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 braises incandescentes ; foxy.

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♛ les hautes sphères


Keazy Sawyer


in town since : 25/10/2018
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MessageSujet: braises incandescentes ; foxy.   braises incandescentes ; foxy. EmptySam 17 Nov - 18:46

phalanges décolorées, l’sang partout ailleurs, qui bouillonne sous ta chair jusque dans l’cœur.
l’organe vital en effervescence.
c’lui qui t’martèle la cage thoracique, qui t’rappelle, après chaque batt’ment, à quel point t’as la rage.
à quel point t’es défoncé, aussi.
l’âme qui t’dépasse, qu’est en train d’te s’mer p’is, toi, qu’arrive pas à la r’ttraper.
c’elle qu’a un coup d’avance sur toi.
tout l’temps.
ta vie qui t’file sous l’nez, t’glisse ent’ les doigts, les poings fermés trop fort pa’ce qu’la poud’ t’brûle les voies nasales jusqu’ent’ les deux yeux.
comme une balle.
BANG !
qui t’transperce le crâne.
chaque sniffe, c’comme un suicide p’is tu l’sais. p’is t’en a rien à chier.
pa’ce t’as encore ces putains d’images d’imprégné dans ’tête, pensées souillées par son épiderme exposé, cadavre décharné.
p’is elle a froid, tu le r’ssens, c’flagrant.
p’is t’es pas là.
pas là pour la réchauffer, l’attiser, rien qu’assez pour qu’elle r’devienne la braise incandescente qu’t’aimais admirer.
avant.
avant quoi ?
FOXY !
syllabes qu’tu souffles, glacial. ceux qu’env’loppe ton myocarde d’stalactites.
p’is si c’tait toi, sa tempête ?
p’is si c’tait toi, l’responsable d’ses lèvres bleues, d’son teint lactescent p’is d’ses fantaisies givrées ?
pas l’temps.
t’es là.
exactement au moment où elle comptait s’éclipser, son quota d’conn’ries pas suffisamment remplis à son goût, p’t’être.
mais, toi, t’en as assez vu. t’en as trop vu.
TON PRO-BLÈME ?
défroque qui s’veut imposante, ton ombre qui la surplombe.
p’tite blonde aux opales nuageux, obscurcie par l’cataclysme qui lui fait face.
pourtant, y a ta voix qui s’adoucie, qui s’laisse étouffer par l’ambiance nocturne du third ward p’is l’bruit agressant d’tes dents qui grincent.
tu m’expliques pourquoi t’es à poil su’ internet, mh ?
pas d’détours.
t’veux savoir. tout savoir. tout p’is de suite !
mais t’lui donnes même pas la chance d’ouvrir la bouche, ni même d’réfléchir à la formulation d’sa phrase.
pa’ce t’es d’jà ailleurs, toi.
pa’ce tout va beaucoup trop vite, dans ta réalité.
j’t’ai vu ! j’tout vu… même qu’je m’suis m’branlé su’ toi, p’tain ! m’fin, j- avant qu’je sache qu'c'tait toi, s’entend ! j’arrêté quand j’t’ai r’connu, hein !
les mots qui déferlent à une vitesse fulgurante - défiant celle d’la lumière - l’corps qu’a du mal à suivre l’rythme d’ton propre cerveau.
impulsivité pulvérisé dans un sachet.
t’façon, c’pas l’problème, là… par contre, j’aim’rais b’en savoir à quoi tu joues ?
si elle joue…
t’pas prêt pour accepter une aut’ conclusion, t’façon.
non. non, t’veux pas y croire.
à la possibilité qu’elle ait volontairement désiré qu’des connards s’tripotent la nouille d’vant son innocence.
t’y crois pas, non !
p’t’être pa’ce t’fais partie d’ces connards-là, justement.
non pa’ce qu’a un tas d’aut’ activités, excepté d’s’improviser pornstar d’un jour, qu’existent pour t’désennuyer, hein !
sa liberté qu’tu t’autorises à juger.
pa’ce, toi, ça t’fait pas plaisir. pa’ce, toi, c’pas c’que tu veux.
ni pour elle, mais surtout pas pour toi.
pa’ce, foxy, elle s’fait pas mater. foxy, on la contemple, comme une putain d’œuvre d’art.
genre, j’sais pas… la peinture à numéro ! habillé. p’is sans caméra !
p’is tu bouges.
t’arrêtes pas d’bouger. les bras. les mains. la tête. les jambes.
ton ombre qui s’efface et qui r’vient, qui laisse percevoir l’éclat d’ses prunelles que’ques s’condes avant de s’faire engloutir, à nouveau, par les ténèbres.
p’t’être b’en qu’c’est pas elle, qu’a un problème.
p’t’être b’en qu’tu fais pas encore la différence… ent’ l’jour p’is la nuit.
ent’ l’bien p’is l’mal.
ent’ l’amour p’is la possession.
ent’ elle p’is toi.

@foxy blue (froque).
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third ward


Foxy Blue


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MessageSujet: Re: braises incandescentes ; foxy.   braises incandescentes ; foxy. EmptySam 17 Nov - 19:45

le froid, le froid comme un couteau
comme un couteau dans la chair, un million de plaies
une rivière
un courant
une cascade
de couteaux
de douleur
une rivière
un courant
une cascade
de frissons
de brûlures - glacées - mortelles

le froid, le froid comme un baiser
celui d'harvey, celui de la nuit, celui de la drogue
celui d'un sang dilué, celui d'un corps brisé
encore
et au milieu des étoiles
au milieu des lumières
au milieu
le froid
et foxy

le froid à l'âme, le froid au cœur - le froid qui la mordait, qui ouvrait ses veines pour en faire tomber les larmes, pour y glisser le sel
alors elle buvait
alors elle dansait
alors elle se droguait
pour s'assurer de ne jamais - jamais - totalement se figer
ses os de ne pas se transformer en glace
son cœur de ne pas s'arrêter
- et continuer à battre, même sous les tempêtes
- plus fort, plus fort que les frissons - plus fort encore que le froid meurtrier
que ce froid
ce froid et les traces bleues de ses dents
ce froid et sa fièvre

harvey, sa nuit, son bruit, son vent
et une gamine, un peu ailleurs, un peu perdue
une gamine qui s'impatientait
de ce monde trop lent
de ce monde qui l'emprisonnait
de ces feus qui jamais ne naissaient
une gamine au corps ardent
au corps en flammes
que ce monde voulait
sous la glace
enterrer

soudain, il surgit, de nulle part - comme à son habitude
elle sourit, une seconde, juste un éclat
juste une étincelle
et l'homme au regard d'hiver
et l'homme au feu éteint

quoi ? j'comprends rien
son monde se retournait, devant eux, sur leurs pieds, comme un matin de soirée - comme un alcool mal digéré
kz devait débloquer
elle riait presque
jaune
rouge
transparente
livide

bleue

mais qu'est-ce que tu racontes putain ?? t'es défoncé ??
il allait trop vite, il allait si vite - il la laissait là, interdite, dans un coin
inerte
glacée

il s'écarta, il commença à s'agiter, elle ne savait le suivre
elle ne savait le comprendre
sa colère était opaque, ses mots n'avaient de sens
ils ne pouvaient avoir de sens
à poil
internet

se branler

caméra

elle attrapa son bras pour le ramener vers elle, pour retrouver ses yeux, son regard, pour y chercher un peu de lui, un peu d'elle, un peu de leur chaleur, un peu de ce qui lui manquait
elle ne trouva que des pupilles explosées
des pupilles
glaciales

elle murmurait
sa voix douce comme une supplication
(explique-moi)
calme-toi, je, je comprends rien
(regarde-moi)
tu sais que j'ai jamais été douée pour le coloriage
elle lui sourit, timidement - peut-être rit-elle aussi
sa main (si froide) sur la joue de kz
tu délires, j'te jure, j'ai pas encore fait de porno
et son sourire
dans la brume
et son sourire
disparut
dans le froid
happé
dans le froid
bousillé

dans le froid
elle repensa
et le doute, nouveau monstre, s'effondra sur elle
(anthéa)
ses sourcils se froncèrent et, plus jaune encore, un nouveau rire s'échappa de ses lèvres
non, ptain, kz, tu dois confondre, j'suis pas la seule meuf aux cheveux bleus d'amérique
elle haussa les épaules
tenta la blague
le cœur au-dessus du vide
la vie au-dessus de ce nouveau couteau
tu sais seulement si elle était américaine ? naan, attends, j'veux même pas savoir
(silence)
(le goût du doute)
(silence)
t'as trop pris, mec, tu délires.
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Keazy Sawyer


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MessageSujet: Re: braises incandescentes ; foxy.   braises incandescentes ; foxy. EmptyMar 27 Nov - 21:35

son prénom qui déferle d’ent’ tes lippes lacérés par tes propres crocs.
son prénom qu’tu cites avec violence, avec froideur.
et y a pourtant son sourire qui peint la fresque polaire, c’lui qui réchauffe ton cœur givré.
pas longtemps.
pas assez longtemps.
c’dernier qui s’efface aussitôt qu’tu r’prends la parole.
aussitôt qu’t’ouvres à nouveau la bouche pour émettre des sonorités lourdes d’reproches.
vide de sens.
insensé.
quoi ? j'comprends rien.
l’incompréhension, océan dans laquelle tu nages, tu t’débats, tu t’noies.
tu sombres, aussi.
et tu l’emportes avec toi, la belle foxy.
dans les abysses d’ton esprit torturé, dans les profondeurs d’tes sentiments presque éteints.
dans l’abîme d’ton âme abîmé.
abîmé par une sexualité incomprise, trop longtemps mise aux oubliettes.
et tu t’redécouvres, kz.
un peu.
une curiosité malsaine qui t’a poussé à r’garder, à mater.
à fantasmer sur elle, sur la braise incandescente qu’tu percevais, jusqu’à maint’nant, incapable de s’transformer en un incendie meurtrier.
incapable d’te réduire en cendres.
d’te réduire à néant.
mais qu'est-ce que tu racontes putain ?? t'es défoncé ??
et tu l’ignores.
sa question à deux balles.
parce que c’évident qu’t’es défoncé, ça s’voit dans ta façon d’parler, d’bouger, d’battre des cils.
mais t’as pas halluciné, kz.
t’sais c’que t’as vu, t’sais qu’t’es pas fou.
tu gesticules. trop. et comme un putain d’seau d’eau en plein visage, elle t’ramène à la réalité.
sa main qui s’pose sur ton épiderme, qu’éteint – presque – les flammes qui dansent dans ton r’gard, qu’éteint – presque – la colère qu’illumine tes iris.
calme-toi, je, je comprends rien.
sa voix, douce.
qu’adoucie ton rythme cardiaque, tes traits et ton sang en effervescence.
et t’oses capturer ses prunelles, ces dernières qu’hurlent de douleur, une gueule d’chien battu qui s’empare d’ton visage.
d’la rage à la tristesse.
d’la foudre à une pluie fine.
légère comme ses ch’veux colorés qu’emporte le vent.
légère comme la poudre blanche qu’engourdie ta carcasse.
tu sais que j'ai jamais été douée pour le coloriage.
et elle ose sourire – encore.
et t’oses r’nifler – encore.
l’crâne qui pèse une tonne, les yeux grands ouverts, pupilles dilatés qui t’arrachent une grimace d’inconfort chaque fois qu’tu bats des cils.
et y a sa main, si froide, qui s’pose contre ta joue, qui t’oblige à lever le r’gard vers elle.
t’es pas prêt, kz… t’es pas prêt.
tu délires, j'te jure, j'ai pas encore fait de porno.
pas encore…
et t’as envie d’rire. et t’as envie d’pleurer. et t’as envie d’crier.
pas encore ! comme si c’tait dans ses projets ?
et, tout d’un coup, t’es étourdis. et, tout d’un coup, t’as l’vertige.
haut l’cœur quand t’affrontes finalement la triste réalité ; elle sait pas… elle l’sait pas…
tu… t’es pas au courant ?
tu déglutis bruyamment, salive qu’t’as du mal à avaler. possibilité qu’t’arrives pas à digérer.
foxy, la trop douce.
foxy, la naïve.
et t’as les poings qui t’démangent, kz. et t’as l’cœur qui s’fissure.
non, ptain, kz, tu dois confondre, j'suis pas la seule meuf aux cheveux bleus d'amérique.
ce rire.
c’haussement d’épaule.
et toi qu’arrêté d’bouger, qu’arrêté d’vivre.
tu sais seulement si elle était américaine ? naan, attends, j'veux même pas savoir.
l’silence qui s’immisce entre vos deux frusques, toi qu’arrive plus à aligner un seul mot, ni même à penser correctement.
elle sous l’choc, qui n’veut pas y croire, qu’accuse même la drogue dont t’as abusé.
t'as trop pris, mec, tu délires.
t’es sérieuse ?
question qui plane, qui  reste en suspens queq’ s’ondes, rien qu’le temps qu’tu t’habitues au vide, à la chute.
et c’t’à ton tour d’froncer les sourcils.
incompréhension.
total.
t’penses qu’je m’suis trompé d’nana ?
blessé ?
insulté ?
humilié ?
un peu tout ça et un peu rien à la fois.
j’te r’connaîtrais parmi mille, p’tain !
parce qu’elle a c’portrait, foxy… singulier, celui qui n’s’oublie pas.
parce qu’elle a c’t’aura, foxy… intense, celui qu’tu r’ssens à des kilomètres à la ronde.
et t’sais rien, sawyer.
tu n’connais rien, tout l’temps t’improvises.
mais, ça… jamais tu t’tromperais. jamais tu confondrais la gamine avec une autre.
jamais.
c’tait toi, foxy ! j’te jure qu’c’t’ait toi… t’dois m’croire !
voix qui s’brise, gorge qui s’serre.
pourtant, t’aurais préféré avoir tort. t’aurais préféré être rien qu’trop défoncé.
j’suis… j’désolé…
d’l’avoir maté.
d’être éclaté, d’manquer d’tact.
d’lui balancer ça en plein visage comme une bombe.
désolé pour tout.
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third ward


Foxy Blue


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MessageSujet: Re: braises incandescentes ; foxy.   braises incandescentes ; foxy. EmptySam 1 Déc - 20:03

elle aurait voulu que le silence s'éternise, elle aurait voulu s'envelopper du froid de l'hiver, s'en faire une couverture, contre le monde, contre ses paroles
contre ces images qui tombaient sur elle par centaines
contre ces pensées qui entraient sans jamais demander

elle aurait voulu qu'il ne dise rien
qu'il ne continue aucune de ses phrases
qu'il garde ce secret
pour lui
pour eux
sans elle
et ne pas savoir

jamais

elle ne voulait pas qu'il la reconnaisse
elle ne voulait pas qu'il la voit
elle ne voulait pas qu'il l'ait vue
jamais
nulle part
et surtout
surtout
pas


comme ça

le jeune continua à parler mais elle ne l'entendait plus - elle n'était plus là
elle n'était plus à harvey
elle n'était
nulle part
perdue
et, dans son crâne, les images que sa sorcière avait enregistrées tournaient en boucle
elle, qui dansait
elle, qui se déshabillait
leurs murmures
leurs sourires
pas mon visage avait-elle soufflé
elles avaient ri
leurs baisers
leurs caresses
leurs voix
leurs délires
leur tendresse
leur nuit

partagée

au
monde
entier

la nausée la gagna, comme une envie de hurler, comme une envie de frapper
elle voulait vomir
sur elle
sur lui
sur le sol dégueulasse qui avait été témoin
sur chaque personne qu'elle croiserait
chaque personne qui
possiblement
l'avait
vue

vomir
la vie
vomir
ses tripes
vomir pour quitter ce corps sali, vomir pour quitter
ce monde

je… j'crois qu'j'vais gerber

les souvenirs qui remontaient à travers de la gorge, l'honneur, l'horreur, le sale, l'interdit, les craintes
en bloc
dans sa gorge
à écarter sa mâchoire
et le goût du retour
quand elle s'appuya contre le mur, pliée en deux, pour ne rien laisser sortir d'autre que des menaces
la colère
la rage
et le dégoût
me touche pas, putain, m'approche pas

cet homme qui l'avait vue sans qu'elle ne le sache
sans qu'elle ne le veuille
cet homme qui


elle aurait voulu le silence
elle aurait voulu fumer
elle aurait voulu se défoncer
oublier
se déconnecter
décrocher
à jamais

elle aurait voulu que keazy ne la voit jamais
comme ça
elle aurait voulu qu'il soit le dernier
lui
le seul
le dernier

et la nuit s'éternisait
elle contre le mur
lui plus loin
elle dans ce délire
si loin
si dur
qu'elle heurta le sol en goûtant à la réalité
j'étais bonne, au moins ? hein, c'était bien ?
conne parmi les connes
d'avoir
une fois de plus
fait confiance
conne parmi les connes
d'avoir cru
en elle
en elles
conne parmi les connes
d'avoir songé
qu'un secret
pourrait tenir
qu'une confiance
pouvait
ne pas être brisée

alors elle s'était redressée, elle avait refait face à cet ami qu'elle ne voulait plus regarder
pour lui cracher à la gueule la haine qu'elle avait
pour lui cacher, à lui comme aux autres, les tremblements et la peur
elle frotta son visage et glissa ses mains dans ses cheveux
à bout
de
tout
c'était bien, keazy ? ça fait quoi d'me voir à poil ? de m'entendre gémir ? c'est comment ? mon futur patron, mon voisin, mon proprio, mon père
le silence
ils vont kiffer ? dis-moi !!

elle reculait
sans le vouloir
sans le sentir
elle reculait
autant qu'elle voulait qu'il la rassure
autant qu'elle voulait entendre sa voix
le calme
la chaleur
contre le froid
dans son sang
dans son corps
et la peur
étouffée
et l'horreur
au
monde
entier
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Keazy Sawyer


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MessageSujet: Re: braises incandescentes ; foxy.   braises incandescentes ; foxy. EmptyDim 30 Déc - 21:15

les aveux faits, à l’arrache.
brusquement.
sawyer l’pas d’classe, l’insensible.
t’aurais pourtant une larme à l’œil si tu t’laissais aller.
si t’étais pas aussi intoxiqué.
perdu.
égaré ent’ la sensibilité d’ton sexe après une branlette et la détresse d’foxy.
deux choses qui n’vont pas ensemble.
et, pourtant…
je… j'crois qu'j'vais gerber.
la pulpe d’tes doigts qui glisse sur ton crâne rasé, rudesse qui t’ramène violemment à la réalité lorsqu’son corps s’plie en deux.
l’choc, elle est pas la seule à l’subir.
l’dégoût, elle est pas la seule à l’goûter.
et tes mains tombent derrière ta nuque avant d’s’écraser d’chaque côté d’ton cadavre.
c’dernier qui s’déplace, s’élance vers elle.
et qui s’stoppe.
net.
me touche pas, putain, m'approche pas.
et tu r’cules, un juron qui franchit l’bord d’tes lèvres.
haut l’cœur qu’tu r’tiens – encore.
et tu fais volte-face, dos à ton amie qui s’vide les tripes, l’âme.
sa vie, étalé sur l’bitume.
et c’t’à son tour, d’s’effondrer au sol.
j'étais bonne, au moins ? hein, c'était bien ?
quoi ?
d’nouveau face à elle, t’l’interroges du r’gard.
l’sourcil haussé, la bouche entrouverte.
et tu t’attendais à toutes les questions du monde, kz.
et tu t’attendais à tout…
tout.
excepté
ça.
c'était bien, keazy ? ça fait quoi d'me voir à poil ? de m'entendre gémir ? c'est comment ? mon futur patron, mon voisin, mon proprio, mon père.
et l’silence.
celui qui dérange, qui t’oblige à battre des cils.
l’équilibre qu’tu perds – presque.
et t’aurais pratiquement b’soin d’prendre appuie, toi aussi.
l’impression qu’la terre s’dérobe sous tes pieds.
et encore c’te putain d’sensation…
d’tomber.
chute libre.
ils vont kiffer ? dis-moi !!
p’tain…
et l’murmure.
fracassé.
ta voix qui s’brise comme du verre.
trop fier pour t’mettre à chialer, trop d’orgueil pour t’accroupir à ses pieds.
et t’aurais préféré qu’ce soit pas toi qui lui annonce ça.
et t’aurais préféré qu’quelqu’un d’autre s’en occupe, à ta place.
parce que, kz, t’sais pas parler.
parce que, kz, t’sais pas consoler et encore moins être rassurant.
parce que, kz…
t’es
complètement
défoncé.
mais qu’est-ce qu’tu veux qu’je t’dise ? FUCK !
et la colère qui r’vient.
qui r’vient toujours.
encore plus violemment qu’la dernière fois.
parce qu’t’es impuissant.
insignifiant.
parce qu’tu sers à rien, là, de suite.
parce qu’t’as même pas la force d’réfléchir, d’dire un truc suffisamment intelligent pour calmer foxy.
et tu t’dis…
qu’t’aurais p’t’être mieux fait d’mentir.
comme tu l’fais toujours.
comme tu l’as toujours fait, jusqu’à aujourd’hui.
ouais t’étais bonne, c’tait bien ! ok ? ils vont TOUS kiffer !
et, aussitôt qu’ta voix s’éteint, qu’tes lèvres s’scellent d’nouveau…
tu r’grettes.
parce qu’t’aurais aimé lui dire qu’elle était mauvaise.
qu’elle t’a laissé indifférent.
totalement froid, glacial, qu’elle devrait n’plus jamais faire ça.
qu’ça sert à rien.
qu’elle s’est ridiculisé, qu’elle a l’air stupide.
qu’sa copine, elle est cent fois plus bandante qu’elle.
qu’elle en soit dégoûté.
qu’l’idée d’recommencer lui effleure jamais plus l’esprit.
et tous ces mensonges, t’les as transformé en vérité, sans trop y penser.
parce que, sawyer, t’en as encore les doigts collants.
fils de pute.
ils vont tous kiffer…
tu répètes.
plus calmement.
la tête ailleurs, les idées qui s’assombrissent.
et tu répètes.
machinal’ment.
les yeux qui s’ferment, tu t’plonges dans l’noir.
fossé abyssal qu’tu creuses entre elle et toi.
et tu t’meurs dans un silence affligeant.
toi qui n’sait pas cesser d’parler, jamais. toujours trop défoncé pour t’fermer la gueule.
et, maint’nant, tu rêves qu’les paroles s’effacent.
tu rêves qu’elle oublie sa langue natale.
qu’vous coupiez vos langues.
pour mourir
dans l’silence.
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third ward


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MessageSujet: Re: braises incandescentes ; foxy.   braises incandescentes ; foxy. EmptyLun 31 Déc - 5:49

l'eau emplie de ce sel qui ferait vomir
qui ferait mourir
s'il ne tombait pas de ses prunelles

l'eau, amère, qui creusait ses joues de traces indélébiles
la trahison
la confiance, brisée
la honte
l'intimité, vendue

et de blonde parmi les blondes
de droguée parmi les droguées
elle devenait pute
elle devenait objet
et même
ce meilleur ami
et même
ce mec au cerveau poudré
l'avait vue - l'avait reconnue

sur le bitume d'harvey
c'était tout un monde qui s'étalait
c'était tout un honneur
qui
dégoulinait

elle crachait, jusqu'à la dernière once de confidence
jusqu'au dernier morceau d'honneur

et quand le bleu de ses yeux retrouva la silhouette du lubrique
le diapason de sa voix n'était plus
ni enjoué
ni amusé
il était railleur
il était mordeur
amer
acerbe
haineux

elle était acide
elle était
brisée

il ne comprit pas - il le refusa, pour le moins
alors, les syllabes se firent plus ardentes,
alors, elle le visa
lui
elle l'accusa

mais il n'y avait rien - plus rien d'autre que son air vide, que ses yeux ébahis
comme s'il s'était attendu à ce qu'elle le remercie, qu'elle lui propose de le regarder ensemble
comme s'il n'avait pas compris
qu'elle ne voulait rien d'autre
que sa voix
pour le calme
que ses bras
pour la paix

et le monstre - et son monstre, drogué, explosa
à la faire sursauter
à lui faire remonter jusqu'aux prunelles les océans qu'elle avait ravalé
parce que chaque injure, chaque lettre au goût de colère, la brisait
mais il n'était que lui
et elle n'était qu'elle
et malgré tout le mal
et malgré tous ce qu'ils ne comprenaient pas
ils étaient les seuls, toujours, à être là
pour ses colères d'homme défoncé
pour ses angoisses de gamine abandonnée

une énième phrase, comme pour l'achever
ses yeux aux pupilles dilatées accrochées à l'humidité de ceux de la blonde
et leurs lèvres, enfin scellées
parce qu'il n'y avait plus rien à faire, parce qu'il n'y avait plus rien à dire

un murmure, à peine, pour se répéter
elle ne l'entendit pas
elle n'écoutait plus
son esprit rivé sur chaque homme qui pouvait la regarder, là, à chaque instant
toute sa vie, peut-être
le visage de keazy, fermé
le visage de keazy, éteint

elle voulut s'approcher, elle voulut le serrer
comme elle l'avait toujours fait
l'enfermer dans ses bras, rire de ses gestes qui n'arrêtaient pas
embrasser sa peau toujours brûlante
se réfugier au creux de celui qui l'avait toujours - étrangement - protégée
qui avait veillé sur elle
mais derrière ses paupières, elle ne pouvait oublier
qu'il avait vu, qu'il avait aimé
qu'il s'était branlé
sur ce corps qu'elle aurait voulu garder secret

alors, brisant le silence, la voix enrouée, elle exigea
j'ai besoin d'alcool.
(d'alcool pour oublier, que de ton amie, j'étais devenue ta pute)
(que plus jamais tu ne pourrais me regarder)
j'ai besoin d'alcool.
(d'alcool pour effacer le goût du sale dans ùa gorge)
(l'interdit sous ma langue)
(et pour, peut-être, pouvoir retrouver tes yeux)
(et pour, peut-être, te laisser, enfin, me toucher)
(me rassurer)
(par le tendre de tes bras nerveux)
(par le rythme de ton cœur speedé)


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Keazy Sawyer


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MessageSujet: Re: braises incandescentes ; foxy.   braises incandescentes ; foxy. EmptyLun 7 Jan - 17:13

l’silence.
langue arrachée par tes propres mots, tes propres aveux.
c’te rage qui n’veut pourtant pas disparaître.
t’abandonner.
celle qui contrôle tous tes gestes, saccadés.
tous tes batt’ments d’cils, rythmés.
ceux qui s’harmonisent avec tes pensées qui défilent trop vite.
avec ton cœur qui tambourine trop fort.
et t’aimerais boucher tes oreilles.
faire arrêter le temps.
tes songes.
le bruit.
le putain d’silence qui cri.
et t’auras beau tout tenter, kz.
et t’auras beau essayer d’oublier.
t’as encore les images dans ta tête.
et tu la vois.
et tu l’entends.
nue.
gémir.
vulnérable.
ton crâne qu’t’aimerais cogner si fort.
violemment.
pour chasser toutes c’t’obscénité.
pour qu’elle r’devienne ta couleur préférée.
la source de chaleur contre laquelle t’aimais t’réchauffer.
fondre les stalactites qu’écorchent ton organe vital.
mais au lieu d’ça.
c’est l’vide.
le froid.
la
distance.
j'ai besoin d'alcool.
ce liquide analgésique.
ce liquide amnésique.
et tu n’comprends pas.
tu n’comprends pas pourquoi t’as choisi la coke plutôt qu’l’alcool.
l’alcool ç’engourdie.
ç’oublie.
ç’pardonne.
et, pourtant, t’aimes boire, kz.
suffisamment pour perdre le nord.
l’esprit.
mais jamais assez pour atténuer la douleur.
jamais assez pour l’effacer.
alors tu bois après une sniffe.
en soirée.
seul, parfois.
rien qu’pour le goût.
fort.
rien qu’pour la sensation dans la gorge.
pour apprécier.
mais t’en as toujours – un peu.
t’en piques – souvent.
quand tu vas t’acheter des clopes.
quand t’es coincé à une fête emmerdante.
et tu pourrais partager.
lui donner queq’ gorgées d’absinthe.
pour la calmer.
la soulager.
l’anesthésier.
l’ennuie, c’est qu’tu sais pas si t’en as envie.
j'ai besoin d'alcool.
et elle répète.
et tu soupires.
ta carcasse qu’tu trimbales jusqu’à la sienne, recroquevillée.
fermée.
ton sac qu’tu poses entre vos deux corps.
barrière imaginaire.
et, dos au mur, tu t’laisses tomber à ton tour.
les g’noux pliés vers le ciel.
tes doigts qui palpent la fermeture éclair d’ton backpack avant d’effleurer la sortie d’secours d’foxy.
sa liberté éphémère.
et tu lui ouvres.
et tu goûtes avant elle.
comme un parent qui teste le biberon d’son gosse.
et tu lui tends.
bouteille qu’tu lui glisses sous l’nez.
sans
un
seul
regard.
j’ai qu’ça, s’tu veux.
t’précises, les épaules qui s’haussent machinal’ment.
mieux qu’rien, t’imagines.
et t’oses un coup d’œil dans sa direction.
son visage, trempé.
ses lèvres, rosées.
son teint, lacté.
l’intérieur d’ta joue qu’tu décapites.
qu’tu mords.
si fort.
le goût du métal.
du sang.
qui remporte sur celui d’l’alcool.
comme quoi, la douleur, elle s’efface pas.
jamais.
foxy…
son prénom qu’tu détruis ent’ tes lippes.
qui s’corrode contre ton palais.
parce que t’veux savoir.
s’il est trop tard ou pas.
parce que t’veux savoir, toi…
quelle couleur elle est.
regarde moi.
« s’te plait, foxy.
dis moi qu’tu m’en veux.
dis moi qu’j’suis con.
traite moi d’fils de pute.
insulte moi.
frappe moi, s’il le faut.
pète moi l’nez, s’t’en as envie.
mord moi les doigts.
crève moi les yeux.
coupe moi la bite.
mais m’ignore pas.
regarde moi.
touche moi.
parle moi. »
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MessageSujet: Re: braises incandescentes ; foxy.   braises incandescentes ; foxy. EmptySam 12 Jan - 19:05

la vidéo
l'enregistrement
parfait
de chaque millimètre d'elle
de chaque millimètre d'elles
de l'amour
de la drogue
de la passion
qu'elles avaient créées
de la moiteur
qu'elles avaient partagée
et chaque baiser
et chaque caresse
et chaque soupir

enregistré

partagé

et kz

qui avait vu

et kz

trop proche d'elle

et kz

si loin d'elle

ses premiers mots
sa colère
(pornstar)


(j't'ai vue)
(j'tout vu)


(t'étais bonne)

(ils vont tous kiffer)



kz
kz
elle aurait voulu hurler
elle aurait voulu murmurer
c'est quoi, le plus fort, maintenant ?
le dégoût ? le désir ?
kz
kz
est-ce que tout est fini ?
pornstar parmi les pornstar
pute
parmi
tes
putes


elle saisit la bouteille
et nettoya
chaque parcelle de son âme
avec
chaque
morceau
d'elle
de ses lèvres
dont il avait vu les baisers, dont il avait vu l'envie
de sa bouche
dont il avait entendu les soupirs, dont il avait deviné les muqueuses
de sa gorge
dont il avait entendu les gémissements qu'elle n'avait su retenir, dont il avait entendu le plaisir
et
tout
son corps
sali

trop
trop pour ce qu'elle était
trop pour le froid qui la tuait
qui la brisait

alors la chaleur
alors
le nettoyant
qu'elle avait avalé
refusa
ce corps trop obscène
même pour le chaud de l'absinthe
ce corps trop impur
et il ressortit
pour la salir plus encore
pour la haïr plus encore
il s'étala
sur le sol
comme preuve qu'elle n'était pas de celles qu'on sauve
de celles qu'on récupère
qu'elle avait franchi
la limite

mais ses lèvres
entêtées
embrassèrent de nouveau la bouteille
pour effacer les goûts
pour effacer les voix
pour effacer
les
pensées

et chaque gorgée
pour l'éloigner
chaque gorgée
pour ne plus être
elle
pour ne plus
se
vivre

chaque gorgée
pour
disparaître

la bouteille vide se brisa sur le sol

son prénom se brisa entre les lèvres du brun

elle ne voulait pas
pas l'entendre
elle ne voulait pas
pas qu'il soit là
qu'il existe
qu'il

(regarde-moi)

elle aurait voulu vomir
encore
rendre
tout
sa vie
ses vices
ses erreurs
ses bleus
elle aurait voulu ne plus être

qu'il ne la voit pas

mais ses jambes
tremblaient
mais ses jambes
ne portaient plus rien
et ses bras
contre le mur
s'effondraient
comme les marées
sur ses joues
comme sa conscience

quelque part

entre ici

et le vert
de l'absinthe
dans
son
sang


laisse-moi

elle le suppliait

laisse-moi

de ne pas
bouger
de ne pas
partir

et son
corps
vacillant
et son
corps
sur le point de s'effondrer

ses yeux égarés derrière l'océan qui montait
qui creusait
le froid
de ses joues

ses yeux
noyés
se redressèrent jusqu'à lui
le trouble de sa silhouette

qu'est-ce que tu me veux keazy ?

les mots

vacillaient

la même chose qu'à elle ?

peut-être sourit-elle, sous le flot de larmes

tu veux goûter, toi aussi, à c'que c'est de me baiser ?

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Keazy Sawyer


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MessageSujet: Re: braises incandescentes ; foxy.   braises incandescentes ; foxy. EmptyJeu 31 Jan - 20:20

tu la r’gardes.
s’vomir les tripes.
cracher ton cadeau.
et t’pinces les lèvres, kz.
à deux doigts d’lui d’mander c’qu’elle fout là, à gaspiller ta bouteille d’absinthe.
à lui dire qu’si elle n’sait pas boire, qu’elle s’abstienne.
mais t’as trop d’truc à en tête.
et c’t’envie incompréhensible.
celle d’lui dire simplement « hey, vas-y doucement ».
mais t’es pas un tendre, sawyer.
alors t’ravales ta compassion à deux balles et tu t’contentes d’grimacer.
d’dégoût, p’t’être.
d’la voir incapable d’ingérer la putain d’bouteille d’alcool.
d’la voir suffoquer contre c’dernière.
et heureusement qu’elle n’t’a rien coûté.
qu’tu l’as piqué lors d’une soirée.
ça fait un peu moins chier, d’la voir s’rependre sur l’bitume, accompagné des hauts l’cœur d’la renarde.
et tu t’entêtes quand même.
à ouvrir la bouche.
alors qu’t’aurais d’jà dû disparaître, la laisser seule, gérer ça.
comme une grande fille.
mais, au lieu d’ça, tu mâches son prénom.
et un ordre.
un ordre qui s’noie dans l’torrent qui fait rage sur ses joues.
laisse-moi. laisse-moi.
m’ouais.
t’aurais pu parier, kz.
sur c’qui sortirait d’entre ses lèvres.
ça t’fait quand même serrer la mâchoire quand ça sort d’sa bouche, à elle.
mais tu ris.
un rire soupiré, blasé.
l’genre d’rire qu’est impossible à ret’nir.
l’genre d’rire qui veut dire « va t’faire foutre ».
et t’empoignes ton backpack avant d’te lever d’un bond.
la bandoulière qu’tu glisses sur ton épaule.
et t’hésites.
entre un salut militaire.
ou un majeur dressé dans les airs.
qu'est-ce que tu me veux keazy ?
l’sais tu, kz ?
c’qu’tu lui veux, à ta belle amie ?
toi qui pensait pouvoir apaiser sa tristesse.
calmer sa tempête.
t’as fait qu’empirer les choses.
et t’es à deux doigts d’partir, d’fuir.
parce qu’c’est d’jà l’bordel.
parce qu’t’as d’jà foutu la merde.
et t’es trop lâche pour ramasser les dégâts.
alors tu t’contentes d’hausser les épaules, lui faire croire qu’t’as pas compris.
qu’t’as pas capté l’sens d’sa question.
p’t’être qu’c’est vrai, finalement.
qu’t’as rien pigé.
et tes yeux qui s’noient dans les siens, prisonnier d’sa tempête, son torrent d’émotions qui déborde.
ses joues, creusées, trempées.
et l’intérieur des tiennes qu’tu mords, violemment.
et, jamais, l’goût du sang il disparaît.
la même chose qu'à elle ?
t’fronces les sourcils.
tes iris toujours scotchés aux siens.
et tu souris.
à ses paroles, insensées.
à sa question, complètement désaxée.
improbable.
t’as du mal comprendre.
t’es trop défoncé.
mais, kz…
tes doigts, ils tremblent.
ta salive, elle a c’goût d’métal.
ton crâne, il pèse une tonne.
tu t’mens.
ce n’sont pas les conséquences d’un trip trop long, non… c’les signes d’un putain d’manque.
t’es en train d’redescendre.
et t’es clairement pas prêt pour affronter la tête brûlée qui t’fait face.
pas sobre.
et vulnérable.
quoi ?
l’ton, insensible.
p’t’être trop pour ton cœur qui s’met à battre bien trop fort.
et t’avales d’travers.
t’espère qu’elle r’marque pas, qu’elle r’marque rien.
qu’ses larmes lui brouillent la vision – un peu.
parce qu’t’es pas certain…
si t’as réellement envie qu’elle s’explique.
qu’elle approfondisse sa pensée.
parce qu’t’as peur.
t’as peur d’ta propre réponse.
tu veux goûter, toi aussi, à c'que c'est de me baiser ?
et si t’avais une arme chargée, tu l’aurais probablement criblé d’balles.
sa défroque qui chigne.
qui s’lamente.
pour une vidéo.
une putain d’vidéo.
où elle s’fait plaisir.
où elle semble être bien, presqu’heureuse.
où elle plane.
elle profite.
elle vit.
mais toi kz, t’avais pas l’choix d’te foutre en rogne.
d’lui en vouloir.
parce qu’c’est ça, ton rôle.
parce qu’elle a pas l’droit au bonheur si t’es pas là.
parce qu’elle a pas l’droit d’sourire si tu n’la vois pas.
et qu’est-ce qu’tu peux répondre à ça, kz ?
« m’ouais, pourquoi pas ?
baisse ton jean et penche toi vers l’avant. »
même toi.
même toi, kz.
t’es pas assez débile pour t’laisser dominer par la tentation.
mais t’es folle putain !
et t’as rien d’autre à lui dire.
excepté d’l’insulter.
parce qu’c’est exactement c’qu’elle mérite.
d’se faire traiter comme une chienne vu qu’elle agit comme telle.
et t’aimerais lui foutre une ou deux claques.
qu’elle s’réveille.
qu’elle réalise qu’t’es pas tous ces mecs avec qui elle couche.
qu’on n’t’a pas avec c’genre d’propositions.
parce que, kz.
l’sexe, t’en as tellement rien à foutre.
sans coke, c’est pas aussi bon.
et tu la dévisages, dégoûté.
comme si tu v’nais d’croiser une putain d’charogne.
prêt à lui cracher d’ssus.
exactement comme elle la fait avec ton absinthe.
t’manière, j’baise pas les filles qui pleurent.
pute parmi tes putes.
parce qu’c’est comme ça qu’elle a voulu qu’tu la traites.
blessé, fâché, insulté.
qu’elle croit une seule s’conde qu’c’est la raison pour laquelle t’es ici.
pour la baiser.
parce qu’c’est comme ça qu’elle veut qu’tu la perçois, maint’nant.
une pute.
rien d’autre.
alors c’comme ça, kz.
qu’tu la traiteras.
t’as belle amie.

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MessageSujet: Re: braises incandescentes ; foxy.   braises incandescentes ; foxy. EmptyJeu 31 Jan - 22:08

la forme
de
ce
cœur

de ce cœur
serré
à l'absinthe
à l'oubli

serré
au dégoût

mais ses paupières ne se fermaient que pour afficher les bleus
les violets
les verts
et les noirs
de sa peau
de sa peau filmée
de sa peau dévoilée

et la forme
de
ce
cœur

ouvert sous le clair de son épiderme - ouvert en secrets
en murmures devenus cris
affichés
sur l'étendue du monde
de la toile
sous les clics et les yeux, et les regards, avides
pute
parmi les putes

pute
parmi tes putes

lui avait toujours su les hématomes qui la maquillaient, les vices qui l'habitaient
l'addiction
au mal
l'addiction
à la douleur
parce que le seul amour qu'elle supportait était la haine - parce que le seul amour qu'elle acceptait avait les poings serrés et les phalanges blanches

se faire détester
dégoûter
hurler
peindre, de toutes les colères, de toutes les couleurs
les yeux
des
hommes
le vert de la jalousie
le rouge de l'envie
le noir de la fureur
le bleu de la frustration
et
les
bleus
plus si bleus
et
les
bleus

de la forme
de
ce
cœur

épuisé

de ce cœur
de
pute

ses yeux ne voyaient rien - ses yeux ne faisaient qu'accuser
l'horreur
la honte

jusqu'au dégoût
sur son visage, à lui, à l'homme
à celui qui avait choisi

il n'y aurait pas de rouge

il n'y aurait même pas
l'odeur du sexe
pour
oublier
pour
noyer
la forme de ce cœur
glacé

le dégoût

(j'baise pas les filles qui pleurent)

et elle sourit

sous les vagues salées

et elle sourit

(j'baise pas les filles qui pleurent)

sans arrêter les marées sur ses joues - elle sourit

- toi, keazy, tu fais plutôt pleurer les filles que tu baises ? -

(j'baise pas les filles qui pleurent)

elle essuya son visage, ses yeux, ses paupières alourdies par l'alcool qui s'installait dans son sang, l'eau salée
l'eau d'absinthe
l'eau
et la forme
de
son
cœur

putain de connard.

lui qui veillait sur elle
de la pire des façons
lui qui veillait sur ses ecchymoses
et la forme qu'on donnait à son corps

le silence de la nuit, d'un coup si lourd
d'un coup
si
froid
le silence
de la forme
de
tous les cœurs
de
tous les frissons sur sa peau
par flots
tous les frissons sur sa peau
lames acérées
lames
glacées

le silence de la nuit, entre eux
pour sécher ses larmes
pour affirmer sur le visage de l'homme le sourire répugné
le sourire

goû


elle tremblait
d'un alcool qui n'avait su la réchauffer
d'un froid qui la prenait
depuis
le cœur
et sa forme
lacérée

et sa forme
déglinguée

elle tremblait
et
enfin
le voyait

avec tout
le glacial
de l'homme
du drogué

j'vais faire quoi, kz ? j'vais faire quoi, maintenant ?

était-ce la vraie silhouette de son âme ? était-ce sa vraie nature - celle écrite, prédestinée ?
finir
par jouir
devant le monde entier
droguée
bleue

finir

trahie

tu crois que c'est elle ? c'est elle qui l'a postée ?

immobile
les yeux vacillants vers d'autres mondes
où l'absinthe
ou les formes
étaient plus douces
où le drogué n'était que chaleur
où elle savait
où elle pouvait
compter sur lui

les yeux
accrochés
aux siens

dans la douleur qu'elle percevait à peine
dans la douleur
qui s'installait

tu pensais vraiment que c'était ce que je voulais ? pornstar ?

la forme
de ces
cœurs
la forme
de
leur
douleur

elle n'osait l'approcher
leurs regards en seul contact

était-ce comme ça qu'il regardait ces femmes qu'il baisait - ces femmes qu'il ne respectait pas ?
celles dont il utilisait le corps pour tracer ses lignes blanches - celles dont il se pensait accro alors qu'il n'aurait pu bander pour elles sans poudre ?
elle sourit
amère

elle sourit

pute

nouvelle

fragile - mais qu'en voyait-il ?
fragile - mais qu'en avait-il à foutre ?
brisée, inquiète - glacée

mais

pute

pour lui

pute

parmi ses putes

celles qui le dégoûtaient, quand il redevenait sobre, quand il redescendait

dans la douleur

dans le froid

dans l'acide

et les pointes

de la forme
de
ce
cœur

de
ces
cœurs

la forme

acérée

la forme

déglinguée

de ces âmes

glacées

-

de ces âmes

incendiaires

-

de ces

braises

sous

la

neige
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MessageSujet: Re: braises incandescentes ; foxy.   braises incandescentes ; foxy. EmptyJeu 14 Fév - 6:04

« j’baise pas les filles qui pleurent. »
et les mots qui claquent contre ton palais.
ceux qu’tu prends soin d’détacher pour qu’elle s’l’imprègne dans l’crâne.
pour accentuer ton dégoût.
ta colère.
elle qui croit qu’t’as déboulé jusqu’ici pour la baiser.
rien qu’pour goûter, toi aussi.
à sa peau constellée, d’la couleur du ciel.
parce qu’elle a cru qu’tu pourrais la soulager, kz ?
apaiser les ecchymoses qui parsèment son putain d’cadavre ?
lui faire oublier cette vidéo ?
l’temps d’que’ques coups d’reins.
la luxure.
pour effacer la honte.
mais, kz.
tu n’baises pas les filles qui pleurent, toi.
putain de connard.
et ça t’fait presqu’une fleur.
tes lèvres qui s’étire en un sourire, satisfait.
comme si elle v’nait d’te faire l’plus beau d’tous les compliments.
connard.
fils de pute.
les insultes qui t’effleurent les oreilles un peu trop souvent.
c’est dev’nu une nécessité qu’on t’le rappelle.
comme si ça t’donnait une bonne raison d’jouer au salopard.
comme si ça pardonnait tes excès.
la poudre blanche.
une ligne.
deux lignes.
quatre lignes.
t’peux arrêter d’compter.
parce que, t’façon, t’es rien qu’un p’tit con, sawyer.
j'vais faire quoi, kz ? j'vais faire quoi, maintenant ? tu crois que c'est elle ? c'est elle qui l'a postée ?
t’sais pas.
t’en sais rien, toi.
tu t’contentes d’hausser les épaules, les sourcils froncés.
comme si c’tait rien.
anodin.
une vidéo d’plus qui circule sur l’net.
y a pas d’quoi s’en rendre malade.
c’pas comme si elle s’était fait choper en train d’décapiter un corps.
elle a juste exposé la possibilité qu’le monde entier l’a voit.
nue.
et vulnérable.
au pire, ils s’ront tous touchés.
par son épiderme bleuté.
et ils comprendront.
ils comprendront.
tu pensais vraiment que c'était ce que je voulais ? pornstar ?
t’soupires, toujours debout d’vant elle.
la bandoulière d’ton sac à dos qu’tu r’tires d’contre ton épaule pour l’foutre à tes pieds.
et tu r’prends ta place initiale à côté d’foxy.
clope qu’tu glisses entre tes lèvres avant d’l’allumer.
et tu t’dis qu’p’t’être qu’ç’apaisera les tremblements.
l’putain d’manque.
c’un métier hyper respectable, pornstar.
qu’tu balances, en blague.
et sérieux, à la fois.
ton crâne rasé qui bute l’mur derrière et t’pivotes l’menton vers ton amie.
ses yeux, accrochés aux tiens.
t’as pourtant le r’gard vide, sawyer.
aucune étoile.
aucun espoir.
qu’du noir.
alors tu te d’mandes… après quoi, elle s’accroche ?
tu t’es éclaté ?
la question qui déchire l’silence.
celle qu’tu poses entre deux bouffées d’clope.
comme si c’te conversation était banale.
l’est-elle ?
quand on t’connait.
quand on connait blue.
elle pourrait l’être, à vos yeux.
j’veux dire… la baiser. t’as aimé ? t’as pris ton pied ?
tu précises.
comme si elle avait pas capté.
comme si elle était assez conne pour n’pas comprendre à quoi t’fais allusion.
au fond, c’p’t’être pour toi-même qu’t’as préféré clarifier l’truc.
cigarette qu’tu pinces à nouveau entre tes lèvres.
y t’faudra bien plus que ça, kz.
pour r’trouver ton « je-m’en-foutisme ».
pour r’trouver ton audace.
ta liberté.
pour t’retrouver.
toi.
envoie les chier, tous les autres. y a pas d’honte à aimer baiser putain.
non, y a pas d’honte.
y a pas d’honte.
t’as fait bien pire, kz.
tout l’monde a fait bien pire.
qu’une baise improvisée d’vant une caméra.
limite, tu trouves ça presque dérisoire.
innocent.
insignifiant.
ça pass’ra inaperçu.
ou, au pire, ils s’branleront, prendront leur pied, eux aussi.
tous ces connards qui bandent pour une meuf vulnérable.
faible.
battue.
et ça t’fait sourire, kz.
parce qu’t’as fait pareil.
« putain de connard » qu’elle disait.
hey. t’as pas d’quoi faire une track ou deux, hein ?

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MessageSujet: Re: braises incandescentes ; foxy.   braises incandescentes ; foxy. EmptyDim 17 Fév - 18:35

(crache-le)
(crache-la)

avec tout le froid de son corps
avec tout le froid
dans
ses
yeux

et leurs bleus
et ses bleus

en étoiles
en constellations

comme l'alcool dans son sang
comme la peur dans sa voix

en étoiles
en
constellations

(crache-le)
(crache-moi)

avec le nœud, celui du ventre, celui de la gorge
celui de l'angoisse
et celui du manque

tous les nœuds
entre eux
jusque dans leurs yeux

il avait le sourire carnassier - celui qui ne pardonne pas, celui qui mordait les rêves des gamines perdues
les rêves des gamines qui ressemblaient à foxy, l'espoir encore trop fort, son étincelle encore luisante dans leurs pupilles défoncées

(crache)
(crache)
(crache)

(avoue)

elle le voyait, assis à côté d'elle, à des années lumières de l'ami survolté
de l'ami enragé
de celui qui lui avait reproché la même vidéo dont il parlait avec désinvolture à présent

elle le voyait, monstre, menteur, froid
elle sentait le vent
elle sentait le noir
l'obscur
de son regard

et
s'y
reposait

(crache-la)
(crache-moi)

(je n'ai pas peur)
(pas peur)
(pas peur de toi)

il était l'ami
celui qui protégeait
celui qui détruisait
celui qu'elle regardait mourir trop vite
celui à qui elle souriait
parce qu'il savait les vices
parce qu'il connaissait tous les pêchés
et les embrassait

parce qu'il était au moins aussi perdu
parce qu'il ne valait pas mieux
et qu'il le savait

(crache-moi)
(crache-moi)

elle souriait, jusqu'au fond de ses yeux
déstabilisée par ses questions, bercée par l'alcool
elle souriait
parce que ses mots étaient dégueulasses
parce que ses mots avaient le goût amer de la vérité
celui que les gens vomissaient
que personne ne supportait

ouais, je… j'crois, ouais.
ses yeux mi-clos posés sur kz, elle retournait
à cette fois perdue
cette fois volée
à la drogue dans son corps
quand elle avait embrassé, quand elle avait aimé
quand elle s'était retrouvée
quelque part
au creux brûlant d'une amie
d'une rousse
d'une
sorcière
c'était doux, c'était cool. - à voix basse, plus pour les murmures de la rue
plus pour les rumeurs et leurs courants d'air
que pour lui

(envoie les chier)

et le monde avec

(et toi avec)
(kz)

(crache-le)
(crache-moi)

elle riait presque
et il souriait

parce qu'il n'avait honte de rien
parce qu'il n'avait pitié de rien

pas même de son corps, colorié d'ecchymoses
vendu à la toile
vendu
pour rien

parce qu'il ne pensait qu'à lui -
et cette question qui étira le sourire sur les lèvres de la gamine

la drogue
dans son sang

la drogue
comme seule chaleur

il était arrivé trépignant, survolté
il était arrivé tremblant, hors de lui
et maintenant
il s'effaçait
derrière le manque
derrière la chute

dans le noir
dans la morsure
du froid

et ses étoiles
celles qui éblouissaient
celles qui promettaient

celles qui étouffaient et qui le feraient trembler
qui le feraient transpirer
à ne plus savoir
où il est

foxy l'observait
ses doigts se resserrèrent sur la poche
dans sa veste
sur le mensonge
qu'elle prononcerait

sans raison
sans volonté autre que le voir
souffrir
que le voir
ne pas prendre son pied
ne pas
diriger
ne pas
rêver

(pas ce soir)

(pas maintenant, kz)

ses pupilles bleues accrochées à l'envie du drogué, elle prononça doucement
non, j'ai rien sur moi
presque désolée
presque
sincère

et sous ses doigts
cachée
la poudre blanche qui aurait pu
le relever

la poudre blanche qui aurait pu
le sauver

(pas ce soir)

(pas maintenant, kz)

elle voulait le voir
elle voulait le voir souffrir
comme elle souffrait
elle voulait le voir sali
dans le manque
comme elle était salie
sur le net
et vomir
sur lui
sur elle

(crache-le)
(crache-moi)

leurs raisons
leurs pensées
réduites
en
poudre

bonnes
à
sniffer

sa voix s'éclaircit dans la nuit
(que feras-tu, keazy ?)
(que feras-tu sans cet oxygène en sachet, cet oxygène qui te rend beau, qui te rend roi ?)
(feras-tu de moi)
(ta reine)
(kz)

t'as vraiment arrêté ? quand tu m'as reconnue ?

la tête de foxy se détacha du mur et son sourire retrouva son naturel
celui malsain
celui paumé
drogué

celui qui cherchait le mal
au fond des ventres
au creux des reins

t'as pas réussi à t'branler sur moi ? ou comme d'hab, tu bandais mou déjà de base ?
elle rit, légère
taquine
face à cet ami
ce frère
brisé

provocatrice
insolente

prête à
toujours plus
le
briser

pour qu'il reste
qu'il la protège
encore

sous ses doigts, caché, le sachet de poudre resta à sa place
au fond de cette poche
il serait son
secret


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Keazy Sawyer


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MessageSujet: Re: braises incandescentes ; foxy.   braises incandescentes ; foxy. EmptyDim 3 Mar - 0:20

t’es arrivé comme une bombe.
prêt à tout faire exploser sur ton passage – foxy y comprise.
et, au final, t’es là à lui rapp’ler qu’a rien d’mal à aimer baiser.
qu’a rien d’mal à l’exposer.
mais, au départ, t’étais là uniquement pour la r’mettre à sa place.
la traiter d’traînée, de salope, de pute.
lui faire comprendre qu’elle a pas l’droit d’se montrer au monde entier.
d’se partager.
comme un putain d’paquet d’chewing-gum.
parce que, toi, t’en as pas envie.
parce que, toi, tu n’veux pas.
mais, ton discours, il change.
parce que l’mec crinqué à bloc, gonflé d’assurance, il a clamsé aussitôt qu’la coke s’est dissipé.
ouais, je… j'crois, ouais. c'était doux, c'était cool.
sourcil haussé, tu tires à nouveau sur ta clope.
y a pas qu’tes doigts qui tremblent, tout ton corps est dominé par des spasmes involontaires.
et t’as cette douleur dans la poitrine.
dans l’bide.
dans l’crâne.
ça t’prends jusqu’dans les couilles.
le manque.
qui t’rappelle continuellement à quel point qu’t’es misérable.
et t’oses lui poser la fameuse question.
si elle veut bien t’aider, comme toi tu la fais avec elle.
mais, kz.
t’étais con d’croire qu’les amis, ça rendait la pareille.
ici, c’est chacun pour soi.
son propre cul avant ceux des autres.
et t’aurais du y penser, avant d’lui offrir ta putain d’bouteille d’absinthe.
non, j'ai rien sur moi.
sale menteuse.
t’as même pas b’soin d’la virer à l’envers, t’sais d’jà qu’elle t’ment.
t’la connais, foxy.
chacune
d’ses
putain
d’expressions.
par cœur.
sur l’bout des doigts.
les yeux fermés, tu pourrais décrire sa posture.
ses traits.
tout putain, tout !
les paupières plissées, tu la dévisages.
t’lui laisses une chance.
une dernière.
et, cette conne.
elle n’la prend même pas.
t'as vraiment arrêté ? quand tu m'as reconnue ? t'as pas réussi à t'branler sur moi ? ou comme d'hab, tu bandais mou déjà de base ?
t’écoutes pas.
t’écoutes rien.
l’seul truc qu’t’as r’marqué c’est qu’elle tente d’changer d’sujet.
elle détourne ton attention.
de c’qu’elle cache.
c’qu’elle te cache.
dernière bouffée d’clope qu’t’avales avant d’propulser l’mégot d’vant toi.
et l’sourire qu’tu r’tiens pas plus longtemps.
et l’rire qui s’extirpe d’ta gorge qui t’brûle.
y a rien d’drôle, putain !
y a rien d’drôle !
foxy, foxy, foxy… tu m’prends pour un putain d’con ?
la question qui fend l’air.
parce qu’en plus d’être complètement cinglée, elle est foutrement culottée.
elle s’moque de toi.
toi qu’est là pour elle, qui tente d’la rassurer.
à ta façon.
à ta manière.
mais t’es là, kz.
alors qu’tu pourrais être n’importe où ailleurs.
et, elle…
tu t’lèves, comme une fusée prête à décoller.
excepté qu’c’n’est pas vers le ciel qu’tu fonces, c’est vers la blonde.
la paume d’la main qui pointe les nuages.
comme si tu d’mandais la charité.
vulnérable.
comme foxy dans sa vidéo à deux balles.
donne le moi… DONNE LE MOI J’TE DIS !
et tu gueules.
tes tripes.
et tu gueules.
ta putain d’faiblesse.
et ta main qui s’referme.
non, pas sur l’objet d’tes désirs, mais plutôt contre le haut d’ton amie.
celui qu’t’utilises pour l’obliger à s’redresser.
son corps qu’t’emprisonnes entre le tien et la limite qui lui fait dos.
et tes poings qui s’abattent contre l’mur de brique derrière elle.
trois coups.
à deux pouces d’son visage.
d’sa gueule d’gosse effrontée.
celle qu’t’aurais aimé marteler d’tes phalanges.
mais, kz…
c’pas toi, c’est l’putain d’manque !
et ça s’voit, dans tes yeux.
lorsqu’ton r’gard percute celui d’foxy.
t’es plus là.
t’es ailleurs, tellement loin.
à des kilomètres d’la réalité, d’harvey.
y a qu’tes pieds, toujours ancrés dans l’sol goudronné.
et ton corps, perché au d’ssus d’ton amie.
mais ta lucidité, ça fait longtemps qu’elle s’est barrée.
j’te jure, la prochaine fois qu’t’auras b’soin d’noyer ta peine avec d’l’alcool beaucoup trop fort pour ton putain d’cadavre…
les doigts, dégoulinant de sang.
ces derniers qu’empoignent violemment la mâchoire d’la blonde pour la forcer à pivoter la tête vers la droite.
et ton visage, trop prêt du sien.
tes lèvres qu’effleurent à présent sa joue pour l’ultime caresse.
celle qu’tu craches, les dents serrées.
à peine articulée.
contre sa peau lactée.
comme une énième blessure à son âme.
t’iras. t’faire. foutre.
« comme t’sais si bien l’faire.
sale pute ! »

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contre les murs.
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MessageSujet: Re: braises incandescentes ; foxy.   braises incandescentes ; foxy. EmptyMar 5 Mar - 17:36

avoir
un
peu
plus
mal
-

le plaisir
pour tous les maux inscrits sur son corps
gravés sur ses côtes
le plaisir
à chaque coup
à chaque cri
les larmes comme rires, les larmes comme jouissance

si la destruction était un art, elle en serait reine -
et son corps, pour royaume
et son corps, ensorcelé, un peu plus fort à chaque fois qu'ils la brisaient

tous -
les sans-noms, les sans-visages, les fantômes violents
du passé, du présent, des heures futures à l'hôpital, dans son lit, ou
au plus doux de l'affliction
jusque dans
le
caniveau

ils avaient les mêmes sourires
ils avaient la même étincelle - dans le plus froid de leurs yeux
ils avaient les mêmes flammes
les mêmes promesses désaxées de se faire maîtres, de se faire rois
d'être le plus puissant - le plus fort
et de le lui prouver

avec le plat de leurs paumes
avec l'angle de leurs phalanges

keazy ne dérogeait à la règle
- elle vit naître en lui, en un instant, le monstre de tous les hommes
le monstre de leur pouvoir
de la colère

le baiser
de
leur
violence

il était
le
même

la blonde aurait-elle pu attendre autre chose de lui ?
un jour - un soir - une nuit
autre chose que la promesse de cette colère
de cette fin
identique
dégueulasse
de cette fin
attendue
espérée

et de ses ecchymoses - par centaines
plus rapides que tous les baisers
ses coups - par milliers
plus chauds que toutes les étreintes

il agrippa son col et elle ne se demanda pas -
ce qu'elle avait fait, si elle le méritait -
si elle ne pouvait, autrement, être aimée -

il existait trop de questions qui ne lui viendraient pas, de questions qui auraient pu la sauver
si elle avait su
se les poser
si elle avait su
assez
s'aimer -

pourquoi ne vivait-elle que de n'être rien ? pourquoi pensait-elle que le seul amour qui pouvait la toucher était la haine - la rage de tous les poings ?

propulsée contre le mur
l'embrassant comme tous ses amants, de son dos décoré d'autres mains
d'autres amours
dans l'étau de l'homme en manque, dans le creux de ses yeux qu'elle affrontait sans aucune crainte
elle le connaissait - elle le savait -
à travers tous les autres, elle savait le goût de sa violence

son corps sursauta quand il frappa le mur mais son regard ne le quitta pas avant qu'il ne l'en oblige -
elle n'avait pas peur
elle n'était pas même surprise
elle laissait la déception à ceux qui espéraient - la gamine avait abandonné ce navire des années auparavant
il la détruirait, comme tous ceux qui l'avaient aimée
comme tous ceux qu'elle avait approchés
et elle ne saurait faire autrement
que d'apprécier
que de jouir dans la chaleur de sa haine - de chaque coup qu'il pourrait lui porter

dans la prison que faisait l'homme
le frère
le protecteur
le
drogué
elle murmura
sa voix peinant à sortir
et l'affronter
contre
tous
les
dieux

tu me fais mal, keazy

-

pour le goût du sang sur ses doigts
celui qu'elle imaginait
sur ses lèvres
sa mâchoire
effacé contre son cou
jusque sur
sa
poitrine
tâchée de son vermeil

pour le plaisir
par
la
douleur

l'amour
par
la
crainte

le calme
par
le
manque

frémissant sous son souffle, foxy accueillait un nouvel incendie
celui, sale, de l'envie
celui, douloureux, qu'allumait le danger - que faisaient naître les promesses de violence
ses yeux se voilèrent d'un désir malsain et elle se détacha de son emprise pour le regarder à nouveau
ses lèvres trop proches
ses lèvres
trop
moites

c'est le manque qui te rend si faible, keazy ?

tous les feux
dans ses yeux
tous les feux
dans son souffle
brisé
comprimé
contre tous les feux
sous
ses
côtes
et tous les démons
palpitants
dans
leurs
veines

ils m'ont habituée à plus.

à
mieux
-


@keazy sawyer
braises incandescentes ; foxy. 1602893706 🙄  😬



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Keazy Sawyer


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MessageSujet: Re: braises incandescentes ; foxy.   braises incandescentes ; foxy. EmptyDim 24 Mar - 0:58

les poings contre les murs.
parce qu’c’est tout c’que t’peux faire, kz.
parce qu’c’est la seule chose qu’tu peux frapper pour t’défouler.
t’as beau être ailleurs.
égaré.
déconnecté.
tu t’infligerais toutes les douleurs du monde à sa place.
parce qu’foxy, elle connait trop bien la mélodie des phalanges qui s’éclatent contre la chair.
parce qu’foxy, elle a même pas peur.
elle affronte ton r’gard comme si elle savait.
comme si elle connaissait – par cœur.
chaque note.
chaque rythme.
d’la violence qui percute tes jointures.
du sang qui coule jusqu’à la pulpe d’tes doigts.
tu me fais mal, keazy.
et tu serres – encore plus fort.
si t’avais des ongles, ils auraient déchiré sa peau.
mais t’en as pas.
rongés par l’manque.
par les jours difficiles où tu t’enfermes dans ton appart’.
avec rien d’autre qu’tes poings et la putain d’douleur.
l’crâne qui menace d’éclater sous la pression.
l’sang qui circule mal.
qui s’bloque entre tes deux yeux.
et tu t’tirerais une balle rien qu’pour arrêter d’souffrir.
pour arrêter d’être soumis à que’que chose d’aussi versatile.
poudre blanche qui peut s’dissiper en un souffle maladroit.
et disparaître.
si fine.
si douce.
d’la poussière d’ange.
et, pourtant, c’est à ses pieds qu’tu t’inclines.
tu snifferais l’parquet, l’bitume.
rien qu’pour r’ssentir.
pour
vivre.
un peu plus.
c'est le manque qui te rend si faible, keazy ? ils m'ont habituée à plus.
sa proximité qui t’laisse de marbre.
y a qu’sa r’marque qui t’fait serrer les dents.
sans plus.
rien qu’assez pour savoir qu’t’aurais vite répliqué si t’avais été défoncé.
si elle t’avait affronté y a que’ques minutes.
parce qu’elle n’a pas tort, la renarde.
et c’bien pour ça qu’tu lui aurais coupé la langue.
mais, au lieu d’ça, tu souris.
sourire programmé.
ta main qu’tu glisses derrière sa nuque.
lent’ment.
douc’ment.
tendrement.
et tes doigts, qui s’emmêlent dans ses ch’veux.
tes lèvres, trop près des siennes, qu’tu pinces, l’menton légèrement incliné vers la gauche.
mais, au lieu d’faire taire sa voix par un baiser effronté, avide, c’est contre son oreille qu’tu plaques ta bouche.
et un murmure.
c’est l’amour qui t’rend si conne, foxy ?
audacieux.
ton visage qu’tu recules pour l’observer une nouvelle fois.
le r’gard, toujours aussi vide, fade.
sans vie, étincelles.
que
des
cendres.
et tu chialerais si t’en avais encore la force, kz.
mais t’es faible – elle t’la dit.
tes doigts qui quittent sa chev’lure pour s’enfoncer dans sa peau, sa chair.
et tu presses, l’obliges à s’agenouiller à tes pieds.
« d’mande moi pardon, sale chienne ! »
et sa tignasse qu’t’empoignes – encore.
t’la forces à t’regarder dans les yeux, ta belle amie.
soumise.
et ton venin qui coule entre tes lèvres.
elles m’ont habitué à rien.
tu craches.
d’mi sourire, écorché.
et ta main libre qui palpe la fermeture éclair d’ton jean.
« t’veux voir, foxy…
à quel point j’suis faible ? »
parce qu’les filles, elles n’te font rien.
pas plus qu’les mecs.
ni rien.
rien.
personne.
et t’as fait d’ta sexualité ton exutoire.
les envies qu’tu n’ressens pas.
les fantasmes qu’tu n’imagines pas.
jusqu’à c’qu’elle arrive.
elle et sa putain d’gueule d’gosse de riche.
et tu t’es fait avoir, kz.
à fouiner.
tenter.
jouir.
aimer.
apprécier.
pour de vrai.
pour de bon.
et tu l’as maté, ta belle amie.
et tu t’es branlé.
et t’as fantasmé.
et maint’nant t’as envie.
d’elle.
mais tu n’peux pas, kz.
parce qu’sans la coke t’es rien.
une env’loppe vide.
un corps sans âme.
t’es putain d’rien.
mais t’espères presque qu’elle parvienne à la raviver
ta
braise
incandescente.
« suce moi comme tu les suces, foxy.
montre moi comment t’arrives à les animer, tes fauves affamés.
aime moi comme t’aimes tes blessures.
et j’serais la cicatrice dont tu s’ras la plus fière. »

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