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 i'll only hurt you if you let me (axy)

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third ward


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in town since : 28/09/2018
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❀ chained to the rhythm
MessageSujet: i'll only hurt you if you let me (axy)   Ven 26 Oct - 2:09


I COULD LIE AND SAY I LIKE IT LIKE THAT
LIKE IT LIKE THAT

@arès bailor



orion, t'es où ? univers, univers -
la ciel avait perdu ses étoiles. dans le bleu de ses cheveux, dans le bleu de ses iris, dans le bleu de son âme - le bleu qui entravait son cœur - le lourd de ce palpitant
elle avait gobé angoisse et lumières, faisceaux et comètes
(nuits blanches, nuits bleues, nuits noires)
orion j'veux pas traîner là
ses paupières battaient sur un décor qu'elle connaissait par cœur, un salon de tatouage, le foyer du feu qui l'avait brûlée
le foyer du feu qui l'avait
- tuée -
de cicatrices en cicatrices, foxy avait guéri, et depuis une année déjà, elle était restée loin des flammes et de leur chaleur
(celle qui crépitait, là, doucement, étincelle au creux du cœur)
- silence -
au fond, derrière un mur, du mouvement - celui, serein, sans doute, de son étoile qui rangeait, cherchait, ou cachait pour leur connaissance commune.
les yeux de la jeune parcouraient la pièce sans s'attarder, sans curiosité
(tu sais, tes dessins, entre mille, je les reconnaîtrais - souvenirs de paroles murmurées entre deux amours)
(dessine-moi, je veux vivre sous tes traits - et ce cœur qui ne battait plus)
*
le silence, macabre, d'un de ces moments où le temps arrêtait tout. plus rien n'existait, ni la nuit sombre et son froid hivernal, ni la lumière timide du salon.
- coup de couteau dans la poitrine, couteau dans le cœur -
la lame au fond du vendre, la respiration en nœud
(et ce poids, ce gouffre au bord des yeux)
lorsqu'elle caressa des doigts ces feuilles qu'elle n'avait jamais vues et que pourtant elle connaissait par cœur. ses dessins. ses œuvres. il avait ce crayon inimitable de l'homme torturé.
sans un bruit, voleuse, à l'abri du regard juge de la vie - de l'œil acéré du soleil - elle glissa le tas de papier sur la table pour l'observer dans son intégralité.
chaque détail comme une épine
(tu sais que les roses, je les prends à pleines mains, le sang plein les doigts, les lèvres écarlates)
*
la nuit s'était couchée sur harvey, laissant aux étoiles un ciel vide, un ciel à peindre, à remplir, comme arès remplissait la peau, comme arès avait rempli sa vie, ses bras de bleus, son cou d'ecchymoses, de constellations nocturnes.
comme il avait colorié ce portfolio, de leurs souvenirs, de la silhouette fuyante de la gamine, de ses yeux perçants, de leurs mains liées, d'esquisses de son corps brisé par ses propres poings
ses phalanges se tintèrent de blanc tant elle resserra ses doigts sur les dessins. ces dessins d'eux, de leurs souvenirs, de bribes d'elle.
des souvenirs en haut-le-cœur, la nausée prenait fermement son âme, serrant son ventre - quel monstre du ciel pouvait ainsi la maudire ? sous les pieds de quel soleil se faisait-elle piétiner ?
la douleur était acide, la douleur était acerbe, agressive, comme le silence toujours plus étourdissant du lieu - la douleur était incisive
elle creusait un trou béant - un trou qui ne finissait plus - dans sa poitrine
ses yeux s'emplissaient d'un sel barbare, son cœur se noyait dans un océan de flashbacks assommants
(et le silence, sur ses épaules)
(et le silence, vide, dans sa gorge)
(angoisse)
puis
*
sa voix
*
*
*
(sa voix)
*
*
*
elle ne sursauta même pas - impassible - les yeux rivés sur sa douleur - sur ses dessins
les secondes s'effondrèrent
ses pupilles déchirées se relevèrent, affrontant le souvenir amer de cet homme bien vivant, de cet homme bien réel
a… arès.
(silence)
(un souffle, à peine)
(silence)
je cherchais orion.
prononçant ces mots, elle recula, prête à fuir - loin, loin de lui, loin de ces images qui lui étaient revenues, qui la noyaient.
mais son regard se perdit de nouveau sur les esquisses d'eux et elle lutta si fort pour retenir ses larmes qu'elle oublia de s'en aller
qu'elle oublia de se protéger
que… quand est-ce que tu ?
ses doigts lâchèrent leur emprise sur leur passé partagé, sur ce passé qui tomba doucement sur le sol, s'offrant aux yeux du monde entier
- eux -
(silence)
(le regarder, lui, cet homme, ce monstre, ce souvenir, l'affronter - de nouveau)
quand est-ce que tu as dessiné ça ?
(cacher ce sanglot dans la gorge, ce sanglot qu'il connaissait par cœur)
(ce sanglot qu'il avait, de ses doigts de maître, créé)
(ce sanglot qui avait son goût)
(celui de ses baisers)
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fourth ward


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MessageSujet: Re: i'll only hurt you if you let me (axy)   Ven 26 Oct - 15:01


i'll only hurt you if you let me


nuit noire, silence de mort. y'a plus un chat dans le salon de tatouage. juste arès depuis des heures. juste arès et ses idées. le crayon qui parcourt la feuille. sourcils froncés sous la concentration. pauses quand il réfléchit. quand il doit prendre du recul. se référer au modèle du client. une putain de rose. basique. mais non. faut le truc en plus. arès, il est concentré. dans sa bulle. bercé par le boum boum venant de ses écouteurs.
arès, il est dans sa bulle. dans son coin du salon. son bureau, ou c'qu'on peut qualifier de tel. le cul sur une chaise, le crayon qui court sur la feuille. les gestes précis. coloris qu'il ne donne pas encore. dernière touche qu'il mettra en accord avec le client. faut attendre. le prénom demandé qu'il note sous la fleur. style particulier qu'il donne. écriture qu'il doit reprendre. une fois. deux fois. trois fois. ça l'gonfle. parce qu'il aimerait être dehors là. mais il doit avancer sur c'foutu modèle.
le fil de ses écouteurs qui pend négligemment au-dessus de la feuille. visage penché au-dessus de celle-ci. et la chanson se termine. et un bâillement fait exploser sa bulle. la fin d'la musique y jouant pour beaucoup. l'silence qui vient contraster nettement. l'silence presque angoissant après avoir passé des heures l'volume au max. arès, il retire ses écouteurs. et ça fait comme un vide dans ses oreilles. ça fait bizarre. c'pas agréable. mais y'a un bruit qui attire son attention. dans la pièce principale du salon.
y'a rien a voler ici.
arès, il pense qu'c'est un gamin du coin qui est venu faire l'malin. qui est venu faire l'beau devant les autres. s'immiscer dans l'salon, voler une planche et s'faire mousser pendant des semaines. ça serait pas la première fois qu'les sales gosses du coin essaient. ça sera pas la première fois qu'arès les chasse à coup d'pieds dans l'cul. tous les membres du salon les ont déjà chassés. chacun ses méthodes. arès, il fait pas dans la diplomatie. il a jamais su faire.
donc l'gamin, il se lève. fait reculer sa chaise par la même occasion. et en un rien d'temps, il s'retrouve contre l'encadrement de la porte. l'regard planté sur l'intrus. sauf qu'c'est pas la personne attendue. c'est foxy. il la reconnaîtrait entre milles de dos et dans l'noir. il s'attendait pas à la voir. il s'attendait pas à la croiser ici. elle n'vient pas ici. elle n'vient jamais ici. plus depuis un an et quelques. parfois elle lui tenait compagnie. venait laisser son odeur dans l'bureau, c'qui le déconcentrait à coup sûr.
mais elle est là. celle qui était sienne. celle dont il marquait le corps de son amour maladroit. celle qui l'a poussé dans les bras d'autres. celle qui l'a laissé tomber. y'a un an. à peu près. qui a prit son coeur (ou ce qui y ressemblait) pour l'piétiner et s'en servir de paillasson avant d'se barrer sans s'retourner. elle est surprise d'le voir. presque autant qu'lui. gamine qui s'pointe dans la tanière du loup et s'étonne de l'y trouver. gamine prise en flagrant délit. la main dans l'sac. ou plutôt la main dans les feuilles. l'nez dans ses dessins.
qu'est-ce qu'orion foutrait ici à cette heure ?
c'est ça la vraie question. orion, il vient quasi jamais ici. ou à la tombée de la nuit seulement. petit passage avant d'aller s'balader. mais certainement pas au beau milieu d'la nuit. elle le regarde. lui. puis son regard plonge de nouveau vers le tas de feuilles. arès, il sait les dessins qui sont là. arès, il pourrait tous les décrire. décrire l'éclat dans les yeux d'foxy, la couleur de ses cheveux, l'entièreté du dessin, l'sentiment qui s'en dégage. parce qu'arès, à un moment, il a ressentit l'besoin de tout mettre sur papier. pas des mots. non, des souvenirs. d'elle. d'eux. ces images qui repassent en boucle dans sa tête parfois. alors il s'était dis qu'en les posant sur papier, ils arrêteraient d'passer en boucle. comme une mélodie. celle qu'on arrive a chasser qu'en pensant à une autre. les images qu'il remplaçait simplement par d'autres souvenirs. toujours avec foxy. c'est les seuls qui marquent. les seuls qui blessent.
et la gamine, elle s'intéresse. elle pose la bonne question. d'abord hésitante, puis elle trouve les bons mots. arès, il hausse les épaules. parce qu'il veut pas vraiment répondre. parce qu'il sait pas vraiment quoi répondre. mais il finit par souffler doucement. une main qu'il vient passer sur son visage. comme pour s'réveiller. comme pour s'rappeler de quand ils datent. tous. l'regard qu'il dépose sur la gamine, de retour.
ça dépend. certains y'a plus d'un an, d'autre y'a trois semaines.
arès, il peut pas dire qu'un des dessins date d'il y a deux jours. qu'son visage est arrivé d'un coup dans sa tête, d'une telle netteté après tant de temps sans l'avoir vu qu'il l'a dessiné. comme ça. besoin qui s'est fais ressentir.
mais c'est c'que tu voulais, non ? que j'te dessine ?
l'ton moins doux. l'ton sec. pas froid. juste sec. comme l'goût désagréable qu'il a en bouche en s'rappelant c'moment même où elle lui avait demandé ça. d'la dessiner. d'vivre sous ses coups d'crayon au lieu d'se contenter de ceux que lui infligeaient ses poings.
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MessageSujet: Re: i'll only hurt you if you let me (axy)   Ven 26 Oct - 15:53

le silence; blanc
la douleur, bleue
leur amour, vermeille
leur silence, noir
et ses dessins, ses œuvres, ses couleurs, leurs couleurs, étalées sur le sol si froid
dans ce salon si froid
et ce regard,
si froid
*
il lui parla, elle n'entendit pas. des mots à propos d'orion, d'une logique qu'elle avait oublié quelques années plus tôt. cette année où elle avait fui, puis encore cette année où elle l'avait rencontré, lui. ces deux années à vivre sous sa colère (noire), cette dernière année à respirer son absence.
leur manque.
ses yeux rivés sur les esquisses à ces pieds, puis sur cet homme qui se tenait devant elle, plus proche qu'il ne l'avait été depuis longtemps et pourtant si loin - si loin qu'elle ne pouvait le toucher, qu'elle ne pouvait lui parler. les mots dans sa gorge s'étaient emmêlés, entraînant avec eux un peu de son cœur, un peu de son ventre, un peu de tout son corps, la laissant là, immobile, interdite face à ce mur de pierre qu'elle ne savait atteindre.
elle entend
au loin
trois semaines
t r o i s
s e m a i n e s
*
le temps suspendu entre eux, le temps suspendu depuis eux, le temps de l'univers et de toutes leurs nuits s'effondra sur elle, nouveau coup assené par le plus violent des poings - celui de leur rupture, celui de leur déchirure.
ces dessins si récents kidnappèrent la bouche de foxy qui se tordit sans réussir à prononcer un mot
(le goût des larmes)
(océan ravalé, noyade dans la poitrine)
(avaler la tasse)
ses doigts se levèrent devant elle, perdus entre les feuilles et le garçon, comme si elle allait enfin - enfin - prendre la parole
(rien)
(silence)
et puis le sarcasme, comme un coup de massue, comme pour l'assommer, l'achever -
le sarcasme, glacé, d'un homme qui la connaissait encore par cœur
alors
le réveil
*
trois semaines ?
la gamine se pencha sur les papiers pour en attraper le plus possible, les froissant entre ses doigts tremblants
- était-ce la gravité, la lune qui s'affolait, ou la terre qui ne savait plus tourner ? -
elle répéta
trois semaines ?
ses yeux tempêtes fondirent jusque dans ceux qu'arès, suicide collectif - allons-y,
faisons ce grand plongeons
noyons-nous
dans ces souvenirs au goût amer
ces souvenirs au goût de sang
- elle fronça les sourcils et s'approcha de lui, ignorant si la froideur venait de lui ou des larmes qui - peut-être - coulaient sur ses joues
elle ne savait plus
plus rien
rien
tu peux pas ?!
elle brandit les dessins entre eux, l'attaquant presque - et pourtant, toujours si loin, toujours sans l'atteindre, homme muré dans l'absence
le rejet
l'abandon -
pourquoi tu te fous de moi ?
ses phalanges serrées sur les feuilles, serrées à en avoir mal, serrées à ne plus sentir
ni le papier, ni le froid
(son odeur)
(ses yeux)
(c'est trop tard)
(c'est trop tard)
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fourth ward


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MessageSujet: Re: i'll only hurt you if you let me (axy)   Dim 28 Oct - 14:05

arès, il était seul. il était bien. dans sa bulle. celle qu'il ne quitte plus vraiment depuis un bon moment maintenant. parce qu'elle est confortable. parce que c'est son petit monde préservé de tout l'reste. parce que y'a juste lui et ses idées en vrac. rien d'autre. personne d'autre. il ne peut pas dire que ça lui plait. mais pas non plus qu'ça lui déplait. c'est complexe. presque autant qu'le gamin l'est.
arès, il était seul. passé soigneusement utilisé. parce que y'a du mouvement. y'a une présence. celle qu'il n'aurait jamais imaginé revoir ici. surtout pas en première rencontre depuis un an. non, arès, il devait revoir foxy chez orion. un soir basique où son coeur se serrait serré rien qu'à l'entente d'sa voix dans l'entrée. rien qu'à la traînée d'parfum qu'elle aurait laissé dans tout l'appartement. rien qu'en voyant sa peau trop pale. trop blanche. manquant d'éclat. la palette de couleurs qu'on y trouvait habituellement qui aurait disparue.
l'gamin, il aurait préféré tomber sur un gosse ce soir. un qui aurait essayé d'voler une planche avant d'se barrer. qui aurait flippé rien qu'en l'entendant parler, pensant certainement qu'il n'y aurait eu personne. arès, il aurait préféré tomber face à un inconnu. face à l'inconnu tout court. plutôt qu'rencontrer son visage. pas son regard. non. parce que celui d'la gamine aux cheveux colorés les a au sol. sur des bouts d'papiers qu'elle n'aurait jamais du voir. qu'arès ne lui aurait jamais montré d'lui-même surtout. mais elle a fouillé. elle a bougé quelques feuilles et est tombé sur l'trésor caché. ces feuilles maudites qu'arès aimerait pouvoir brûler dans un grand feu de joie à quatre heures du matin complètement défoncé. mais qu'il garde soigneusement comme dernier souvenir d'une relation tordue. les souvenirs qui viennent le hanter qu'il espère emprisonner sur ces pages bien trop nombreuses. mais qui reviennent toujours. quand son esprit n'est plus occupé. quand son esprit est embrumé. quand il n'sait plus quel heure il est, quel jour on est. mais qu'il s'rappelle simplement d'son prénom à elle. c'même prénom qu'il murmure du bout des lèvres. comme l'mot interdit. celui qu'on ose pas crier de peur d'voir l'sort s'acharner.
mais elle est là foxy. en chaire et en os. gamine qui cherchait orion. fallait s'en douter en même-temps. elle ne viendrait clairement pas ici pour l'voir lui. pour voir arès. pour simplement s'jeter dans la gueule du loup qu'elle a fuit pendant un an.
mais la pseudo discussion ne s'attarde pas là-dessus. elle a des questions la gamine. une en particulier. sur les dessins, fallait s'en douter. quand. quand il a dessiné tout ça. de quand date le premier. et surtout de quand date le dernier. pendant un temps, il s'maudit de les avoir laissé traîner. personne n'y fait attention d'ordinaire.
mais il répond arès. il lui dit. trois semaines qu'le dernier a rejoins la pile. putain de mensonge pour essayer d'paraître moins pathétique. il s'arrête pas là. rajoute la dernière phrase. l'petit pic. l'truc qu'il aurait pu retenir. mais c'est sortit tout seul. ça devait sortir, sûrement. alors l'gamin, il n'bouge pas. et admire l'fruit de ses conneries. de ses dessins. et de ses paroles. il observe la gamine ramasser les feuilles, les amasser entre ses mains en répétant quelques simples mots. ça l'amuserait presque, arès, de la voir cogiter ainsi. de la voir, presque folle sous les révélations. ça l'amuserait presque de voir l'impact que peuvent encore avoir ses actions. mais il ne laisse rien transparaître. se contente de rester appuyé contre l'encadrement de la porte sans bouger. pas même quand elle s'approche. pas même quand elle brandit les feuilles entre eux en lâchant quelques mots. les larmes au bord des yeux. gamine blessée par les souvenirs qui remontent, sûrement. gamine submergée par les images qui reviennent, sans son accord. gamine débordée par l'incompréhension et l'énervement, à coup sûr. parce qu'elle lui dit qu'il peut pas. qu'il peut pas faire ça. qu'il s'fout d'elle, tout simplement. mais il doit pas s'laisser amadouer arès. n'doit pas s'excuser ou une merde du genre parce que les yeux d'la gamine sont emplis de perles salées. il a vu pire arès. il a causé bien pire d'toute manière.
les yeux dans les yeux, enfin. il sourirait presque arès. juste pour la rendre folle. juste pour l'entendre lui crier dessus. comme au bon vieux temps. mais il ne le fait pas. l'silence qui reprend ses droits. juste l'temps qu'il trouve les mots.
parce que tu crois que j'me fous d'toi ?
léger blanc. bras qu'il vient croiser sur son torse alors qu'il se redresse simplement. gamin qui s'met droit. gamin qui fait face.
qu'si ils sont là c'est qu'ils datent d'il y a un an ?
arès, il finit par tendre simplement la main. saisir l'tas de papier et tirer. certains dessins qui arrivent indemnes dans sa main, d'autres qui se déchirent. et il avance. repose le tout sur le bureau. les dessins complets et les morceaux des autres.
qui t'as permis d'fouiller dans mes affaires d'ailleurs ?
gamine qui s'offusque de ses découvertes mais qui n'aurait jamais du tomber dessus. gamine qui les a cherché pour les trouver.
et qu'est-ce que ça peut bien t'foutre au pire ? c'que j'dessine t'regarde clairement pas. c'que je fais tout court d'ailleurs, non ? c'est c'que tu voulais quand t'es parti, non ? n'plus avoir de rapport avec ma vie ?
les mots bien plus froids que les autres. bien plus secs aussi. gamin qui crache ces quelques mots, juste pour la faire taire.
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MessageSujet: Re: i'll only hurt you if you let me (axy)   Dim 28 Oct - 18:04

que faisait-elle ici ? pourquoi n'avait-elle pas fui, en voyant ses dessins, en entendant sa voix, en croisant son regard ?
pourquoi, en trois ans, n'avait-elle jamais compris ? comment faisaient les autres, comment apprenait-on à craindre le feu, une fois brûlé ?
pourquoi malgré tous les incendies, malgré toutes ses morsures, pourquoi ne savait-elle pas courir dans le sens opposé ?
le fuir
enfin
comme elle avait prétendu le faire pendant presque un an, comme elle le racontait à orion et à toutes les étoiles sur son passage -
le laisser
l'oublier
ne pas se retourner
et
ravaler ses larmes -

il était si froid, devant elle, croisant ses bras
il était si froid, il glaçait son cœur, lui qui était flammes,
lui qui était sa brûlure.
ses mots, si détachés, si durs, la brisèrent un peu plus et - pourtant - soulignaient ce qu'elle ne voulait voir, ce qu'elle refusais de savoir
(qu'il pensait encore à elle, à eux)
(qu'il avait souffert)
(qu'il avait été blessé)
son ego, sûrement
elle se le répétait, tandis qu'il récupérait les fragments d'eux
son égo, sûrement
simplement ça, simplement sa fierté, rien de plus
son égo

*
(silence)

*

et les monstres

*

leurs monstres

*

tu veux que j'me casse ?
ses yeux brillaient d'une nouvelle façon, de cette ancienne façon
(leur façon, à eux, à lui)
sa voix, plus forte, se brisait malgré la colère qui l'animait
j'm'excuserai pas d'être partie, j'm'excuserai de rien
démon
il était
(ils étaient)
(ensemble)
(et cette nonchalance la tuerait)
elle fondit sur lui, poussa son bras, remis les dessins par terre
(contact)
(elle frissonna, elle voulut s'arrêter, garder cette main sur sa peau, la caresser, retrouver son odeur, sa douceur, sa chaleur - sa brûlure - mais les monstres
les monstres
étaient plus forts)
(toujours)
mais faut t'faire soigner
les dessins sur le sol, elle lui fit face
t'es toujours là-dessus, un an après ? tu vas pas bien mon gars, t'es pété, totalement pété, tu m'fais d'la peine
elle aurait voulu lui rire au nez
claquer la porte
disparaitre
mais
l'immobilité
(il la domptait)
passe à autre chose, oublie-moi
(je pars)
(je pars)
(immobile)
(malade)
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