ne réclame à nouveau cette sensation doucereuse. Plus son dernier verre allait s’éloigner et lui manquer plus il chercherait à se raccrocher à quelque chose – ou quelqu’un en l’occurrence. Sa mère lui avait toujours dit que lors d’une accolade les cœurs se calaient pour battre à l’unisson, rendant l’étreinte si perturbante et apaisante à la fois. La bouteille clapotant attira son regard sur les lèvres de Demetrio et il se mit à haïr Robert un peu plus fort. Il n’y était pas allé avec le dos de la cuillère et pourtant son effet se dissipait déjà, laissant Simon se faire entraîner vers ses obsessions qui ne le lâchaient plus depuis qu’il n’avait que ça à penser. « Je vais devoir songer à m’inscrire aux Alcooliques Anonymes si je ne veux pas que tu finisses dans mon lit parce que tu auras tenté ta chance quand j’aurais trop bu. » Tout avait commencé comme ça, alors toujours aurait pu finir de la même façon non ?

Il aurait pu le gifler pour cet affront, et il s’en fallut de peu pour qu’il ne cède à cette pulsion brutale mais il se contenta de grincer des dents, frottant ses molaires les unes contre l’autre, trouvant un certain apaisement dans cette étrange vibration. Il refusait d’être touché, et plus que tout il redoutait de basculer. Il craignait que l’état d’excitation de Demetrio ne l’entraîne, ne réveille quelque chose en lui et qu’il saute à pieds joints dans ces jeux absurdes qui ne pourraient lui apporter que des ennuis. Ce n’était pas tant le jeune homme qu’il cherchait désespérément à fuir mais ce qu’il éveillait en lui. Ce même élan sourd qui avait trouvé attiré un garçon bien trop jeune pour lui. Il renifla avec mépris pour oublier cette main sur ses fesses. Mais ce furent les paroles du garçon qui vinrent véritablement à sa rescousse, lui faisant oublier l’incident. Il grimaça, détestant chacune de ces images. « Arrête je vais vomir. » Qu’est ce qui le dérangeait ? Il n’était pas un défenseur de causes. Le féminisme, le manspreading, les viols, la justice, la politique, il laissait absolument tout aux autres, se suffisant de sa vie égoïste où rien de tout ça n’avait de place dans le paysage. Alors pourquoi cela lui retournait l’estomac si cela concernait ce garçon ? Parce qu’ils avaient consommé quelque chose, entre eux, une nuit et qu’il connaissait cette intimité qui ne méritait pas d’être salie ? « Pourquoi rester alors ? » Il regarda ce profil qui pouvait porter toute la joie du monde ou toute la peine de l’univers en un instant, comme un tableau mouvant si fascinant. « Je ne connais pas pour le viol. Par contre oui il existe des gueules qui n’appellent qu’à être frappées et là ton Robert tient la première place. » Il aurait donné cher pour laisser sa fureur s’exprimer, ou même le recroiser dans un autre contexte, hors de chez lui, pour se faire vraiment plaisir.  

C’était une chose surprenante que de marcher à nouveau à côté de quelqu’un dans la rue, d’échanger un regard, un silence, de respirer l’air froid en laissant les derniers relents d’alcool disparaitre. Mais cette fois l’œil était aguerri et il n’eut aucun mal à repérer l’homme qu’ils avaient déjà aperçu à l’aller. Errer dans les rues alentours du logement d’un drogué était le meilleur moyen de le précipiter dans les bras de son amante favorite, tout comme Simon aurait été difficile à détourner s’il avait dû passer devant les bars qu’il écumait habituellement. Il se saisit du poignet de Demetrio pour couper toute envie de traverser la route pour aller quémander une dose avec les quelques billets qui lui restaient. Il aurait pu le traîner sur des kilomètres s’il le fallait mais une option plus cruelle quoique plus efficace prit place dans son cerveau. L’étudiant aimait le torturer ? Il pouvait lui rendre la pareille. Il le bouscula dans une ruelle transversale plus calme et s’arrêta pour l’attirer impérieusement contre lui. Sa main serra sa nuque pour l’empêcher de se défiler par esprit de contradiction. Du bout de la langue il caressa la pulpe généreuse de la lèvre inférieure de Demetrio comme on goûte prudemment une nouvelle saveur. Il aimait le posséder, le sentir dans le creux de sa main, rythmer sa respiration et il se détestait pour cette inclinaison. Toutefois il alla au bout de son idée en scellant ses lèvres aux siennes. Ce n’était pas très fairplay d’employer son corps pour repousser le moment où la drogue s’insinuerait entre eux, mais c’était grisant de tester ce pouvoir. « On reste concentré Gartzea. »




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MessageSujet: Re: the night we met - demetrio   Ven 11 Jan - 9:55

the night we met Demetrio fit vibrer cette jeunesse dénaturée du bout de ses lèvres à la pulpe gourmande. Il ne manquait pas d'air. Simon n'avait pas tord. Il connaissait bien des âmes aux envies de chairs faciles qui seraient heureux de l’accueillir pour une nuit ou deux. Déjà, avait-il vraiment besoin d'un lit ? Il passait ses nuits dans les bars et les ruelles sordides. Peut-être resterait-il qu'un rêve éveillé que son professeur n'apercevrait que dans un demi-sommeil ? Notre étudiant essaya de dissimuler au mieux cette victoire pour ne laisser aucune possibilité à son généreux quarantenaire de faire machine arrière. Il rangea tout sourire et air narquois dans les poches de son manteau. Il s'avança et offrit sa main pour sceller ce pacte qui électrisait déjà ses zygomatiques. « Cela marche. » Il avait gardé le silence trop longtemps. Notre étudiant semblait être une bombe prêt à exploser. Il se mit à tourner sur lui-même et attrapa le premier mannequin qui s'offrit à lui. Il improvisa une petite danse avant de la faire chuter dans ses bras. « Une semaine dans la vie de Simon Norcross. Je vais pouvoir voir à quoi ressemble votre appartement. Pendant, une semaine je vais devenir reporter pour le Times. Tellement de questions que les lecteurs se posent. Plutôt slip ou caleçon ? Vous gardez vos chaussettes pendant l'amour ? C'est quoi votre morning routine ? Thé ou café ? Cela va être tellement bien. » Il insista sur le dernier mot et le fit chanter jusqu'à ses dernières consonances avant de s'arrêter en plein élan.  « Non. Je promets de bien me tenir, ne changez pas d'avis. Please » Il remit le mannequin en place et épousseta ses épaules avec un air d'enfant sage pas du tout crédible pour un sou.

Demetrio approcha cette bouteille qui portait encore son parfum et la fine trace de cette eau échappée de ses lèvres tout de rose. Elle brillait sur les rebords de ce bouchon qu'il approcha sans portant briser cette distance de sécurité. Il était comme un gamin en sortie scolaire derrière une vitre pour mieux admirer le vieux lion. « Vous devriez essayer. Ils sont rigolo les Alcooliques anonymes. Je dois avoir une dizaine de médaille dans mes tiroirs chez moi quelque part. » Au moins, il avait essayé. Chaque nouvelle résolution l'avait poussée à franchir le cap. Il n'en avait à présent plus l'envie ou l'espoir de pouvoir changer. Il avait abandonné, car il était épuisant de décevoir ces mêmes personnes qui vous regardent d'un œil condescendant. Les alcooliques anonymes n'était pour l'étudiant pas un moyen d'aller mieux, mais plutôt de rassurer quelques personnes qui pouvaient sortir de ces réunions à affirmant : Je suis mieux que lui ou elle. « Ils ont du bon café et des bons donuts. » Il décida de franchir la barrière de sécurité et tapota du bout de sa bouteille contre le menton voisin. Il s'amusa du bruit du plastique contre cette barbe légèrement grisonnante. « Sinon, ils peuvent régler votre problème si vous avez peur que je vous viole lors de vos nombreuses cuites. Chez eux, c'est l'abstinence sinon rien. Cela aide à se recentrer sur soi-même et d'autres merdes de psy du genre. »

Pourquoi rester ? La réponse Démétrio la connaissait, mais aurait-il la force d'avouer cette vérité ? Simon ne l'avait pas giflé, mais cette question fut comme une gifle. Il se figea entre les bouquinistes. Il se mit à se gratter la nuque à s'en arracher la peau. « Il n'est pas si mauvais que cela, vous l'avez vu dans ces mauvais jours. Il est très paradoxal. Il peut être horrible, mais...Par exemple, Pour Maxime que vous avez croisé en bas qui dessinait dans la cours. Il a payé l'opération de son frère malentendant. Il n'avait aucune mutuelle et il avait besoin d'une greffe. Il a tout réglé jusqu'au dernier centime. Il n'a jamais rien demandé en retour. Et, me concernant... » Ce n'était pas une question ici d'argent. Démétrio se moquait de cet aspect dans sa vie. L'argent était pour lui qu'une source de frustration dans ce monde. C'était bien plus profond que cela, mais pour plonger dans ces noirceurs abyssales il fallait retenir son souffle. Il se gratta de plus en plus fort et entre deux gémissements de douleurs il s'abandonna. « Après avoir enterré mon frère, j'ai fait une connerie.... » Il regarda ses ongles ensanglantés avant d'abandonner une dernière déglutition gêné. Il était trop honteux pour rentrer dans les détails de cet affront contre la vie. Il tira sur les manches de sa veste et reprit la parole. « Il n'a pas uniquement appelé les secours et sauvé. Il est venu chaque jours à l’hôpital me voir jusqu'à que je sois autorisé à sortir.  »

Depuis, quand il n'avait pas fait resurgir ces images du passé ? Il n'y avait rien de bon à déterrer des cadavres à part profiter du relent de putréfaction qui s'accrocha à ses poumons. Il eut soudainement du mal à respirer ou c'était tout simplement l'appel de la drogue qui tapait à présent comme une démente à sa porte. Il ne pouvait plus attendre, comme un marin face aux chants des sirènes, il essaya de traverser la route, mais la main de Simon l'arrêta. « Tu fais quoi ? Lâche moi. » Il essaya de débattre, car son salut était là devant lui. Il avait l'impression qu'il n'avait qu'à tendre la main pour enfin ne plus ressentir. Notre gamin s'agita comme un félin grainant l'eau. Il s'en moquait d'être poussé dans une ruelle ou de sentir le corps de Simon se rapprochait du sien. Il tambourina sur son torse. « Je te jure si...» Mais, tout cela s'envola quand cette langue persifla contre ses lèvres. Il laissa cette bouche assiéger ses moindres contours. Il ferma les yeux, comme l'idiot qu'il pouvait être, laissant sa nouvelle obsession fouetter son sang. Il abandonna un murmure face à cet abandon.  

Cependant, Démétrio n'était pas du genre à abandonner un tel cadeau. Ce fut à son tour de planter ses doigts dans la nuque de l'écrivain pour l'empêcher de fuir. Il fit glisser ses lèvres pour les insérer entre celles de son voisin. Il chatouilla cette commissure du bout de sa langue. Il scella ce baiser avec douceur. Il lui avait offert la passion et sa colère. Ici, tout était comme cette brise glaciale qui lançait et léchait les peaux avant de les mordre. Quand il fut repoussé,  il regarda Simon après ce baiser et se caressa les lèvres du bout de ses doigts. « Tu es définitivement cruel avec moi, mais tu as de la chance j'aime les personnes cruelles. » Les envies de drogue s'étaient envolés. Il recula et attrapa Simon par le col de son manteau et l'invita à le suivre.  « Bon, si j'ai pas le droit de me droguer, viens que j'explose mon taux de cholestérol. » Il traîna l'écrivain jusqu’à un food-trucks entre les bouquinistes. Tout avait l'air horriblement gras, mais c'était tout ce qu'il avait envie à présent. Même si ce n'était pas entièrement vrai. Il lorgna un instant sur Simon, son regard plus allumé que toutes les lumières qui s'engouffrent dans les tunnels alors qu'on roule à plus de cent-cinquante kilomètres heures. Tout était infini et sans fin.  






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MessageSujet: Re: the night we met - demetrio   Ven 11 Jan - 17:22

the night we met
Simon lorgna cette main tendue avec souffrance. Quel cataclysme l’attendait ? Toutefois, les dés étaient jetés, il avait accepté et n’était pas du genre à revenir sur ses décisions, quoiqu’il lui en coûtât. Il serra cette main en soupirant et l’envolé du garçon ne fit qu’ajouter à son désespoir même s’il s’amusait de cette avalanche de question absurde. « Tu as beaucoup plus palpitant à leur offrir sur ma sexualité que des chaussettes. C’est pas la colonie de vacances, on se calme. Par contre vu que tu es un parfait petit américain qui travaille chez Starbucks tu pourras toujours me rapporter un café dans lequel tu n’auras pas cracher, ça sera apprécié. » Une telle agitation lui irritait les nerfs, mais jamais assez pour le faire changer d’avis. Quand bien même Demetrio deviendrait insupportable il ne changerait rien au contrat. Si Robert le tuait dans un de ces délires pour se venger du barbu, il ne s’en remettrait jamais ; or il avait déjà bien assez de choses sur la liste des remords. C’était une expérience qui promettait d’être surprenante. L’étudiant le suivrait-il boire un verre ou bien ferait-il sa vie sans que jamais Simon ne soupçonne réellement sa présence dans l’appartement ? Allaient-ils sagement se respecter ? Respecter la vie privée de l’autre ? Toutes ces questions qui semblaient jaillir de part et d’autre n’allaient pas dans ce sens. « Je doute que tu saches ce que veut dire bien te tenir mais si des colocataires peuvent te supporter je dois pouvoir en faire de même. » Et puis il avait supporté sa femme et ses reproches sur la fin de leur couple, s’il lui avait survécu il pouvait reproduire l’exploit avec un étudiant sous méthadone.  « Si tu t’avises de raconter à la fac où tu dors je transforme ta vie en enfer, je n’ai pas besoin de perdre mon job. » Qui irait trouver normal qu’un professeur célibataire accueille un de ses élèves ? Certainement pas l’académie ou l’administration.

« Rigolo. Comme si j’avais besoin de ça. » Décrocher oui, profondément besoin, mais pas de personnes rigolotes. Il se voyait mal pris au piège dans un cercle de paroles, contraint de forcer l’expression alors qu’intérieurement il serait occupé à souhaiter la mort de chacun des participants. Il toléra la bouteille simplement parce qu’elle était inanimée mais finit par la saisir pour mettre fin à ce tapotement agaçant. Cet ascendant qu’il avait sur le jeune homme le grisait mais le revers de la médaille, cette liberté que prenait Demetrio, était irritant. L’abstinence. Il n’aurait eu aucun mal à s’y tenir vu le néant de sa vie sentimentale et sexuelle mais n’était-ce pas tout l’inverse de ce qui aurait pu le sauver ? Ne pouvait-il pas oublier l’alcool si quelqu’un embrasait son épiderme et attisait ses désirs les plus inavouables ? Ses doigts parcoururent la chevelure du jeune homme pour s’en saisir et lui faire basculer la tête en arrière. « Je doute que tu sois en mesure de me violer le gamin. Tu n’y survivrais pas. » Cependant l’aguicher, ça oui. Sobre il était hors d’atteinte et serein, mais ivre, il savait qu’il n’avait plus aucune volonté, aucun filtre, qu’il se laissait guider à qui voulait bien prendre les rênes. Il relâcha la prise, il aurait bien le temps plus tard de garder cette main mise.

La mutilation que s’imposait le garçon était dérangeante mais Simon ravala son envie de stopper les doigts qui griffaient l’épiderme qui n’avait rien demandé. Peut-être en avait-il besoin. Et puis il n’était pas sa mère. Il grogna de ce tableau presque larmoyant en levant les yeux au ciel.  « Un bon samaritain quelle veine. » Il caressa quelques livres sur l’étal d’un bouquiniste pour se distraire et surtout tempérer cette bile qu’il rêvait de déverser contre le propriétaire. Son attention se reporta sur ce corps frêle qui semblait brutalement si jeune, si perdu, comme s’il n’avait jamais appris à naviguer en se fiant aux constellations et que son regard ne pouvait que contempler les abysses qu’il enviait. « Et d’après toi ça lui donne le droit de te voir comme sa prostituée ? une bonne action ne peut pas tout racheter, tout excuser. » Il n’était pas la meilleure compagnie de cette ville, il n’était pas aimable, ni serviable, ni aimant, mais Demetrio aurait la paix dans son canapé. Aucun alcool ne le pourrait le rendre semblable à cet étrange personnage. Son regard fut attiré vers les manches sur lesquelles le jeune homme tira. Il voulait effleurer cette peau marquée, effleurer cette souffrance qu’il ne s’était lui-même jamais infligé, s’émerveiller de la force du corps humain qui pouvait se remettre de tout contrairement au psychique.

Il prit plaisir à le sentir se débattre et rechigner. Ca ne rendait que le jeu plus excitant alors qu’il ne savait pas ce qui l’attendait.
Les doigts de Demetrio brûlaient sa nuque. Il aurait pu se débattre, le rejeter violemment, se défaire de lui mais il avait ce besoin impérieux de lui abandonner quelques secondes de sa vie et de son corps.
C’était un échange incongru, à la fois désintéressé et rempli d’attentes à combler. Ce qu’il s’était représenté comme utilitaire comportait une note de douceur qui venait faire dissonance avec le reste. Le vieux loup qui butait à l’idée d’approcher quelqu’un prenait paradoxalement plaisir à cette chaleur partagée. Et ce n’en était que plus énervant. Il haussa ses épaules avec cet air indifférent qu’il aimait tant afficher. Être cruel n’était pas un problème en soi, il l’acceptait. Il chassa la main qui s’était emparé de son col pour défendre sa liberté même s’il acceptait d’emboiter le pas au jeune homme. Face à ce regain d’énergie qu’affichait Demetrio il se sentait perdu, chasser en dehors du périmètre de sa zone de confort et il ne savait plus s’il devait verser dans cette même énergie ou au contraire reculer pour ne pas se laisser contaminer. Faute de savoir faire un choix il naviguait entre les deux propositions, semblant tantôt inaccessible et fuyant, tantôt de bonne humeur et susceptible de sourire à une bonne blague.  « Comment t’es tombé dans la drogue ? »


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MessageSujet: Re: the night we met - demetrio   Dim 13 Jan - 13:48

the night we met  Démétrio regarda Simon avec ses deux grands yeux où traversaient une nouvelle vie et énergie. Cette énergie il lui devait : une douche, un peu de chaleur humaine. Le jeune écrivain n'avait jamais été aussi proche de ressembler à un être humain. La drogue dans les fonds de ses pensées confuses lui avait permis de ne pas complètement se transformer. Il lui restait toujours ce poids qui l'éloignait définitivement de cette réalité. Pourtant, il pouvait être un être humain normal ? « Pourquoi je cracherais dedans ? C'est ce qui vous excite au quotidien ? Non, je suis plus du genre à vous offrir au saut du lit mon Irish Coffee maison. Il réveille les morts et tue même les gueules de bois. » Quand il se rendait au travail, il avait toujours une flasque d'alcool bien dissimulée dans une poche de sa veste. Une flasque qu'il chercha en s'arrêtant. Son petit biberon n'était pas là. L'alcoolique qu'il était se rassurait immédiatement en affirmant : Qu'il n'avait pas besoin. Qu'il pouvait s'en passer. Cependant,  sa manière de se lécher la lèvre supérieur de façon frénétique ne mentait pas. Son cœur dans sa poitrine tonnait : un verre, un verre, un verre.
« Vous seriez surpris. Je laisse ma folie et mes addictions pour dehors. Quand, je rentre, j'écris, je lis et je bois. Des fois les trois en même temps. Vous écrivez comment vous ? Moi, je suis encore gamins, je suis resté aux cahiers comme à l'école. » Démétrio se trouvait pas particulièrement insupportable, sauf il fallait supporter son côté bordélique, sa fâcheuse manie comme les chats de vomir sur les tapis hors de prix, de ne savoir ni se faire une omelette et avoir toujours préféré remettre le même vêtement plutôt que le laver. Pourtant, il avait une laverie juste en face de chez lui, donc aucune excuse. « Ah, mince, je pensais le mettre sur Instagram. Avec le hastag : trop content, mon rêve de gamin ou encore dans le repère du tigre ? » Notre gamin aux yeux d'un brun électrique sortit son portable de la poche de sa veste et l'agita sous le nez de son professeur.

Démétrio se projeta un instant aux première lueurs du jour, quand la nuit vient à disparaître. Marcher sur la pointe des pieds contre un parquet qui se jouerait de lui. Craquement menaçant, mais qu'il saurait amadouer. Attraper ce bout de couette et s'y glisser comme un bébé chat qui chercherait la chaleur d'un parent ou de ses frères. Les draps se froisseraient alors qu'il remonterait lentement, par à-coups. Vérifiant qu'il percevraient toujours le son des respirations du fauve endormie. Sentir son parfum l’enivrer. Il toucherait du bout des doigts une jambe, tâtant le terrain pour mieux venir envahir cette terre. Il prendrait connaissance de ces frontières, de ces arbres et de ces rivières. La suite était plus audacieuse et il préférait en garder les secrets ou alors plutôt le dire à voix haute. C'était plus amusant.
« Vous refuseriez la gâterie du matin, gentiment offert par une âme innocente et chaste ? » Démétrio se dessina une auréole au dessus de la tête. Même, si sa (non) chasteté n'était depuis longtemps plus à prouver. Il trouvait l'image amusante. Lui, le gamin aux joues de petit poupon et aux traits de chérubin tombé d'un hôtel d'une église païenne.


« Je sais, tu as complètement raison.  » Le jeune écrivain prit le premier livre que ses doigts trouvèrent sur l'une des étales. Il frappa l'épaule de Simon avec une autobiographie de Dolly Parton. « Et, j'aime pas ça. » Il  vit le regard du bouquiniste qui l'incendia et Démétrio fit comme à son habitude. Il offrit son plus beau sourire et rangea avec minutie le livre avant de presser le pas et ainsi de se faire oublier du marchand. « Pour Robert, je sais qu'il est temps que je bouge. Etre chez vous, me permettra de vraiment chercher les collocations. S'il en a une dans votre immeuble, je serais mort de rire et saute directement dessus. Je pourrais vous mater tous les matins ou ramper  les soirs de cuite jusqu'à votre porte. » Il se trouvait amusant, il fallait au moins une personne. En tant que junkie et alcoolique, si le gamin avait bien retenu une chose des alcooliques anonymes, c'est qu'il faut se concentrer et se focaliser. Son professeur pouvait devenir son principal sujet de vocalisation. L'idée à travailler, non ?

Démétrio se figea devant le food truck. Cette question, il la redoutait, mais il savait quoi répondre. « Ah, ça ? » Son histoire il l'avait raconté ou en tout cas il avait appris à être sincère sur sa dépendance. Parler de soi à des totales inconnues donnaient des facilités. Il n'avait aucune raison d'être pudique ou gêné. Il commanda et tendit ses mains pour recevoir une part de pizza dégoulinante de fromage. Il paya et invita Simon à le suivre, après tout il lui avait promis un brunch. Il attendit que Simon soit servit et mordit dans le bout de sa pizza. « J'avais quatorze-ans et demi. C'était au lycée, j'étais tombé accro d'un dernière année qui dealait plus qu'il ne se rendait en cours. Au début, c'était juste un petit quelque chose, juste pour passer du temps avec lui. » Un long filet de fromage s'accrocha à sa bouche. Il enroula son doigt autour du fil de fromage qu'il glissa ensuite entre ses lèvres. « Ce petit enfoiré à tout de suite compris qu'il pourrait faire n'importe quoi avec moi. Il a commencé à me vendre des trucs où il était sur que cela me rendrait bien accro. Le bon dealer en somme. Et, la suite tu dois un peu la connaître. Cela marche pareil avec la bibine. J'ai commencé à avoir mon entourage qui s'inquiétait et qui me rappelait à l'ordre. Je leurs affirmais que j'étais sous le contrôle et que je pouvais m'arrêter quand je voulais. Un jour mon frère m'a trouvé innanimé dans les toilettes du lycée. C'est le lendemain que j'ai commencé ma première cure de désintoxication. J'avais seize-ans. » Il croqua une nouvelle part de son met brûlant. Il en lâcha quelques gémissement de douleur sous la chaleur qui brûlait sa langue et ses papilles. « J'ai tenu quatre-vingt dix jours. Je voulais m'en sortir. Bah, je crois. Puis, mon frère m'a appelé un matin. Nos parents venaient de mourir. Mon frère n'avait pas l'argent pour continuer à payer la centre. On avait plus personne. Plus d'argent. Plus d'aide. Nos parents étaient formidables, mais ils n'étaient pas économes du tout. Je sais que chez le notaire, on s'est partagé deux cartons de leurs affaires. Bref, j'ai promis à mon frère que je me tiendrais à carreaux. J'ai du tenir 48h tout seul avant de replonger. Tu vois, il n'y a pas plus cliché... Et, vous l'alcool ? »


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MessageSujet: Re: the night we met - demetrio   Dim 13 Jan - 16:58

the night we met
La réponse désarçonna Simon qui se laissa aller à rire à cette répartie. « Non, pas d’alcool au réveil sinon mes cours sont foutus. » C’était la seule barrière qu’il arrivait encore à tenir et qui le protégeait sans doute d’une vie de misère sous les ponts. Il pouvait être chiffonné, encore imbibé de la veille, avoir mal au crâne et les yeux épuisés, mais jamais soul avant d’avoir donné ses cours. Pas même un verre. Et il se rattrapait rapidement dès lors qu’il était libéré de ses obligations de transmission. « Tu veux vraiment me plaire, juste un café encore brûlant et pas un mot. Là on commence à rentrer dans mes préférences. » Ca ne garantissait ni sa bonne humeur, ni sa reconnaissance, mais il était plaisant de se projeter sur ce genre de scène anodine pour dédramatiser de l’invasion à venir.

Il jaugea le jeune homme en tentant d’évaluer la véracité des propos, pourtant persuadé qu’il trouverait Demetrio défoncé dans son canapé. « J’écris pas. » grogna-t-il avec sa mauvaise tête, buté au possible. Il fuyait tout ce qui devenait trop personnel et ne savait pas comment il allait pouvoir affronter cette présence au cœur de son intimité au quotidien. Il passa une main dans ses cheveux pour étouffer son malaise mais il accepta de revenir sur son mensonge pour tenter d’avoir une base à leur cohabitation qui ne soit pas mensongère. « Pour mon premier roman je traînais toujours un carnet ou des feuilles volantes pour noter ce qui me venait et je faisais tout retaper à la machine à écrire à ma femme, j’adorais le bruit des touches et la typographie, ça avait ce petit côté suranné. J’ai plus de carnets, plus de feuilles, et la Underwood prend la poussière sur une étagère. Si l’idée me prend, je sors l’ordinateur, sans charme mais facile. »  Pouvaient-ils vivre ensemble ? Pouvait-il laisser le jeune homme écrire, boire et lire sans perturber ce cycle par une curiosité maladive qui finirait par ressurgir, pour comprendre cette inspiration qu’il avait perdu et qui semblait encore habiter l’étudiant ?   Il chassa la réflexion sur Instagram avec cet air exaspéré qu’il maitrisait à la perfection.  Il ne voulait pas entendre parler des réseaux sociaux, et encore moins d’être comparé à une attraction. « Va te faire foutre. » Il s’empara du téléphone agité sous son nez et hésita à fouiner dedans mais il se contenta de le glisser dans une poche de son jean. « C’est l’heure de la détox Gartzea. »

Il resta interdit face à cette audace, ne sachant pas si cela appelait vraiment une réponse ou si le sujet était trop dangereux pour qu’il y trempe un pied.  Ses sourcils s’arquèrent pour marquer cette désapprobation permanente qui n’avait plus rien d’étonnante. Quand est-ce que sa femme s’était glissée sous les draps pour lui faire commencer la journée dans des gémissements de plaisir pour la dernière fois ? Six ans ?  Sept ans ? Pourquoi fait-il que tout revienne à cette bouche généreuse ? Demetrio savait le précipité dans les affres du malaise, lui qui n’était plus jamais gêné par personne. « Restes-en au café tu veux bien. » Sa sexualité associée au garçon formaient un sujet sensible. Il luttait pour ne pas l’imaginer dans son lit et il n’avait pas besoin que Demetrio les introduise. Contrairement à lui il aimait partager sa nuit, il aimait sentir une chaleur contre son torse qui n’était pas sienne. Il avait mis des mois pour réapprendre à dormir seul après son divorce, perturbé par cette étendue froide et silencieuse. Maintenant qu’il avait trouvé son rythme le jeune homme réveillait une peur inexplicable : il ne voulait pas revenir en arrière, il ne voulait plus être faible et chercher une chaleur bienvenue, il ne voulait plus quémander ou attendre quoique ce soit de quelqu’un d’autre.

Son épaule tressaillit au tapotement du livre, surpris de cette proximité amicale puis dévisagea le bouquiniste comme s’il était le seul à pouvoir asséner des regards furibonds à l’étudiant. « Bien sûr. Et sous prétexte d’avoir pris l’habitude tu rentrerais chez moi pour cuver au lieu de regagner ta colocation, je te vois venir. » Il pinca une des joues enfantines de son interlocuteur puis haussa les épaules, désespéré par sa propre capacité à s’attirer des ennuis quand cela concernait le pauvre diable. « Je ne te mettrai pas dehors tant que tu n’auras rien trouvé si ça peut t’aider à sortir de chez l’autre taré. » D’une semaine on passait à une durée sans bornes, tant qu’il ne faisait rien pour le rendre fou et le faire jeter son corps famélique dehors.

Simon s’appuya au camion en scrutant ce visage qui aurait pu porter toute l’innocence du monde s’il n’était pas marqué par ses consommations excessives. Il se redressa pour passer commande, satisfait de remplir son estomac avec quelque chose qui ne soit pas liquide pour une fois. Il mordit dans sa part brûlante tout en prêtant une oreille attentive non sans peine. Il détestait ces mélodrames débordant de sincérité qui le touchaient. Être touché, dans tous les sens du terme, était devenu une activité qu’il préférait fuir. L’étudiant était peut-être un cliché par certains côtés, mais qui aurait pu assurer qu’il s’en serait mieux sorti dans une situation similaire ? Être adolescent, amoureux puis sans parents n’étaient pas des étapes faciles. « Mais est-ce que tu aimerais seulement vraiment arrêter ? » Il n’y avait pour une fois aucun jugement, aucun a priori dans cette question un peu brutale. Une minuscule voix interne était prête à s’engager dans cette bataille de longue haleine, si Demetrio était prêt à y mettre du sien.

Il observa sa pizza comme si elle était responsable du retour de question, et grimaça. Comment en était-il arrivé là ? « Je n’ai pas d’aussi bonnes excuses que toi. Ma femme à l’époque était en pleine ascension sociale, très occupée à se faire une place comme avocate de l’année, ma fille détestait le père que j’étais. Le verre du soir pour se détendre est devenu régulier. Puis a été rapidement accompagné par d’autres. Ca m’a frustré, et ce foutu bouquin dont je ne pouvais pas écrire de suite, plus aucune passion, plus rien d’autre que l’alcool pour me faire vivre des hauts des bas, je crois que c’est plus ou moins comme ça que ça a pris forme. »



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MessageSujet: Re: the night we met - demetrio   Lun 14 Jan - 10:27

the night we met  Demetrio s'approcha du fauve. Il s'amusa des distances, les resserrant ou en les augmentant. « Soit beau et tais toi. C'est dans mes compétences. » Comme de l'écume, il venait frôler les terres hostiles de sa présence, offrant son souffle alcoolisé ou encore son parfum de vanille de manière si proche que cela en était une invitation imprudente. « Et, j'aurais droit à mon bisou du matin pour me remercier de vous apporter un bon café brûlant ? » La réponse à cette question le jeune écrivain l'a connaissait déjà, mais il prenait un malin plaisir à torturer son professeur. Il avait été clair avec lui, il ne se passerait rien, mais c'est peut-être cette négation si évidente qui rendait notre gamin complètement fantasque. Il fallait bien occupé son esprit. La drogue n'était jamais loin. Elle montrait les dents et elle était affamée. Elle demandait un sacrifice.

« Je vous la dépoussiérais. Une telle beauté doit être touchée, aimée et vénérée. Je déposerais votre café devant votre machine chaque matins. Vous ne résisterez pas au final. Un matin j'entendrais vos doigts lui rendre un nouvel hommage vous verrez. » Sa rédemption était peut-être là ? Aider l'écrivain à nouveau noircir les pages d'un ouvrage et ainsi retrouver son nom et sa gloire passée. Démétrio n'avait jamais touché une machine à écrire de sa vie. C'était pour lui un animal chimérique comme les licornes. Il avait cet image presque mystique de ces machines.  « Je pourrais même vous relire pour les fautes. » Il aurait pu proposer aussi d'offrir son regard et son avis de jeune écrivain, mais il trouvait cet aspect assez prétentieux. S'il devait avouer la vérité, il n'était même pas l'auteur de son premier roman, même si depuis il était le seul capitaine à la barre. Il devait son envolé à un vol vile, même si celui-ci lui avait été pardonné depuis longtemps. « Je vous permets pas. Rendez-moi mon portable...» s'indigna le jeune garçon accro aux réseaux sociaux. Combien d'addiction Gartzea avait-il au final ? Il essaya de récupérer son portable et tourna autour de Simon comme une pie, agitant ses plumes et ouvrant son grand bec pour objecter. Il n'arriva pourtant pas à le récupérer et dans une dernière tentative essaya de choquer le quarantenaire par des propos osés.  « Non, mais sincèrement, comment je vais pouvoir envoyer des dick pics maintenant ? »

« Je ferrais ce que je veux. Je fais toujours ce que je veux. » se nargua notre gamin. Mais, il supposait que son professeur l'avait compris maintenant. Cela ne le dérangerait rien de se prendre une droite ou une claque s'il venait à poser un nouveau sa bouche sur une zone non autorisée. Il fallait bien vivre dangereusement, non ? C'était à s'arracher les cheveux pour savoir pourquoi Démétrio s'accrochait tant à quelque chose qui ne pourrait finir que mal ? Il était jeune et plutôt séduisant quand il savait s'occuper de lui et prendre une douche. Il n'avait qu'à s'absenter quelques heures pour trouver chaussure à son pied. Alors, pourquoi s'accrocher ? Pourquoi s'humilier ? Simon ne serait jamais intéressé par ses caresses ou sa chaleur, mais le jeu était distrayant et la drogue paraissait moins menaçante quand il était prêt de Norcross.

La question à dix milles dollars venait d'être posé. Là, contre un camion qui empestait l'huile et la zone piquante. Les effluves de friture venaient lécher leurs corps et dans quelques heures ils en porteraient encore les stigmates. La bouche de l'étudiant coupa net la part qu'il lui resta et laissa l'autre moité retomber dans le plat de sa main. L'idiot qu'il était avait oublié de demander une serviette. Il fixa la nourriture encore brûlante dans le creux de sa paume. Il aimait cette sensation, plus qu'elle ne venait le dégoutter. « Aujourd'hui, je dirais oui. J'aimerais arrêter. » Peut-être que demain sa réponse serait différente ? Il avait toujours vécu dans l'obscurité et pensait être satisfait d'une telle vie, mais aujourd'hui c'était différent. Le soleil avait beau ne pas arriver à percer le ciel gris. Il sentait cette chaleur qui réchauffait son torse, cette énergie nouvelle qui lui murmurait avec bienveillance à l'oreille : tout est possible si tu le souhaites vraiment de tout ton cœur.

Comme le petit animal non civilisé qu'il était, il lécha sa main et mangea la part qui était maintenant en morceau. Il fixa ensuite Simon n'hésitant pas à poser les questions qui lui venaient à l'esprit. « Votre fille a quelle âge ? » Il se lécha les doigts et et s'essuya la bouche avec la manche de son manteau toujours sans la moindre gène. « Votre femme est une connasse, si je peux me permettre. On abandonne pas ceux qu'on aime. Mon frère m'a jamais abandonné et je lui ai fait bien pire que juste coucher avec son écrivain préféré. » Pour le reste, Démétrio préférait se taire. Il détestait ces psychologues de comptoir qui aimait offrir leurs lanternes juste pour se montrer plus intéressant. Il ne pouvait aider personne. Il n'avait même pas pu s'aider lui-même. Tout ce qu'il pouvait offrir c'était son oreille attentive, avant de sombrer à nouveau dans l'alcool et la drogue, et redevenir une loque à peine présentable.


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