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 heels over head, (ft. lolita grayson)

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in town since : 11/10/2018
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❀ chained to the rhythm
MessageSujet: heels over head, (ft. lolita grayson)   Dim 14 Oct - 13:05

ft. lolita grayson as the deadly alluring mistress

and I can easily understand
how you could easily take my man
but you don't know what he means to me, jolene


HEELS OVER HEAD ❁

23h07. Tout ce qu'il y avait autour d'elle lui criait de faire demi-tour - les flashs aveuglants des néons, la fumée âpre du tabac qui l'accueillit au seuil de l'entrée, la façon dont le videur l'avait toisée de haut en bas avant de se décaler pour finalement la laisser passer, et même l'ampoule pétée de l'enseigne. The Black Swan, ou San, apparemment. Un des établissements les plus en vogues d'Harvey - il n'y avait qu'à voir la foule qui s'impatientait de pouvoir enfin entrer, même si Lottie devait avouer qu'elle ne comprenait pas pourquoi. Il n'y avait rien d'exceptionnel. La techno' qui résonnait à travers les enceintes du night-club n'avait rien d'agréable - et n'était-ce pourtant pas le principe de la musique ? De ravir les oreilles, de soulager l'esprit, d’élever l'imagination loin de son sentier habituel ? Bam, bam, bam. Les claquements d'un talon sur le sol, le martèlement d'un outil contre un mur. Pam. Pam. Le choc d'une masse qui s'écrasait par terre, un coup de coude. La pauvre demoiselle avait plus l'impression de s'être perdue au beau milieu d'une usine, que dans une boîte de nuit supposément réputée. Cling. Oh - à sa droite se trouvait le bar où deux verres de tequila venaient de s'entrechoquer. Il y avait vraiment beaucoup de monde.

Lottie se sentit brusquement emporter vers l'avant - on venait de la percuter de plein fouet. Aucune excuse n'accompagna ce geste et ses sourcils se froncèrent malgré elle. L'homme avait manqué de peu de lui renverser son whisky dessus. Brr.

Elle eut finalement la présence d'esprit de s'éloigner du chemin menant à la piste de danse où se déchaînaient bon nombre d'esprits enivrés pour rejoindre le bar. Elle n'avait pas vraiment soif, mais sa gorge était sèche et une petite dose de courage supplémentaire n'était pas de refus. Sa petite taille faisait d'elle une proie facile pour les collisions en tout genre et elle pilota tant bien que mal pour éviter d'autres incidents. On ne la voyait pas et elle attendit quelques minutes, les bras maladroitement joints devant elle, jusqu'à ce qu'un serveur, remarquant sa détresse ainsi que la manchette Lagerfeld flambant neuve à son poignet, ne l'extirpe de ce mauvais pas. Il la conduisit à une table vide, derrière, un peu en retrait. Ce traitement de faveur ne fut pas reçu sans protestation de la part des autres consommateurs, mais Lottie ne s'en rendit même pas compte. Il était après tout normal qu'on la serve en priorité, non ? Elle n'en fut pas moins très reconnaissante auprès de l'employé qu'elle remercia gaiement à plusieurs reprises.

Quelques minutes plus tard, une coupe de champagne à la main et le derrière confortablement installé sur un fauteuil, Lottie put enfin reprendre ses esprits quelque peu étourdis par cet environnement qui lui était hostile. La demoiselle lissa un pan de sa robe en sentant un regard impertinent se poser sur elle, elle cherchait à reconstituer sa contenance. Elle était après tout Madame Lipschitz et avait d'ailleurs dû reprendre le serveur à ce sujet - c'est Mrs, et non Miss. Il l'avait dévisagée un instant, mais Lottie ne lui en avait pas tenu rigueur et l'avait même généreusement tippé pour son service. Elle était habituée à ce genre de réaction - elle y avait le droit presque tous les jours. Oui, elle s'était mariée jeune et oui on lui donnait difficilement plus de vingt-deux ans. A juste titre selon elle, d'ailleurs. Mais pourquoi les gens tenaient-ils à attendre pour célébrer leurs unions ? Il suffisait de trouver la bonne personne - et le reste, leurs âges et positions respectives, leur durée de fiançailles : rien de cela n'importait.

Amyas, c'était pour lui qu'elle était ici ce soir. Pour lui, pour eux. Pour savoir une fois pour toute pourquoi..-

Qui elle était.

Cette femme, cette inconnue, dont la police venait enfin de lui restituer le portrait. Un portrait inachevé d'Amyas, un de ses derniers. L'enquête était finie depuis plusieurs mois, mais ils avaient refusé de lui rendre toutes les affaires de son mari. Le meurtrier était pourtant derrière les barreaux et son procès ne faisait plus couler aucune encre, mais non. Ils avaient préféré attendre - c'était ce qu'il y avait de mieux pour elle, apparemment.

Mais cet après-midi, Lottie avait enfin eu l'autorisation de se rendre à l'atelier d'Amyas et les forces avaient même eu la décence de le remettre en état. Tout était à sa place. Les chevalets, les pinceaux sales, la réserve de tubes de peinture.

Et ce tableau.

Ce n'était pourtant pas la première fois que Lottie en voyait la trace - Amyas apportait parfois ses croquis à la maison et en fouinant dedans elle était plusieurs fois tombée sur ces portraits griffonnés au stylo. Il n'y avait rien d'étrange à cela, il prenait souvent des femmes pour modèle - Amyas adorait célébrer la féminité.

Mais retrouver ce visage, pas tout à fait terminé, là-bas. Savoir qu'il s'agissait d'une des dernières toiles sur lesquelles il était en train de travailler. Apprendre, en voyant plusieurs autres canvas retournés, qu'il ne s'agissait pas de son premier essai. Qu'il lui en avait fallu plus d'un - car il n'arrivait pas être satisfait.

Et ce prénom. Gribouillé au crayon de papier sur un bord - elle le savait car elle avait inspecté la toile sous toutes ses coutures. Lolita.

Lolita, Lottie avait enfin pu mettre un nom sur ce visage qui plaisait tant à son époux. Sur ce modèle qu'il n'avait pas cherché à lui faire rencontrer - qu'il n'avait pas voulu lui faire rencontrer. Lolita, un prénom et un visage presque trop exotiques pour être réels.

Lottie n'avait pas fondu en larmes - pas cette fois. Pas comme la fois où elle avait dû se rendre à l'institut médico-légal pour identifier son corps, pas comme la fois où en allant chercher son manteau en fourrure au pressing on lui avait également rendu une de ses chemises.

Non, elle était restée quelques minutes, l'air hagard, à contempler cette inconnue qui semblait presque la narguer. Et puis, ses doigts avaient composé d'eux-mêmes le numéro de William, l'ami d'Amyas. Un de leurs témoins. Lottie lui avait parlé du tableau, et de la femme, Lolita. William s'était tû un long instant avant de se mettre à parler, mal à l'aise. Comme à chaque fois où elle lui demandait qui elles étaient.

Elle n'avait appris grand chose : seulement la confirmation du nom, Lolita, et un lieu, the Black Swan. Strip-teaseuse - William avait parlé d'une danseuse, mais une simple recherche google lui avait appris la vérité.

Strip-teaseuse. De la danse, de l'effeuillage; quelle différence ?
Pourquoi elle ? Il n'y avait rien de beau à voir un corps se trémousser vulgairement le long d'une barre en fer. Rien de beau, rien d'artistique, rien de poétique.

La mâchoire de Lottie s'était crispée. Son regard s'était durci et elle avait d'elle-même retourné la toile. Il fallait qu'elle comprenne ce qu'il lui avait trouvé. Il fallait qu'elle s'assure qu'elle n'était rien. Que cette fille de mauvaise vie était comme les autres.

Sa colère silencieuse lui avait ce soir-là donné de l'audace. Et c'était avec un plaisir étrange, presque malsain, qu'elle s'était appliquée à se préparer. Elle s'était pomponnée comme rarement ces temps-ci. Un rendez-vous express chez le coiffeur, un nouveau sac hors-de-prix qu'elle avait trouvé en route, un maquillage qu'elle avait pris le soin de rehausser plusieurs fois d'une fine couche de sa couleur préférée - le vieux rose. Et une robe noire cintrée à encolure bateau. Noir - la nuance qu'elle portait en signe de deuil. Une sobriété qui la faisait presque sortir du lot : il n'y avait dans le club que paillettes et brillances à outrance - le tout suintant à ses yeux le bon marché.

Lottie avait confiance de trouver ce soir-là une vulgaire poupée, juste faite pour s'amuser. Une fille de mauvaise vie, aux mouvements grossiers, dénuée de tout autre attrait que l'appel au vice.

Et pourtant, quand elle la vit - car ça ne pouvait être qu'elle, elle en était sûre - au loin s'approcher de la plateforme surélevée, Lottie sentit son pouls s’accélérer. Lolita aguichait éhontément : les têtes se tournaient et se retournaient sur son passage, elle souriait aux uns en ignorant sciemment les autres, son corps semblait se mouver de lui-même, non pas au son de la musique, mais à ceux des murmures appréciateurs qu'elle provoquait.

Une dizaine d'hommes la suivirent et se postèrent presque à ses pieds, devant la plateforme. Et du haut de son fauteuil de privilégiée, Lottie Lipschitz dut se tortiller maladroitement pour ne rien rater du spectacle.

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third ward


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MessageSujet: Re: heels over head, (ft. lolita grayson)   Mar 16 Oct - 15:19


heels over head
w/ lottie lipschitz


Il en est de ces clients qui désirent plus qu'une nuit de plaisir. Amyas faisait partie de ceux là. En plus de sa chaire, il voulait de son temps et en plus de son temps, de sa personne. Leur rencontre était plus que banale dans le milieu, le bouche à oreille marche bien dans les hautes sphères ; on les présenta l'un à l'autre lors d'une soirée. Il avait déjà entendu parler d'elle et ne la quitta plus des yeux le reste de la réception. Elle, était habituée à ce qu'on la déshabille du regard dès la première fois ; il n'attira pas plus que cela son attention. Elle ne se plaisait pas réellement dans ces ambiances ; ce n'était qu'une soirée d'escorting parmi tant d'autres. La magnifique sirène des plus riches, qui de sa démarche chaloupée, faisait sa propre publicité. Elle le savait, sa côte de popularité dépendait de son cambrage aguicheur et de ses regards embrasés. Ce qui retint Amyas fut cependant son authenticité, ses paroles dénuées de fausses politesse parmi ce trop plein de courbettes hypocrites ; son charme naturel. D'apparence et de mode de vie superficiel, sa personne en est tout autant simple. Et Amyas ne cherchait pas seulement à se vider. Il le fit, bien évidemment, mais il voulait surtout être inspiré et elle était la seule qui puisse animer de telles passions en lui.

Cette nuit là, ils la passèrent ensemble. A la mention de l'hôtel, elle ne put se refuser à lui car il avait les moyens de la gâter. Il connut bien assez tôt son point faible. En échange de tout ce qu'elle lui procurait artistiquement parlant, il lui rendait, matériellement parlant. Cartes de crédit, liasses, bijoux hors de prix, de quoi satisfaire ses envies les plus onéreuses. Il lui répétait sans cesse à quel point il la trouvait sublime et surhumaine, à quel point sa renommé et son talent dépendaient d'elle, à quel point elle était affriolante. Peut-être les mots les plus beaux qu'il lui fut donné d'entendre, et au fond il n'était pas si désagréable que ça. Bien au contraire, elle en venait à l'apprécier. Lolita avait cette étrange manie de comparer ses clients entre eux ; la taille de leurs membres, leurs compétences, leur vie si différentes. Amyas lui était une bouffée d'air frais même si sa folie des grandeurs ou ses phases de génie incompris l'irritaient parfois. Il se souciait d'elle, de son plaisir, il y avait cette spiritualité, cette connexion lors de leurs ébats ; plus que physique.

Plus âgé qu'elle, il lui apprit énormément. Lui fit découvrir de nouveaux horizons, élargit son expérience de jeune femme. Il avait ces périodes d'extase où, épris dans sa folie, il la peignait des heures durant. Il avait ses phases d'illuminés où elle reconnaissait dans ses yeux la flamme de l'inspiration même qu'elle provoquait. Elle en était flattée, elle l'admirait, lui et son talent. Nue, menton relevé, les seins pointant fièrement, elle se soumettait à ses désirs de peintre, comme il se soumettait à ses caprices d'enfant gâtée. Lorsqu'elle le menaçait de bouger ou de s'en aller, se plaignait d'être engourdie et épuisée il lui promettait monts et merveilles. Et il n'avait qu'une parole ; c'était un homme. Il était esclave des désirs les plus fous d'une femme. Concluant souvent ses séances par une insatisfaction dévastatrice, il se réfugiait entre ses cuisses chaudes dont il n'arrivait pas à dépeindre l'érotisme. Tu es trop belle pour que je puisse te peindre. C'était leur rituel de fin ; la jouissance.

Même si elle n'en laissait rien voir, ces séances de pose lui plaisaient particulièrement. Elle s'avérait capricieuse, mais c'était par gourmandise ; elle n'aurait jamais assez de tous ces cadeaux. Il menait une vie de bohème, si on ne comptait pas les richesses qu'il possédait. Pendant des heures, jusqu'à l'aube ou jusqu'au crépuscule, ils entretenaient des discussions philosophiques sur leur monde, elle lui lançait des regards langoureux et il lui répondait par un silence alors qu'il posait ultimement le pinceau sur la toile. Elle connaissait cette petite ride qui apparaissait au dessus de son sourcil ; elle témoignait de la gravité de la situation et de l'intensité de sa concentration. Son visage se relaxait puis ses yeux venaient comparer l’œuvre et la muse. C'était sûrement les moments les plus fatals où Lolita sentait son cœur faire un bond dans sa poitrine dénudée. Elle espérait du fond de ses entrailles que le résultat puisse lui plaire ; elle était fière de lui. C'était une transe des plus intenses. Et puis Amyas ne portait pas seulement de l'importance au galbe de son sein ou de sa hanche. Elle l'intéressait ; il voulait tout savoir d'elle. Mais elle ne disait jamais grand chose. Comme si muette. Lui racontait tout de ses histoires de couples, de sa femme et de sa vie. Lolita s'en ennuyait parfois car toutes ces histoires là sont les même, n'est ce pas ? Ils lui racontent tous, comme si elle était coach de mariage alors qu'elle n'est qu'entraîneuse de pulsions.

Moites de leurs efforts, collés sous la couette, la fenêtre ouverte ; il racontait éclairé par les réverbères de l'extérieur à quel point sa femme était mièvre et ennuyante. Fade, inintéressante, morne, détestable. Ce n'était pas son premier client marié, mais il parlait de sa femme avec ce ton malsain qui la dérangeait tant. Ça donnait des frissons à Lolita, lorsqu'un vent coulis pénétrait la pièce pour y déloger l'odeur d'amour qu'ils venaient d'y embaumer. Elle l'écoutait, la tête dans la main, s’imaginait à la place de cette femme peut-être si terne mais si riche... et si elle avait tout son temps libre et le choix de ses décisions ? Elle désirait posséder son empire du plus profond de ses tripes. De quel couturier est-ce qu'elle s'habillait ? Comment gaspillait-elle tout son trésor ? L'évocation d'une telle richesse excitait Lolita qui revenait se positionner sur Amyas pour une énième partie. Il lui parlait tellement d'elle, surtout quand il buvait et qu'il avait cet air d'artiste déchu qui lui plaisait tant. A présent, elle la connaissait. Devinait les traits de son visage, le timbre mignard de sa voix. Elle n'étais pas aussi privilégiée qu'elle, mais elle possédait plus que son empire lorsque son mari était en elle, la besognant ardemment. Qu'elle le veuille ou non, cet homme avait instauré une concurrence entre ces deux bouts de femme. Lolita n'en était même pas consciente.

Dès les premières semaines de leur singulière relation, elle savait tout de cette Lottie. Comment elle aimait son petit déjeuner, sa façon de s'adresser à son homme, sa pointure de chaussure. Ce qu'elle comprit, c'est qu'elle n'avait rien d'excitante et qu'Amyas avait besoin de plus. Ce plus, c'était ici qu'il venait se le procurer et elle ne pouvait lui en vouloir. Et Amyas avait encore beaucoup à lui apprendre, sur tous les sujets possibles. Elle apprit sa mort quelques mois plus-tôt ; le choc lui coupa la respiration, s'ensuivit une phase de dépression où la culpabilité la rongea jusqu'à l'os. Elle se souvenait de la veille ; ils l'avaient passé ensemble. A ce sujet, elle préférerait éviter d'y penser. Loin d'être naïve, ni stupide ; un lot de pensées politiquement incorrectes la mitraillaient. Elle devait se faire petite pour éviter la police à tout prix. Une fille de joie correspondait parfaitement et en tout temps à l'idée qu'on se faisait du coupable pour un tel crime. Mais Lolita elle, avait déjà sa petite idée ; tout n'était qu'une question de temps pour que l'heure de la vengeance sonne.

Assise devant sa coiffeuse, elle ajustait une dernière mèche de cheveux et fixait son maquillage. Le rythme infernal de la musique était atténué dans sa loge, mais la foule en ébullition faisait monter la tension. Ce n'est pas souvent qu'elle se produit sur scène, ses autres occupations lui prennent beaucoup de temps, et puis il lui en faut pas mal aussi pour dépenser tout ce qu'elle gagne. Sinon à quoi bon ? Il est donc naturel que l'annonce de ses show provoquent une émeute. Ça y est, c'est à elle. Elle sait qu'elle est très attendue et se donne du mal pour perfectionner chacune de ses prestations. Perchée sur des hauts talons, l'anatomie quasiment dévoilée par un string-ficelle noir, elle apparaît sur l'estrade, ses longs cheveux de jais voletant derrière elle. On ne saurait la décrire ; provocatrice ou innocente ? Ils l'acclament, sont en frénésie. Le tempo ralentit, l'électro laisse place à une musique plus lancinante au rythme de laquelle elle se déhanche puis ne fait qu'un avec cette barre de fer. Des mouvements si gracieux, presque hypnotisant. Son corps impudique mais érotique sous son meilleur angle aux côtés de cette barre, qu'elle délaissera pour continuer juste à côté. Un spectacle orgiaque qui met la foule en transe. Lorsqu'elle a fini, ils sont délirants et rien que la pensée d'être parmi eux l'effraie. Elle se donne en spectacle, pas en pâture, et elle les quitte en un ultime soubresaut de sa poitrine.

Mais ce qui la plus effrayé, à part ces habituels fanatiques qui doivent bien lui vouloir la peau, c'est ce regard malsain qui lui a été adressé pendant toute sa prestation. Malsain et envieux ; il appartenait à une jeune femme pâle qui sirotait une boisson dans le carré. Lolita, déconcertée, fixa son reflet dans sa loge, à l'abri de la musique de fou qui reprenait. Sans même le réaliser, un nom se déposa sur ce visage poupon : Lipschitz. Puis un prénom ; Lottie. Elle réalisa que son imaginaire avait parfaitement dessiné son visage ; elle correspondait en tout point à ses attentes. Ce qui ne faisait pas partie de ses expectations, par contre, était le fait qu'elle vienne sur son lieu de travail même. Amyas ne l'avait pas décrite comme une fêtarde et puis Lolita ne l'avait jamais vue ici. La raison de sa venue fut alors limpide dans son esprit encore torturé de l'intensité de la musique et des acclamations de la foule. Son regard empoisonnant était adressé à sa personne. Il ne pouvait en être autrement, son sixième sens était très puissant et lui donnait toujours raison. Figée devant sa glace, elle réalisa que le moment était enfin venu et elle décida de l'attendre encore un peu, qu'elle pénètre l'antre de la louve et que sonne l'heure de la vengeance.
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MessageSujet: Re: heels over head, (ft. lolita grayson)   Sam 10 Nov - 22:46

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HEELS OVER HEAD ❁

Les joues de la jeune veuve éplorée s’embrasèrent sans qu'elle ne comprenne vraiment pourquoi. La température de la pièce n'avait pas changé - le carré vip était même confortablement ventilé, et elle était venue de son plein gré. Lottie savait à quoi s'attendre. C'était sa décision, son impulsion - elle avait la main... Même si tout frôlait ici l'indécence.

Lolita. L'exotique. La reine de cet endroit. Elle était en tout point fidèle au portrait qu'elle se faisait d'elle, au portrait qu'avait tissé Amyas. Provocatrice, sulfureuse, éhontée, érotique, cruelle. Son corps - qu'elle offrait sans honte aucune à la vue de tous, se collait, se frottait, excitait la barre. Et son regard fier - impérieux : elle semblait tous les mettre au défi.

Obscénité.

La gorge serrée, Lottie baissa brusquement les yeux au sol. Elle se sentait presque coupable de se tenir spectatrice d'une telle débauche. Elle était presque complice de cette exhibition. Une désagréable sensation lui chatouillait le ventre - mais que dirait Amyas dans une pareille situation ? Que penseraient Daddy, et tous ses amis ?

Pourtant, personne ne lui portait en cet instant la moindre attention - non, tous les regards, tous les murmures, toutes les pensées semblaient converger en un seul point, faisant totalement abstraction des autres : Lolita. Bien sûr. La succube qui se nourrissait du désir des hommes. Celle qui avait failli lui voler Amyas chéri.

Les bulles de son champagne s'étaient depuis longtemps dissoutes et l'arrière-goût fruité lui était trop amère. Il lui fallait pourtant finir son verre pour en commander un autre - c'était l'usage. Pressée, elle le fit cul-sec. Puis toussota en grimaçant.

Non - ses idées demeuraient encore bien trop claires. Lottie héla le serveur qui était à quelques mètres d'elle, mais bien évidemment il ne la vit pas, bien trop occupé à la regarder elle.

Les hommes étaient tous les mêmes.
Décevant.

Non.
Décevante.

C'était elle, Lolita, qui n'était pas à la hauteur. Lolita - un nom empreint d'exotisme, chargé de promesses. Mais que faisait-elle là à exposer de la façon la plus impure qui soit son corps à de parfaits inconnus ? Quelle était cette danse immorale, envoûtante ? Et plus important, que lui trouvaient-ils tous ? Ce corps seulement paré de lumière ne recelait aucun secret, Lolita ne faisait aucune énigme.

Soixante-quinze dollars et pas un cents de plus. Pour une modique somme, n'importe qui pouvait s'offrir la découverte de ce corps.

Mais qu'avait-il bien pu, lui, lui trouver ?

Plongée dans ses pensées, la jeune femme ne s'était pas rendu compte de l'aigreur avec laquelle elle regardait le serveur qui, le rouge-au-joue, s'excusa presque avant de remplir sa coupe. Il disparut aussitôt-fait, la laissant de nouveau seule avec ses sombres pensées.

Lottie refusait de la regarder elle - elle en avait de toute évidence déjà bien trop vu. Non - son attention passait d'homme en homme, de sourire béat à grimace obscène. Lolita les avait tous ensorcelés, tous semblaient être sous son sort. Elle pouvait presque entendre de sa place le froissement des billets, le claquement de ses talons trop fins, les râles de plaisir, les sifflets d'approbation.

C'était un autre monde. Pas le sien. Et encore moins celui d'Amyas.

Un monde sur lequel Lolita semblait régner avec aisance. A contre-coeur, le regard de Lottie fut de nouveau attiré par la muse. Le spectacle qui s'offrait à ses yeux n'avait, pour elle, rien de beau : il représentait tout ce qu'on lui avait toujours proscrit. De la provocation, de la désinvolture, de la débauche.

Son attention ne se portait pas sur le corps plus imposé qu'offert qui se déhanchait devant elle, mais sur le visage de la strip-teaseuse. Ses traits ne lui seraient plus jamais inconnus. Lottie tenta de s’imprégner d'eux, de déceler malgré cette facade de fierté et de lumières ce qui avait éveillé l'imagination d'Amyas. Ce qu'il avait trouvé chez cette femme si différente d'elle.

Mais sans succès.

Le changement abrupte de musique ramena la demoiselle Lipschitz à la réalité. Lolita venait de quitter la scène, sans presque un regard pour le public qui s'était ameuté autour d'elle. Une autre jeune femme s'approcha du podium ce qui fit froncer les sourcils de Lottie.

Assez. Il était hors-de-question qu'elle s'inflige de nouveau un pareil spectacle. Son verre maintenant vide, elle le claqua un peu trop durement sur la table et tenta de reprendre ses esprits. Elle avait trouvé ce qu'elle était venue chercher - mais la réponse ne la satisfaisait pourtant pas. Voir sans être vue - tel avait été son objectif tout du long, mais elle n'était plus si sûre à présent.

Et elle ? La connaissait-elle ? Savait-elle seulement qu'Amyas avait une épouse ? Cela paraissait pourtant évident - ils avaient l'habitude d'écumer ensemble les tapis rouges. Ils avaient même participé à l'inauguration du café qui se trouvait à quelques mètres à peine de la boîte.

Tout le monde connaissait Amyas. Ses peintures, ses prises de parole, son talent.. Il était une des figures montantes de la ville - et dieu savait qu'il aurait atteint des sommets si le sort ne l'avait pas aussi cruellement arraché d'elle.

L'alcool aidant, Lottie sentit une colère sourde, jamais exprimée jusqu'à cet instant, monter en elle. Elle ne tournerait cette fois-ci pas les talons. Cette fille de mauvaise vie lui devait...

La vérité ? La demoiselle Lipschitz était elle seulement prête à l'entendre ? Et à l'accepter ?

Elle ne se posa même pas la question et, bondissant sur ses pieds, longea le mur qui menait à la piste, à contre-sens. Lottie n'était évidemment pas la seule ayant eu cette idée. Cinq hommes trépignaient du pied près des portes dorées - deux d'entre eux avaient des bouquets de fleurs à la main et les trois autres semblaient trop éméchés pour s'expliquer calmement avec le vigile.

Cette vision faillit lui faire rebrousser chemin - mais avant même qu'elle ne puisse esquisser un geste, le regard sombre de l'agent de sécurité se posa sur elle, lui intimant d'approcher.

« Je.. Je suis ici pour Lolita. » Lolita - c'était la première fois qu'elle prononçait ce nom à voix haute. Elle reprit d'une voix plus forte :

« J'aimerais lui parler. »

Comme à l'entrée de l'établissement, on la regarda de haut en bas. S'arrêtant sur le col de sa robe, puis sur lquartz qu'elle avait aux oreilles. Elle le vit hausser un sourcil, mais il s'écarta pour la laisser passer et lui indiqua la porte. Troisième à droite.

Le cœur battant, Lottie ne prit pas la peine de le remercier et rejoignit enfin les backstage. Elle souffla un bon coup - dieu merci, la musique était ici moin forte. Bam, bam, bam. Les vibrations semblaient accompagner chacun de ses pas, lui donnant un peu plus d'assurance. Lottie avait l'impression que ce qui se déroulait était irréel, qu'elle était une héroïne de film. La femme bafouée allant affronter avec dignité sa rivale. Le menton haut, la coiffure impeccable, le regard décidé : elle s'avançait avec détermination, d'un pas conquérant, presque.

Amyas était après tout son mari. Pas celui de Lolita. Et qu'y avait-il de plus réjouissant que de la prendre au dépourvu ? De lui faire perdre cette agaçante désinvolture, de lui faire perdre ce sourire provocant.

Elle toqua deux coups à la porte - pas trois. Le troisième lui aurait laissé un instant de trop pour réfléchir. Elle n'avait plus le droit de se dérober : elle jouait maintenant une des scènes les plus mémorables du film: la confrontation.

Lottie Lipschitz pénétra enfin dans la loge de sa rivale. L'endroit était petit - sans doute un poil trop exigu pour contenir les portants de costumes - chose étonnante lorsque l'on savait qu'elle se produisait presque entièrement nue. Au fond de la pièce, un miroir surmonté d'une dizaine d'ampoules - et devant lui, lui tournant le dos, Lolita. Lolita, qui cinq minutes après avoir quitté la scène, avait mis sur ses épaules un kimono trop lâchement attaché. Comme au cinéma.

Aucune d'entre elles ne pipa mot. Lottie dévisageait le reflet de "l'inconnue" qui la regardait aussi à travers la glace. La Lipschitz fronça les sourcils en ne voyant aucune surprise se peindre sur son visage. Elle lui devait au moins ça.

La femme bafouée fit quelques pas vers sa rivale afin de mieux pouvoir examiner son visage. Elle était jeune - bien plus que ce qu'elle avait pu lui donner sur scène même si le maquillage devait un peu la vieillir. A son contraire.

Lottie s'était attendue à trouver une femme fatiguée après une telle performance ; le khôl aux bords des yeux coulé, le rouge-à-lèvre mordu, mais rien. Un visage composé, diaphane. Immaculé. Qui la regardait sans sourciller.

Au contraire du sien, observa-t-elle en levant ses yeux sur la glace : le rouge aux pommettes, le bout du nez brillant, quelques mèches de chignon lui tombant dans le cou.

Pourquoi ? Pourquoi est-ce que rien n'avait pas l'air de se présenter comme elle s'attendait ?

Non - l'heure n'était pas aux doutes. Elle devait assurer. Garder la tête haute et lui faire comprendre ce qu'elles signifiaient, respectivement, aux yeux d'Amyas.

« Je suis l'épouse de Mr. Lipschitz. »

Pas de Lottie, pas "d'Amyas chéri". Ses propos étaient pour une fois à prendre au sérieux.

« Ce portrait qu'il faisait de vous.. Je n'en veux pas chez moi. »

L'alcool embrumait légèrement son esprit. Ces satanés dessins elle aurait dû les brûler dans l'après-midi. Faire disparaître toute trace de cette liaison accablante. Hors de question de laisser à cette garce un si joli souvenir d'Amyas. Alors.. En rentrant chez elle, elle y mettrait le feu. Une par une. La police avait déjà eu ce qu'elle cherchait, de toute façon.

De telles paroles n'impliquaient pas forcément de réponse, mais Lottie attendait de pied ferme de voir ce que Lolita allait dire. De voir quel genre d'excuse ou prétexte elle allait bien pouvoir lui sortir.

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